Moyen-Orient et Afrique du Nord

« Il ne s’agit plus de défendre les populations civiles mais de les attaquer »

Margie Sudre juge sévèrement l’action de Nicolas Sarkozy

Manuel Marchal / 11 août 2011

Cette fois-ci, c’est au tour d’une ancienne ministre et membre de l’UMP de constater l’enlisement dans lequel Nicolas Sarkozy a plongé l’armée française en Libye.

Dans son édition d’hier, "le Parisien" révèle la visite à Tripoli d’une délégation d’anciens parlementaires parmi lesquels Margie Sudre. L’ancienne ministre de la Francophonie est très critique vis-à-vis des bombardements de l’OTAN, qui touchent la population civile, alors que la résolution de l’ONU vise uniquement à empêcher l’aviation libyenne d’attaquer les rebelles.
Margie Sudre confirme les exactions commises sur ordre de l’OTAN.
Car au lieu de respecter le mandat de l’OTAN, les avions sont utilisés pour appuyer l’offensive militaire de rebelles qui auraient été réduits à négocier depuis bien longtemps. Les bombes visent des civils, ou alors la télévision libyenne.
Plusieurs mois après le lancement de la campagne de bombardement par Nicolas Sarkozy, c’est l’enlisement et chaque jour qui passe montre l’échec sur toute la ligne du projet du président de la République.
En visite à Tripoli, une ancienne ministre de la Francophonie dénonce l’impasse dans laquelle se trouve désormais la France, et les lourdes conséquences subies par la population libyenne qui vit sous la menace permanente des bombes de l’OTAN.
Les propos de Margie Sudre vont-ils ouvrir la voie à une comparution de Nicolas Sarkozy devant le Tribunal pénal international ?

M.M.


« Nous avons rencontré des familles de civils bombardés »

Voici un extrait de l’article paru hier dans "le Parisien" :

Quatre anciens parlementaires européens, dont une ex-ministre et deux autres Français ont été « invités » par une mystérieuse organisation non gouvernementale libyenne pour rencontrer des responsables du régime.
La chiraquienne Margie Sudre, secrétaire d’État chargée de la Francophonie dans le gouvernement Juppé de 1995 à 1997, faisait partie de la délégation.
Jointe hier au téléphone, elle assume sans l’ombre d’une hésitation ce déplacement. « Nous avons été contactés par une ONG libyenne pour mieux nous rendre compte de la situation dans le pays, raconte-t-elle. Nous sommes arrivés en avion à Djerba, en Tunisie, puis nous avons roulé quatre heures en direction de Tripoli. Là, nous avons rencontré des familles de civils bombardés par la coalition et constaté que des dépôts de nourriture avaient été touchés. Kadhafi était au courant de notre présence, mais nous ne l’avons pas vu, certainement pour des raisons de sécurité ». Margie Sudre, qui préside aujourd’hui un établissement officiel lié aux marchés publics sur l’île de la Réunion, s’est fait son opinion : « Je considère que la communauté internationale a outrepassé le mandat de l’ONU. Il ne s’agit plus de défendre les populations civiles mais de les attaquer. Cessons de nous mêler d’une guerre qui ne nous concerne pas ». (…)
« Il faut être réaliste : 70% de la Libye sont contrôlés par Kadhafi. Après cinq mois, l’enlisement est total. Il faut négocier une sortie de crise pour éviter une partition du pays », lance Michel Scarbonchi. Qui ajoute : « Les conseils de Bernard-Henri Lévy mènent notre pays dans le mur. Les sondages montrent que les Français s’interrogent de plus en plus sur le bien-fondé de cette guerre ».


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