Moyen-Orient et Afrique du Nord

De nouveaux défis à venir pour IBK

Election d’un nouveau président au Mali

Céline Tabou / 14 août 2013

Le nouveau président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, alias "IBK", aura la lourde tâche de « construire un nouveau Mali et lui donner un nouveau destin », conformément à son slogan de campagne.

Ce dernier est arrivé largement en tête du premier tour le 28 juillet, avec quasiment 40% des suffrages et 20 points d’avance sur Soumaïla Cissé. Favori du second tour, il a promis de rétablir l’autorité de l’Etat au Mali, bénéficiant du ralliement du 22 des 25 candidats éliminés au premier tour. Cette victoire survient après l’annonce de sa défaite par Soumaïla Cissé, mardi 13 août.

Des relations renouées

Depuis le lancement de l’opération Serval, le 11 janvier 2013, au Mali, Bamako et Paris ont entretenu des relations très étroites et consolidées au fur et à mesure. Si bien que la France n’a pas hésité à sacrifier ses vieux alliés touaregs pour promouvoir IBK. Mais des voix se sont élevées contre les pressions de Paris sur les autorités maliennes et notamment la mise en place d’élection. Pour Choguel Maïga, ex-candidat à la présidentielle, « en quelques semaines, grâce à Serval, François Hollande a réconcilié l’Afrique et la France, là où une action diplomatique aurait pris plusieurs années. Mais il ne faut pas que, par une alliance avec un petit groupe d’aventuriers, la France dilapide ce capital exceptionnel ».
Entrée en guerre pour stabiliser un pays divisé en deux, par un groupe terroriste lié à Al Qaida dans le nord du pays, la France a constamment pressé les autorités à organiser des élections dites « démocratiques ». L’organisation de cette élection a par la suite été saluée par la communauté internationale comme étant une avancée pour le pays, mais des organisations non gouvernementales ont dénoncé l’influence persistante des Français sur le gouvernement malien. Pour Survie, « la France et la communauté internationale remettent notamment le désarmement des groupes rebelles et la résolution de la crise au lendemain d’une élection faussement présentée comme le gage d’un nouveau départ pour le Mali ». Ce désarmement devrait attendre, car la France compte maintenir sa présence militaire et s’assurer la bonne tenue de l’autorité du pays, par le candidat choisi par Paris.

Vers un développement économique ?

Le rôle de la France dans la politique malienne aura été ramené la paix et stabiliser le pays, cependant, Paris a la responsabilité d’aider et de développer économiquement et financièrement le Mali. Où le nouveau président IBK devra voir si son allié français s’engage ou s’insinue dans sa politique. D’autant plus que le pays est le plus pauvre au monde et le moins développé du monde. Sous protectorat français depuis l’invasion du pays en 1883, le Mali était une colonie française jusqu’en 1960.
Depuis, la France est restée un allié du Mali par des relations relativement importantes. Le Mali n’était que 165e au rang des partenaires économiques de la France en 2010, avec 262,2 millions d’euros échangés, selon des chiffres du ministère des Affaires étrangères. D’après le quotidien "La Tribune", 28 filiales d’entreprises françaises sont au Mali et 36 sociétés ont été créées sur place, toutes dirigées par des ressortissants français.
Ce contexte économique met en exergue la volonté de Paris de retrouver un allié politique et diplomatique en Afrique subsaharienne et d’intensifier ses échanges économiques. Toutefois, la question aujourd’hui est de savoir si Paris pourra convaincre les investisseurs français et européens de retourner dans le pays, après huit mois de guerre. Pleinement impliquée dans la crise malienne, la France est cependant restée muette concernant la crise politique, économique et sociale à Madagascar. Quelle sera la position de Paris envers Tananarive qui organise des élections sans la communauté internationale.

Céline Tabou


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