Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’économie verte, vecteur de transformation de l’Afrique

Gisement d’emplois en perspective

Céline Tabou / 29 avril 2013

Basé sur le Forum des Employeurs Africains en 2011 au Burkina Faso, Thierry Téré, cofondateur de l’institut Afrique RSE, a expliqué pourquoi « l’économie verte et l’entreprenariat féminin » peuvent être de « nouveaux moteurs de la croissance économique et de la création d’emplois en Afrique de l’Ouest ».

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Rien qu’en Algérie, le développement durable peut créer plus de 100.000 emplois par an pendant plus de 10 ans.

En dépit d’une croissance économique enviée par l’Occident, l’Afrique reste confrontée à de nombreux défis parmi lesquels les entraves au développement de l’entreprenariat et du secteur privé, la prolifération de l’économie informelle, l’exploitation insuffisante du potentiel économique des femmes, la faiblesse de l’intégration des économies, l’impact dévastateur du déficit de travail décent y compris pour les jeunes et les changements climatiques. Autant de défis qui freinent les pays de l’Afrique à sortir de la spirale de la pauvreté.

Créer des emplois et de l’activité

Selon une étude financée par la coopération allemande au développement (GIZ), l’économie verte pourrait générer, en Algérie, un peu plus de 1,4 million d’emplois à l’horizon 2025. En effet, dans son rapport annuel 2012, la Banque Africaine de Développement a indiqué que « l’Afrique doit accélérer sa transformation structurelle en dopant le potentiel de sa jeunesse, en investissant dans la science, les technologies et l’innovation, en accélérant le rythme de l’intégration économique, en passant à une économie verte ». Cependant, « pour que l’économie verte soit la voie du développement durable de l’Afrique, il va encore falloir y donner de la voix pour sensibiliser et convaincre les Africains », a expliqué Thierry Téré.

De nombreux décideurs et chefs d’entreprises africains ont du mal à concevoir un développement humain et économique porté par l’économie verte, bien que « la croissance verte n’est pas un luxe. C’est le seul moyen d’atteindre un développement durable et de lutter contre la pauvreté à l’échelle mondiale sur le long terme », selon l’OCDE. L’Organisation de coopération et de développement économique a indiqué que les « gouvernements qui mettent la croissance verte au cœur de leur développement peuvent assurer une croissance économique durable, une stabilité sociale, la protection de l’environnement et la préservation des ressources pour le futur ».

La «  promesse de l’économie verte  »

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), l’économie verte est « une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ». En effet, la volatilité des cours du pétrole et les risques de pénurie d’énergie fossile, demandent une anticipation de la part des dirigeants et acteurs économiques, afin de mettre en place une stratégie visant à « accroître considérablement le pourcentage des énergies renouvelables dans le mix énergétique ? Il s’agit de répondre aux besoins immédiats tout en projetant l’Afrique dans le futur », a noté Thierry Téré.

Depuis quelques années, les gouvernements et les dirigeants mondiaux ont acté la nécessité d’une transition vers une économie verte, « soutenue par de solides dispositions sociales, offre une voie vers un XXIe siècle durable ». Cependant, Adam Mohammed Nour, représentant du Ministère de l’Environnement, des Forêts et du Développement physique au Soudan, avait indiqué : « Nous espérons que l’économie verte portera ses fruits lorsqu’il s’agira de préserver l’environnement ainsi que de lutter contre la désertification et la pauvreté ». En effet, la promesse de l’économie verte « ne peut être tenue que s’il y a suffisamment de ressources disponibles à cet effet. Si nous ne déployons pas suffisamment d’efforts, nous n’atteindrons jamais les objectifs de développement durable », avait-il indiqué.

D’autant que certains ministres africains, présents au sommet de Rio+210, ont attiré l’attention de la communauté internationale sur les modes de production et de consommation des pays du Nord, jugés « insoutenables à terme ». « Les pays doivent assumer leurs obligations et consommer de manière responsable », a déclaré Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo. Ces derniers ont pointé du doigt les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés et l’utilisation massive de l’eau et des ressources, qui ont un impact beaucoup sur la planète, mais particulièrement sur les pays africains. Toutefois, tous s’accordent à mettre en avant le potentiel des femmes et des jeunes pour le développement du continent et l’émergence de nouveaux moteurs de croissance, à travers notamment l’économie verte.

Céline Tabou


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