Moyen-Orient et Afrique du Nord

La contestation perdure au Maghreb et au Moyen-Orient

Céline Tabou / 22 février 2011

Plusieurs soulèvements populaires ont eu lieu dans différents pays du Moyen-Orient et le Maghreb. Partie de Tunisie, la révolte sociale a atteint de nombreux pays arabes comme la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Libye, le Soudan, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen, Oman, le Bahreïn, le Kurdistan, et Djibouti.
En quarante-huit heures, on dénombre une vingtaine de morts et des dizaines de blessés. Face à cette contestation, certains régimes ont réprimé dans le sang, à Bahreïn, la Libye, et le Yémen ou des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs morts, et de nombreux blessés.

État des lieux de la contestation

Le bilan des manifestations en Libye augmente de jour en jour. Lundi 21 février, Human Rights Watch dénombrait 230 morts. Seïf el-Islam, fils de Mouammar Khadafi, a annoncé, dimanche 20 février, la possibilité d’une "guerre civile" dans le pays.
Des milliers de manifestants manifestent à Sanaa pour le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Ce dernier a assuré lundi 21 février qu’il ne partirait "que par les urnes". Le dernier bilan fait état de 12 morts à Aden, dans un affrontement entre les manifestants et les forces de l’ordre.
Au Bahreïn, l’opposant chiite en exil Hassan Machaimaa a annoncé depuis Londres qu’il rentrerait mardi 22 février à Manama, pour soutenir les milliers de contestataires qui ont occupé la place de la Perle pour réclamer un changement de régime.
Un adolescent irakien a été tué et 48 autres manifestants blessés dimanche 20 février dans des affrontements avec les forces de l’ordre à Souleimaniyeh, seconde ville du Kurdistan irakien. Des milliers de manifestants protestent depuis cinq jours contre le monopole que détiennent les deux principaux partis de la région sur les affaires politiques et l’économie du Kurdistan irakien.
Le Parti National du Congrès au pouvoir a annoncé que l’actuel président du Soudan, Omar el-Béchir ne se présenterait pas pour un nouveau mandat. Le Soudan connait des manifestations sporadiques depuis janvier à Khartoum et dans d’autres villes du Nord, cette fois-ci, ce sont les étudiants qui ont dénoncé le régime autoritaire, l’absence de libertés civiques et la hausse vertigineuse des prix.
Des milliers de Marocains ont manifesté dimanche 20 février dans de nombreuses villes du pays en faveur de réformes politiques limitant les pouvoirs du roi. Des affrontements ont éclaté faisant 128 blessés, dont 115 membres des forces de l’ordre dans plusieurs villes dont Al-Hoceima, Larache et Marrakech, a indiqué les autorités marocaines.
Les autorités tunisiennes ont demandé à Ryad l’extradition du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, accusé d’être impliqué "dans plusieurs crimes graves", et a réclamé des informations sur son état de santé ou "son décès éventuel". Des milliers de Tunisiens manifestent toujours pour la démission du gouvernement de transition, dont certains dirigeants étaient des proches de Ben Ali.
Des centaines de policiers ont contrecarré le rassemblement antigouvernemental prévu à Téhéran. Ce qui a entrainé des affrontements entre la police et les protestataires descendus dans la rue.

CT


Des émeutes dans la capitale de la Libye

Lundi 21 février, les émeutes ont gagné la capitale, Tripoli, où des postes de police et des locaux des comités révolutionnaires ont été incendiés, de plus, les sièges d’une télévision et d’une radio publiques ont été saccagés dans la soirée de dimanche 20 février. La chaine Al-Jazira recense plus d’une soixantaine de morts à Tripoli.


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