Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’offensive terrestre israélienne lancée à Gaza

Les occupants décident un assaut sanglant, des dizaines de Palestiniens tués

Céline Tabou / 19 juillet 2014

Israël a lancé une offensive terrestre dans la nuit de jeudi à vendredi dans Gaza, faisant en quelques heures au moins 23 morts du côté Palestinien. Un soldat israélien a également perdu la vie, dans ce raid lancé, malgré les appels de la communauté internationale à éviter l’escalade de la violence et les pertes civiles.

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Le massacre des Palestiniens continue. En Occident, seule la Norvège condamne les exactions de l’armée d’occupation. Les autres dirigeants occidentaux, la France y compris, ne dénoncent pas une répression d’une violence inouïe.

Selon un responsable des Nations Unies, près de 30.000 personnes se sont réfugiées dans les installations de l’ONU, situées dans la Bande de Gaza. En dépit d’une situation humanitaire de plus en plus inquiétante, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a annoncé qu’il était « prêt à élargir l’opération militaire terrestre lancée dans la bande de Gaza ».
Depuis le 8 juillet, 1.164 personnes sont décédées, en majeure partie Palestiniens. La dernière offensive terrestre s’est déroulée entre décembre 2008 et janvier 2009, causant la mort de près de 1.400 Palestiniens.

Frapper les tunnels du Hamas

Les soldats israéliens, appuyés par des chars et l’aviation, ont combattu dans la bande de Gaza vendredi, au second jour de l’opération terrestre destinée à anéantir les infrastructures et l’armement du Hamas palestinien. Selon l’armée, les soldats ont engagé des combats tuant 17 « terroristes », frappant quelque « 150 cibles » dont quatre tunnels, a cité l’AFP. Le Premier ministre, Benjamini Netanyahu a justifiée cette opération terrestre, en indiquant qu’il est « essentiel » de « frapper les tunnels du Hamas » car « les bombardements étant insuffisants ».
Indifférent aux pertes humaines à venir, le Premier ministre israélien a d’ailleurs assuré que ces « instructions sont de se préparer à la possibilité d’élargir de manière significative l’opération terrestre et l’armée se prépare en fonction ». En effet, pour l’heure, les hostilités se concentrent dans le sud du territoire à Khan Younès et Rafah, et dans le nord, près de la frontière israélienne.
"Ce n’est pas possible de régler (le problème) des tunnels depuis les airs uniquement, nos soldats font aussi cela sur le terrain. Tsahal (l’armée) opère contre le Hamas et d’autres organisations terroristes dans la bande de Gaza depuis la mer, les airs et maintenant aussi sur la terre. L’opération terrestre lancée par nos forces hier (jeudi) soir vise à frapper les tunnels de la terreur allant de Gaza jusqu’en Israël », a-t-il déclaré à l’ouverture d’une réunion du gouvernement.
Pour Benjamin Netanyahu, les tunnels servent à organiser une « une attaque massive contre des civils israéliens ». Bien que, l’assaut ne soit pas une garantie de succès à 100%, « il est nécessaire », a-t-il assuré. Sous blocus depuis 2006, des tunnels ont été creusés à travers Gaza et vers Israël pour transporter des armes, assembler des lance-roquettes et certains pour pénétrer en territoire israélien. Mais aussi des denrées alimentaires et du matériels médical.

Le soutien à Israël de la communauté internationale

Après avoir clairement affiché sa « solidarité » envers les autorités israéliennes, le gouvernement américain par la voix du Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, John Kerry, a exhorté - dans une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu - Israël à éviter les « dégâts collatéraux » et d’être « précis » dans ses cibles. Pointé du doigt pour sa passivité, la communauté internationale soutient l’offensive israélienne, en demandant toutefois d’agir « bien plus pour faire cesser les pertes civiles », a indiqué le secrétaire général de l’ONU.
Pour sa part, la Norvège a qualifié d’"inacceptablé » l’offensive terrestre engagée jeudi soir par Israël dans la bande de Gaza, estimant que les chances de parvenir à un cessez-le-feu n’avaient pas été épuisées. « J’estime qu’il est inacceptable que l’on entame une opération terrestre, surtout si l’on considère qu’il était possible d’obtenir un cessez-le-feu » avec le Hamas, a déclaré le chef de la diplomatie norvégienne Boerge Brende sur la chaîne TV2 Nyhetskanalen.
L’Espagne « déplore » l’opération terrestre israélienne dans la bande de Gaza, appelant au « respect scrupuleux de la vie des civils et des installations publiques comme les écoles et les centres de santé », a indiqué dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères. Le pays « appelle instamment à la retenue maximum et au respect scrupuleux de la vie des civils et des installations publiques comme les écoles et les centres de santé ».
Le Hamas a de son côté, affirmé qu’"Israël allait payer un prix élevé » de cet assaut terrestre « voué à l’échec ». Un missive qui s’est traduite par le tirs de 24 roquettes sur Israël vendredi par les combattants du Hamas et son allié du Jihad islamique. Aucune victime n’a été recensé. « Ce que l’occupant israélien n’a pas réussi à réaliser par ses raids aériens et maritimes, il ne le réalisera pas par son offensive terrestre qui est vouée à l’échec », a déclaré à l’AFP le chef en exil du mouvement islamiste, Khaled Mechaal.

Céline Tabou


Kanalreunion.com