Moyen-Orient et Afrique du Nord

Kadhafi campe sur son trône

Libye

Céline Tabou / 3 mars 2011

Dans son allocution télévisée, mardi 1er mars, le colonel libyen a minimisé son pouvoir et affirmé qu’il l’aurait délégué aux Libyens dès la révolution. Promettant de combattre les insurgés, il a invité les Nations Unies à envoyer une commission d’enquête.

Face à l’ampleur de la situation, et la position de Muammar Kadhafi, les membres de l’ONU ont décidé de suspendre, mardi 1er mars, la Libye du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. L’assemblée générale a accepté la recommandation du Conseil de suspendre le pays pour « atteintes brutales et systématiques aux droits de la personne ». L’assemblée a également exprimé son « inquiétude profonde » concernant la situation des droits de la personne en Libye.

« Seul le peuple a autorité en Libye »

Ne voulant pas quitter le pouvoir Kadhafi atteste « qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai fait une révolution en 1969 et après j’ai délégué le pouvoir au peuple. (...) Le peuple libyen est un peuple libre ». Pour justifier cette révolte, le chef libyen a accusé Al Qaïda d’être responsable de cette insurrection.
Devant ses partisans, lors d’une cérémonie publique à Tripoli, le colonel a affirmé que « les troubles ont commencé avec l’infiltration de cellules dormantes d’Al-Qaïda en Libye, qui se sont emparées des armes et ont attaqué les forces régulières. Il n’y a pas eu de manifestations en Libye ».
Soutenu par ces propres forces, les pro-Kadhafi ont attaqué mercredi 2 mars, le terminal pétrolier de Marsa el Brega. Cette attaque est le signe d’une contre-offensive dans l’est du pays, qui est passé entre les mains des insurgés.

Possible aide extérieure

À Benghazi, l’un des porte-parole de la coalition d’opposition a annoncé que l’offensive sur Marsa El Brega avait été repoussée, mais la télévision publique libyenne a affirmé que les forces pro-Kadhafi contrôlaient l’aéroport et le port de la ville. Moustafa Gheriani, porte-parole de la coalition du 17 février, a déclaré que cette dernière allait vraisemblablement solliciter une intervention militaire étrangère, « probablement des frappes aériennes sur des endroits stratégiques qui mettront le dernier clou à son cercueil ».
Avant que cette demande ne soit lancée, les États-Unis ont accentué leur présence dans la région, en déployant deux bâtiments de l’US Navy, dans le canal de Suez. Important exportateur de pétrole, les sociétés pétrolières américaines préparent leur retour en terre libyenne, depuis le début de la révolte, selon Afrik.com. En effet, le gouvernement américain a mis fin « à la loi qui lui permettait de sanctionner les firmes investissant plus de 200 millions de dollars par an dans les secteurs pétroliers et gaziers libyens », a indiqué le site.

Céline Tabou


Kanalreunion.com