Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’opération de stabilisation du Mali pourrait durer plus longtemps

La guerre loin d’être finie

Témoignages.re / 30 janvier 2013

L’Union africaine (UA) a déclaré lundi que la stabilisation du Mali pourrait durer plus longtemps et que la coopération régionale était nécessaire pour empêcher les insurgés armés de se réfugier dans les villages.

Selon le commissaire de l’UA à la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra, les troupes déployées au Mali font partie d’une offensive visant à rétablir l’autorité de l’État sur le Nord du pays, mais qu’une mission de stabilisation était essentielle.

« Il s’agit de la phase offensive, mais une phase de stabilisation risque de durer plus longtemps », a déclaré M. Lamamra à la presse, à Addis-Abeba, concernant le déploiement en cours de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine.

Toutefois, les experts craignent que l’offensive en cours qui a permis la reconquête de plusieurs villes et villages maliens des mains des insurgés les pousse à passer dans la clandestinité, d’où ils risquent de mener une guérilla.
« Les terroristes auront accès aux montagnes. Il faut s’y attendre. Ils font partie du crime international organisé, a observé M. Lamamra, ce qui , a-t-il ajouté, leur donne la possibilité de mener des attaques sporadiques ». 
Selon lui, cette situation exige la coopération de toute la région.
Le Sommet de l’UA, qui vient de s’achever, a appelé à une coopération régionale, notamment en matière de collecte de renseignements pour stopper l’avancée des rebelles.

Le Sommet a également préconisé la tenue d’une série de réunions avec les autorités maliennes pour faciliter le contrôle des frontières.
Le Sommet a adopté une "Déclaration solennelle" sur le Mali, condamnant les actions des insurgés et les souffrances qu’ils continuent d’infliger à la population civile, notamment la destruction de monuments religieux.
Dans sa Déclaration finale sur le Mali, le Sommet a autorisé le déploiement de spécialistes des droits de l’Homme au sein de la MISMA pour surveiller toute violation éventuelle des droits humains.

Ibrahima Kane, militant international des droits de l’Homme, a salué la décision de l’UA d’autoriser le déploiement d’observateurs des droits de l’Homme. 

Renforcer la réponse face aux conflits

Les dirigeants africains sont sortis lundi de deux jours de discussions intenses sur les conflits qui affectent le continent, décidés à renforcer la réponse face aux crises, en faisant de la Force africaine en attente (FAA) une réalité.
La FAA s’inscrit dans le cadre d’un projet à plus long terme visant à renforcer les capacités de l’Afrique à gérer les conflits, et constitue la dernière partie — bien que non encore réalisée — de l’Architecture africaine de paix et de sécurité.

La Force devait voir le jour en 2012, mais cette date avait été ratée et finalement repoussée en 2015.
Mais les dirigeants africains souhaitent maintenant la création rapide de cette Force.

« Nous devrions rendre opérationnel cet aspect important de notre sécurité dans quelques mois si un certain nombre de conditions sont réunies », a indiqué le commissaire de l’Union africaine à la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra. 
« Il est absolument nécessaire pour l’Afrique de donner des moyens d’agir à une force de déploiement rapide », a-t-il souligné.

Le Sommet de l’UA, qui vient de s’achever, a décidé de faire de la FAA l’une de ses priorités lors du Sommet du 25 mai à Addis-Abeba, organisé dans le cadre des célébrations du 50ème anniversaire de la création de l’organisation panafricaine.


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