Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’enjeu du pétrole

La Libye, un nouvel Irak

Témoignages.re / 1er septembre 2011

Cet extrait d’un article de "La Croix" rappelle le but principal de la guerre lancée par l’Occident contre la Libye.

Les hydrocarbures sont l’unique richesse du pays. Avant les événements, la production de pétrole représentait 1,6 million de barils par jour. Elle est maintenant de 60.000 barils.
Les réserves libyennes sont les premières d’Afrique. L’Italienne Eni est la compagnie pétrolière la plus importante. (…)

En 1969, à l’arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi, les compagnies pétrolières extrayaient du sous-sol plus de 2 millions de barils par jour (mbj). Le dirigeant libyen décidait alors d’en nationaliser la production, puis faisait l’objet de sanctions internationales pour sa diplomatie. Les investissements dans le secteur pétrolier s’en ressentaient.
Depuis dix ans, le calme semblait revenu. La normalisation des relations du dirigeant libyen avec les pays occidentaux avait signé le retour des compagnies étrangères. Avant les événements, l’italien Eni était le premier pétrolier étranger opérant en Libye avec une production de 300.000 barils par jour.
Le français Total produisait 55.000 barils par jour. Le britannique BP n’est présent que dans l’exploration. ExxonMobil et Shell tentent d’amorcer leur retour, munis de permis d’exploration. Côté gaz naturel, la Libye a doublé sa production en dix ans, grâce à un nouveau gazoduc vers l’Italie. Il serait actuellement à l’arrêt.

Reconstruction

Relancer la production d’hydrocarbures, puis la développer, sera la priorité économique du prochain pouvoir en place à Tripoli. Comme en Irak, après la chute de Saddam Hussein, il faudra reconstruire les installations endommagées, remettre à niveau les technologies de production, avant d’envisager un accroissement de la production.
Les compagnies étrangères joueront un rôle plus important qu’en Irak, où le savoir-faire des techniciens locaux était un atout. Les experts pétroliers sont divisés sur le délai qu’il faudra à la Libye pour retrouver sa production antérieure. Certains tablent sur quelques mois, d’autres, estimant que les installations ont souffert des combats, évoquent plus de deux ans.

Les Chinois pénalisés

À Paris, on se prend à rêver à de nouveaux contrats pour Total, comme remerciement de la rébellion à la France pour son engagement. Quant aux Chinois, leur retard à lâcher le colonel Kadhafi pourrait les handicaper.
Mardi, le “Beijing Times” rapportait que le groupe China National Petroleum Corp (CNPC) avait mis un terme à ses projets d’exploration de pétrole et de gaz en Libye, Syrie, Algérie et au Niger.
Le quotidien expliquait cette décision par « l’instabilité politique » et la nécessité d’assurer « la sécurité du personnel ». Au printemps, la Chine avait évacué en catastrophe des milliers de travailleurs chinois employés dans le secteur pétrolier libyen.


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