Moyen-Orient et Afrique du Nord

Guerre en Libye : l’isolement international de l’UMP

Le Premier ministre italien désigne Sarkozy responsable de la guerre

Manuel Marchal / 15 juillet 2011

Jeudi dernier, le chef du gouvernement italien a affirmé que dès le départ, il était contre la guerre en Libye. Il rejette la responsabilité de cette tragédie sur Nicolas Sarkozy et David Cameron. Ce sont donc les milieux les plus conservateurs de France et de Grande-Bretagne qui sont à l’origine de la guerre. Mais tous les participants au débat parlementaire de lundi dernier n’ont pas pris en compte cette donnée essentielle : les conflits doivent se régler par la négociation.

Dans la foulée du renversement du président de la Tunisie, et de son homologue égyptien, une guerre a été déclenchée en Libye. À la différence de ce qui s’est passé dans les deux pays voisins, ce n’est pas un soulèvement populaire contre un régime, mais une guerre civile opposant des anciens ministres au pouvoir central. Quand les rebelles lancent leur offensive, ils se rendent maîtres des principales villes de l’Est du pays, mais ils sont rapidement submergés par la contre-offensive de l’armée. Ils appellent la communauté internationale à leur secours. L’ONU décrète une zone d’exclusion aérienne. Mais cette résolution du Conseil de sécurité est interprétée bien au-delà de son cadre par plusieurs pays européens et les États-Unis. Pour les dirigeants de ces pays, empêcher l’armée de l’air libyenne d’intervenir, cela signifie bombarder le pays, y compris la population civile.
Rapidement, des craquements apparaissent dans les rangs de cette coalition. Ce sont notamment les États-Unis qui mettent leurs avions en retrait.
Dans le monde, et particulièrement en Afrique, se manifestent de plus en plus de fortes oppositions contre la manière choisie par l’OTAN pour régler un problème de politique en Libye. La semaine dernière, la Ligue des jeunes de l’ANC a appelé à faire cesser la guerre. Pour sa part, l’Union africaine a depuis le début proposé ses offices pour négocier. Cette proposition a toujours été rejetée par les rebelles et l’OTAN qui ne veulent pas discuter tant qu’il n’y aura pas de changement de régime en Libye.

Nicolas Sarkozy désigné responsable

Trois mois après le début de l’offensive des avions de l’OTAN, une révélation faite la semaine dernière apporte un éclairage sur les responsabilités de ce conflit. Jeudi, Silvio Berlusconi, chef du gouvernement de l’Italie, affirme ceci : « j’étais contre l’intervention militaire en Libye, mais j’ai été obligé de m’y rallier, car j’étais tenu par le vote du parlement de mon pays ». Il précise que
lors du dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, des « questions très précises ont été posées aux protagonistes de cette initiative, c’est-à-dire au président Sarkozy et au premier ministre David Cameron ».
Pour seule réponse, Nicolas Sarkozy et David Cameron ont laissé entendre que « la guerre se terminerait quand la population de Tripoli se révolterait contre le régime actuel », selon Silvio Berlusconi. Autant dire que la guerre n’est pas prête de se terminer, car plus les avions de l’OTAN bombardent Tripoli, plus se renforce la cohésion des Libyens, et notamment des habitants de Tripoli, autour de leur gouvernement.

Mais les USA votent contre

Quatre jours après les révélations du Premier ministre italien, l’Assemblée nationale et le Sénat devaient débattre et voter sur la poursuite de la guerre. Lundi, le vote a donné le résultat suivant.
À l’Assemblée nationale : 482 députés ont voté pour, et 27 contre. Au Sénat, 314 sénateurs ont voté pour, 24 contre. Un tel résultat s’explique par une décision surprenante : les parlementaires socialistes ont voté pour la guerre aux côtés de l’UMP.
Ce choix est une grave erreur. En effet, la déclaration du Premier ministre italien a clarifié les responsabilités. Nicolas Sarkozy est le seul chef d’État désigné responsable de la guerre en Libye. Et il a été interpellé à ce sujet lors d’un sommet de l’Union européenne. Il apparaît donc comme un va-t-en-guerre, fauteur de trouble. Nicolas Sarkozy est donc isolé sur le plan international.
À cela s’ajoute un principe. Le règlement d’un conflit doit se faire par la négociation, pas par la guerre. Mais dès le départ, le chef de l’État n’a pas voulu négocier, il s’est empressé de reconnaître les rebelles libyens comme seuls interlocuteurs, refusant de discuter avec le gouvernement de ce pays.
Tout comme les rebelles, le chef de l’État n’a pas donné suite à l’offre de négociations proposée par l’Union africaine.
Au bout de trois mois, la guerre s’enlise. Même aux États-Unis, les parlementaires ont refusé de poursuivre sur cette voie. Mais en France, l’UMP vient d’avoir un soutien inattendu.

Manuel Marchal


Encore un Réunionnais tué en Afghanistan

Mercredi, un jeune Réunionnais est mort en Afghanistan avec quatre autres militaires de son régiment. Il s’appelait Emmanuel Técher, âgé de 38 ans, sous-officier de l’armée, il avait atteint le grade d’adjudant.
Selon les éléments rendus publics, il serait décédé à la suite d’une attaque d’un kamikaze qui aurait fait sauter sa bombe à proximité des soldats.
Cette explosion est survenue le lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy en Afghanistan. Elle porte à cinq le nombre de jeunes Réunionnais qui ont perdu la vie en Afghanistan à cause de la guerre.
Hier, c’est un autre jeune envoyé par le gouvernement en Afghanistan qui est décédé sous les balles des Talibans. 70 soldats de l’armée française sont déjà morts dans ce pays.


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