Moyen-Orient et Afrique du Nord

« Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien »

François Hollande en Algérie

Céline Tabou / 21 décembre 2012

Alors qu’à La Réunion, la Fête de la Liberté battait son plein, en Algérie, le chef de l’état a évoqué les « souffrances » de la colonisation. François Hollande s’est adressé aux parlementaires algériens et a promis de faciliter les démarches d’octroi des visas.

Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, François Hollande a reconnu solennellement à la tribune du Parlement algérien les « souffrances que la colonisation française », qu’il a qualifiées de « système profondément injuste et brutal » infligés au peuple algérien.

Reconnaissance au peuple algérien

"Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien (...), pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal », a déclaré François Hollande dans son discours devant les deux chambres du Parlement algérien, le 14 décembre. Ces propos dénotent avec les précédentes déclarations faites, à son arrivée le 12. Il ne voulait ni faire acte de « repentance » ni présenter des « excuses », mais une relation franco-algérienne reposant sur un « socle de vérité », car « rien ne se construit sur des dissimulations, dans l’oubli ou le déni ». François Hollande avait souligné que des rapports consolidés devaient passer par la reconnaissance des « injustices », des « massacres » et de « la torture ».

François Hollande a reconnu le massacre de Sétif, du 8 mai 1945, « le jour même où dans le monde triomphaient la liberté et de la justice, la France manquait à ses valeurs universelles », a-t-il indiqué. Le chef de l’État a également évoqué ceux de Guelma et de Kherrata, qui sont également « ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens ».

Une main tendue

François Hollande souhaite ouvrir un « nouvel âge » dans les relations franco-algériennes, en permettant notamment de mieux accueillir les Algériens qui demandent des visas pour se rendre en France. L’objectif est que « ces demandes ne deviennent pas un « parcours d’obstacles, ou pire encore une humiliation ». Ce dernier a expliqué que « nous avons besoin que se poursuivent et même s’amplifient les allers-retours des étudiants, des entrepreneurs, des artistes, des familles, bref tous ceux qui animent la relation » entre la France et l’Algérie. Ce dernier a souhaité que les portes du pays s’ouvrent largement aux Français, qui « ont des souvenirs, des attaches familiales, affectives ou des projets professionnels ou personnels à réaliser ».

Le président a également repris l’idée d’une communauté méditerranéenne inspirée du projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) de Nicolas Sarkozy. « La France et l’Algérie peuvent devenir le moteur de cette construction comme la France et l’Allemagne ont été après la guerre le moteur de la construction européenne », a-t-il assuré. « La mer ne nous sépare pas, elle nous unit », a-t-il ajouté. Des accords devraient être signés dans des domaines comme l’énergie, la santé, l’environnement, la construction ou les transports.

Céline Tabou


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