Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’espoir d’un changement de politique

Égypte

Céline Tabou / 7 février 2011

Malgré les nombreux appels au départ du président Mohamed Hosni Moubarak, ce dernier a décidé de rester en place, jusqu’à la prochaine élection. Durant, lesquelles il a promis ne pas vouloir se représenter. Cependant, l’opposition a décidé de se réunir pour préparer des amendements à la Constitution.

D’après Magdi Radi, porte-parole du gouvernement, les participants à la séance de discussion entre l’opposition et la majorité dimanche 6 février se sont mis d’accord sur « une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution ». L’opposition, dont les Frères musulmans, a convenu de créer un comité pour préparer des amendements à la Constitution d’ici la première semaine de mars, mois des élections présidentielles.

Les participants au dialogue entre le régime égyptien et l’opposition, dont les Frères musulmans, ont convenu hier de créer un comité pour préparer des amendements à la Constitution d’ici la première semaine de mars.

Le communiqué commun publié à la fin de la discussion a indiqué qu’un bureau s’ouvrira afin de recevoir les plaintes concernant les prisonniers politiques, la levée des restrictions imposées aux médias et le rejet de « toute ingérence étrangère dans les affaires égyptiennes ». Le document appelle à la levée de l’état d’urgence, « selon la situation sécuritaire », a annoncé l’AFP.
Le chef de l’État a annoncé qu’il ne se représenterait pas lors de la présidentielle prévue en septembre, mais ne souhaite pas démissionner. Selon les déclarations — citées par l’AFP — d’un opposant ayant participé au dialogue entre le pouvoir et l’opposition, le vice-président Omar Souleimane a rejeté un appel de l’opposition à assumer les pouvoirs de Hosni Moubarak, « nous lui avons demandé que le président délègue ses pouvoirs au vice-président, conformément aux prérogatives que lui donne l’article 139 (de la Constitution) mais il a refusé », a déclaré à l’AFP ce responsable d’un parti d’opposition qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.

La mobilisation s’intensifie dans le monde arabe

Le soulèvement tunisien aura eu un impact dans tout le monde arabe, et pas seulement. En Occident, les fervents soutiens de Moubarak se sont retournés contre lui, et la nouvelle diplomatie américaine perd pied, diplomatique, mais souhaite garder la main économiquement, notamment avec le Canal de Suez, important producteur de pétrole.
Cependant, en Palestine, les autorités à Gaza et Ramallah ont interdit tout mouvement de soutien à l’Égypte ou à la Tunisie, de peur que la révolte ne donne des idées aux Palestiniens, et ne soit répercutée sur le gouvernement palestinien. « La rue doit avant tout servir d’échos à la lutte contre Israël », a indiqué "Témoignages Chrétien". En effet, bon nombre de militaires ont incité les Palestiniens à aller protester contre le régime israélien au lieu de soutenir les Égyptiens.

Avec ou sans le soutien palestinien, les Égyptiens sont bien décidés à rester sur la place Tahri pour que le chef de l’État démissionne.

Céline Tabou


Quand Sarkozy soutenait Moubarak

Mohamed Moubarak avait été désigné co-président de l’Union de la Méditerranée avec Nicolas Sarkozy, initiateur de l’Union de la méditerranée, qui connaît aujourd’hui un flot. Aujourd’hui, le président français s’allie au gouvernement américain pour demander le départ de son vieil ami Moubarak. Il s’agit là d’une curieuse façon de soutenir son camarade ? Projet phare de Nicolas Sarkozy, l’UPM vient de voir son co-président conspué, et son secrétaire général, le Jordanien Ahmad Massa’deh, démissionné en évoquant « des conditions qui ont changé » pour expliquer son départ. Le « bébé » de Nicolas Sarkozy n’aura pas porté ses fruits, comme convenu.


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