Moyen-Orient et Afrique du Nord

« L’Afrique qui bouge »

Un numéro hors série d’"Alternatives Internationales"

Témoignages.re / 28 mai 2013

Mobilisations contre le pillage des ressources minières au Nord-Kivu, luttes contre la corruption en Ouganda, protection de la biodiversité à Madagascar, industrialisation en Éthiopie ou au Cameroun, sauvetage du cinéma au Sénégal... À travers reportages et analyses, un numéro hors série de la revue "Alternatives Internationales" (n°13 — mai 2013) fait le point sur cette Afrique nouvelle qui ne cesse de nous étonner, où la croissance est revenue, où les classes moyennes s’étoffent, où la vie politique se démocratise, où les citoyens se mobilisent, mais où les défis économiques, écologiques et sociaux restent colossaux. Un numéro réalisé en partenariat avec l’AFD (Agence française de Développement), le CCFD-Terre Solidaire et la SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement).

En ces temps de sinistrose, où nous n’en pouvons plus de cette crise qui s’éternise, il est plus que temps de prendre des vacances et de recharger nos batteries. Où ça ? En Afrique.

Comment ? Pas forcément en émettant du CO2 pour aller y faire du tourisme — à supposer que nous en ayons les moyens —, mais en lisant ce hors série d’"Alternatives Internationales".

Pourquoi ? Parce que les Africains, qui savent depuis longtemps ce que le mot crise veut dire, ont des histoires à nous raconter. Elles nous font du bien et nous réveillent. Elles nous donnent envie d’aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui nous rappellent, dans les combats qu’ils mènent et dans les innovations sociales qu’ils mettent en œuvre avec les moyens qui sont les leurs, qu’il n’y a pas de fatalité, que l’on peut, en jouant collectif, sortir des mauvaises situations et bâtir un avenir meilleur.

Que de chemin parcouru !

On le découvre au fil des reportages présentés dans ce numéro :

• au Burkina Faso, la bagarre des syndicats paysans pour faire reculer la faim ;

• en Éthiopie, l’émergence d’une industrie de la chaussure ;

• au Nigeria, l’administration territoriale qui transforme peu à peu Lagos en une mégapole à visage humain ;

• en Ouganda, la mobilisation populaire contre la corruption des dirigeants ;

• en République démocratique du Congo, les avancées de la lutte pour mettre fin au pillage des ressources minières ;

• au Rwanda, l’école pour tous ;

• au Kenya, le retour du dialogue politique après les violences inter-ethniques ;

• en Afrique du Sud, la bataille gagnée pour l’accès aux médicaments antirétroviraux ;

• à Madagascar, le sauvetage de la biodiversité qui avance ;

• au Sénégal, les passionnés qui font revivre le cinéma…

Ainsi, l’Afrique se bouge, invente, avance. Que de chemin parcouru !

Difficultés, contradictions, défis

Il y a exactement dix ans, le journaliste Stephen Smith publiait "Négrologie". L’ouvrage, sous-titré "Pourquoi l’Afrique meurt", affichait sur sa couverture une image prise en juillet 2003 au Liberia qui fit le tour du monde : un combattant torse nu et coiffure rasta, brandissant son lance-roquettes, le regard fou, sautant et exultant après avoir touché sa cible. Notre image de l’Afrique se résumait alors dans ce cliché : un chaos sur fond de misère.

Aujourd’hui, parce que la croissance est revenue, parce que des classes moyennes éduquées émergent et s’enrichissent, ce sont d’autres clichés qui montent, les brillantes success-stories faisant oublier le reste du tableau.

Ce numéro ne cède pas aux caricatures, qu’elles soient afro-pessimistes ou afro-naïves. Cette Afrique qui bouge, il la décrypte, la présente dans ses difficultés, ses contradictions, ses défis.

Plus que jamais rester solidaires

Entre autres, il présente celui d’une croissance encore trop dépendante des matières premières, celui d’une transition démographique trop lente sur un continent qui ne crée pas assez d’emplois, celui d’une agriculture qui reste négligée par les politiques de développement, celui des libertés et de la gouvernance. Voilà des raisons pour lesquelles il faut plus que jamais rester solidaires de cette Afrique qui change quand, en période de vaches maigres, nous sommes tentés par le repli.

Nous avons tout à gagner à nous ouvrir à la circulation des idées et des hommes, à nous laisser surprendre, comme surprendront peut-être bien des articles remontés du terrain et présentés par la revue.

« Les défis restent colossaux »

« Ce numéro n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien matériel et intellectuel de l’Agence française de développement (AFD), du CCFD-Terre solidaire et de la Solidarité internationale pour le développement et l’investissement (SIDI), qui nous ont permis de le réaliser en toute indépendance éditoriale. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés », conclut la revue.

En effet, « ils soulignent les défis d’une Afrique qui bouge. Avec sa croissance économique retrouvée et ses élites jeunes et nombreuses, le continent a de quoi jouer sa partition dans la mondialisation. Mais entre pression démographique, pauvreté endémique, inégalités sociales et menace écologique, les défis restent colossaux » .


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