Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’OTAN provoque une crise humanitaire

Mission de l’ONU en Libye

Témoignages.re / 28 juillet 2011

Une mission conjointe d’organisations humanitaires de l’ONU, qui s’est rendue à Tripoli, la capitale de la Libye, et d’autres zones du pays, a indiqué que, à certains endroits, les populations civiles n’ont pas accès aux soins de santé où souffrent de pénurie de nourriture.

« Même si la mission a pu observer une certaine normalité à Tripoli, des groupes de personnes vulnérables ont besoin d’une assistance humanitaire urgente », a déclaré mardi le coordinateur humanitaire de la mission conjointe, Laurence Hart, dans un communiqué.

La mission conjointe de l’ONU était composée des membres du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour les populations (FNUAP), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Parmi les priorités, les besoins urgents, figure la nécessité de soigner les personnes blessées dans les conflits. Les services de santé sont débordés et la situation sanitaire est aggravée par le fait que de nombreux membres du personnel médical étranger ont quitté le pays depuis le début de la crise et que des fournitures sanitaires et les médicaments commencent à manquer. La mission onusienne a également constaté de graves problèmes psychosociaux, notamment parmi les femmes et les enfants.

Les denrées alimentaires restent disponibles sur les marchés, mais deviennent chères, et le système de distribution semble fragile, ce qui est une source d’inquiétude à la veille du mois du Ramadan.

La mission onusienne s’est également rendue à Al-Khoms et à Zletan, à l’Est de la capitale, à proximité de la ligne de front où les combats font rage, ainsi que dans la région montagneuse de Gharyan, à l’Ouest. Toutes ces localités ont vu arriver de nombreux déplacés internes et la mission a eu l’occasion de discuter des besoins à la fois de la population locale et de ceux qui ont été déplacés par le conflit.

Problèmes de transport

« Le manque de carburant est un problème majeur. De longues files d’attente ont été observées aux rares stations d’essence qui restent encore ouvertes. Un système de quotas a été mis en place et les experts du pétrole libyens ont averti que les stocks pourraient être épuisés d’ici deux semaines. Le prix des transports publics a triplé, ce qui rend l’accès aux services difficile », rapporte la mission onusienne.

Une autre source d’inquiétude est l’accès réduit à l’argent comptant. Pour éviter que les populations ne retirent toutes leurs liquidités des comptes bancaires, les banques libyennes ont introduit des limites de retrait pour les clients individuels, ce qui a un impact négatif pour de nombreux Libyens. La mission rapporte que l’accès à l’eau reste assuré, mais la fourniture d’électricité est fortement perturbée.

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, M. Al-Khatib, a tenu des discussions avec les forces d’opposition à Benghazi lundi, et mardi à Tripoli avec le gouvernement, pour poursuivre les négociations pour rechercher une issue politique à la crise.


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