Moyen-Orient et Afrique du Nord

Guardian : l’invasion de l’Irak « a ouvert les portes de l’enfer »

2003 : Invasion de l’Irak

Jean / 7 juillet 2016

The Guardian (06.07.2016) « Ceux qui vivent sous le régime meurtrier de l’État islamique ou celui de Bachar el-Assad ont le droit de dire que c’est l’invasion [en Irak] intervenue il y a 13 ans qui a ouvert les portes de l’enfer ». Oh la la la la la la la lala ! Tout de suite les grands mots ! « L’Enfer ! », mais — Mesdames et Messieurs — il ne faut quand même pas exagérer, Monsieur Blair est notre ami ! Et il s’est déjà excusé à plusieurs reprises. Donc, c’est pas sa faute, hein !?

Quand je lis les articles qui suivent : regrets de M. Blair, etc, tout comme vous, je suis submergé par l’indignation !

Personne n’ignore plus les véritables raisons — au début de ce siècle — de cette si altruiste et généreuse décision d’apporter la démocratie aux Irakiens… avec le formidable succès que l’on constate aujourd’hui : Bush comme Blair sont les véritables promoteurs de l’EI (État islamique)

Ces deux-là et nombre de leurs successeurs et amis dont Sarkozy-BHL, Fabius-Hollande et tous les autres amis marchands d’armes, ont fait exploser la Libye, disséminant au passage des centaines de mercenaires puissamment armés (avec des armes made in France notamment) pour, Boko Haram, AQMI, et autres groupuscules criminels, aller massacrer, ici, des écolières, au Niger, là de simples quidams, ou encore des militaires français envoyés en mission pour combattre ceux qu’on a nous-mêmes équipés ! Et nous avons fait de même en Syrie en aidant directement une filiale d’Al Qaïda. Exemples frappants de logique cartésienne !

Quant aux morts, bon, chacun sait qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs… surtout quand ce sont ceux des peuples auxquels on vient faire cadeau de notre actuelle conception de la démocratie… moyennant — pour nous défrayer de nos efforts —, un chouïa de leur pétrole et de leur gaz et quelques petits contrats de reconstruction !

Et quand on est aussi bête que je le suis, on a des difficultés à croire que la vraie raison de ces équipées tragique n’a rien à voir avec la localisation de cornucopiens gisements d’énergies fossiles d’une part et le tracé des futurs oléoducs et gazoducs et leurs débouchés portuaires (vers nos pays), d’autre part.

Et comme je suis très très bête, vraiment, il m’arrive souvent de penser que l’EI (Daech) c’est vraiment l’idiot utile des Occidentaux. Idiot qui permet de faire vivre les Européens dans une peur telle qu’ils se replient dans une attitude toujours plus imprégnée de ce racisme contre lequel — pour leur honneur — des générations d’anticolonialistes se sont mobilisées.

Les lions historiens n’existant pas, l’Histoire (TF1, France 2 et 3, etc.) continue donc de ne chanter que la gloire des chasseurs !

Jean


Le Point : « Guerre en Irak : un rapport accablant pour Tony Blair »

Invasion prématurée de l’Irak, plans britanniques pour l’après-guerre « complètement inadéquats », John Chilcot, président de la commission sur l’engagement en 2003 du Royaume-Uni en Irak a dressé mercredi un bilan accablant de l’ancien Premier ministre Tony Blair. L’ancien Premier ministre avait ainsi promis à George W. Bush de le suivre sur l’Irak « quoi qu’il arrive », a établi le rapport de la commission long de 2,6 millions de mots et attendu depuis sept ans.

« Nous avons conclu que le Royaume-Uni avait décidé de se joindre à l’invasion de l’Irak avant que toutes les alternatives pacifiques pour obtenir le désarmement (du pays) ne soient épuisées. L’action militaire n’était pas inévitable à l’époque », a déclaré John Chilcot, président de la commission Chilcot en présentant les conclusions du rapport qui n’a pas pour objet de dire si l’intervention en Irak a été légale.

Il a dénoncé le fait que Londres se soit appuyé sur des informations des services de renseignements qui n’avaient pas été suffisamment vérifiées. « Malgré les avertissements, les conséquences de l’invasion ont été sous-estimées. La planification et les préparatifs pour l’Irak d’après Saddam étaient complètement inadéquats », a ajouté John Chilcot.


Le Monde : « Les « excuses » de Tony Blair pour la guerre en Irak, une « opération de communication »

[06.07.2016 …] Fort de douze volumes et de 2,6 millions de mots, le « rapport Chilcot »rendu public mercredi (06.07.2016) établit que M. Blair s’est appuyé sur son propre jugement alors que les services de renseignement « n’avaient pas établi de façon incontestable » que Saddam Hussein, le dictateur qu’il s’agissait de renverser, continuait de produire des armes chimiques et biologiques. […]

[26.10.2015 …] Tony Blair s’est excusé « pour les erreurs commises dans la planification de la guerre en Irak et pour le manque d’anticipation de ce qui pouvait arriver si on éliminait le régime de Saddam Hussein ». Il a également demandé pardon « pour avoir utilisé des renseignements erronés », faisant allusion à l’existence d’« armes de destructions massives » irakiennes qui ont permis de justifier l’intervention de la coalition.

Mais « je trouve difficile de s’excuser d’avoir démis Saddam. Encore aujourd’hui en 2015, je trouve que c’est mieux qu’il ne soit plus là », a soutenu l’ex-Premier ministre britannique. Interrogé pour savoir s’il faisait un lien entre la chute du dictateur irakien et la montée en puissance de l’État islamique, Tony Blair a toutefois reconnu qu’il y avait des « éléments de vérité » dans cette assertion. […] 

Réagissant à ces déclarations, des familles de soldats britanniques ont fait part de leur « révulsion » dans les colonnes du journal The Telegraph. Reg Keys, dont le fils a été tué en Irak en 2003, estime que l’ancien premier ministre devrait simplement présenter ses « excuses pour des morts qui n’étaient pas nécessaires. La raison pour laquelle nous sommes partis en guerre était la présence d’armes de destruction massive, et non pour écarter Saddam du pouvoir […] ».


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