Moyen-Orient et Afrique du Nord

La colère monte contre les bombardements de l’OTAN en Libye

Manifestation de la Ligue des jeunes de l’ANC

Témoignages.re / 8 juillet 2011

La colère monte en Afrique du Sud contre la poursuite des bombardements de la Libye par l’OTAN, alors même que l’Union africaine (UA) a approuvé un plan de règlement de la crise.

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi devant l’Ambassade des États-Unis à Pretoria pour réclamer la fin des opérations de l’OTAN.
Ce rassemblement s’est achevé par le dépôt d’un mémorandum aux officiels américains disant que les bombardements sapent les efforts des Africains pour négocier une solution pacifique.
Le président sud-africain, Jacob Zuma, qui s’est rendu à Tripoli deux fois en l’espace de quelques mois, se heurte aux critiques de ses compatriotes pour avoir soutenu une résolution de l’ONU autorisant l’action militaire en Libye. Julius Malema, le leader de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir, qui a pris part au rassemblement, a déclaré que l’Afrique du Sud aurait dû savoir que « les puissances impérialistes » violeraient la zone d’exclusion aérienne.
« Nous n’aurions jamais dû voter cette résolution, car nous savons que le seul langage qu’ils comprennent, c’est celui de la guerre et des armes. Nous aurions dû savoir qu’ils iraient au-delà de la zone d’exclusion aérienne et tueraient des gens innocents », a-t-il dénoncé.
Par ailleurs, la chef de la diplomatie sud-africaine, Maite Nkoana-Mashabane, a dit que l’UA avait besoin d’un « espace politique » pour aider à régler la crise en Libye. « L’UA est au cœur de toute solution en Libye et ne doit par conséquent être ni marginalisée, ni décrédibilisée en aucune façon », a-t-elle tenu à faire savoir mercredi à Pretoria lors d’un briefing aux médias. Mme Nkoana-Mashabane a ajouté qu’une solution politique et non militaire était la seule option de sortie de crise en Libye.
Pour sa part, Jacob Zuma a mis en garde l’OTAN contre l’usage de sa puissance militaire pour assassiner le numéro 1 libyen, soulignant au passage que la résolution de l’ONU qui a autorisé l’action de l’OTAN en Libye était censée protéger le peuple libyen et non procéder à « un changement de régime ou un assassinat politique ».


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