Moyen-Orient et Afrique du Nord

La demande de la Palestine en débat

Céline Tabou / 27 septembre 2011

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné le coup d’envoi des consultations sur la demande de Mahmud Abbas pour la reconnaissance d’un État palestinien. Quinze pays se sont réunis lundi soir après le dépôt historique de la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU. Le processus devrait prendre environ 4 semaines, selon les diplomates, si ce n’est plus.

Le président de l’Autorité palestinienne espère obtenir au moins 9 voix sur 15 au Conseil de Sécurité, ce qui obligerait les États-Unis à utiliser leur véto. De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a fustigé les négociations directes : « Pourquoi discuter des pourparlers ? Si on veut atteindre la paix, mettons nos conditions préalables de côté, asseyons-nous à la table (des négociations) ».

Prêt à négocier

Dans son discours devant les représentants des États membres, vendredi 23 septembre, Mahmud Abbas a déclaré que l’Organisation de libération de la Palestine était « prête à retourner immédiatement à la table des négociations sur la base des termes de référence adoptés et fondés sur la légitimité internationale et une cessation complète des activités de colonisation », ce qui signifie que les négociations avec Israël devraient être sur la base des frontières de 1967 et d’un gel de la colonisation.

Lors de son allocution, le président de l’Autorité palestinienne a dénoncé la politique de colonies de peuplement d’Israël, affirmant qu’elle était « la principale cause de l’échec du processus de paix ». Ajoutant que « les activités de colonisation incarnent le cœur de la politique d’occupation militaire coloniale de la terre du peuple palestinien et de la brutalité de l’agression et de la discrimination raciale contre notre peuple que cette politique comporte », Mahmud Abbas a dénoncé l’occupation israélienne qui est dans « une course contre la montre pour retracer les frontières sur notre terre selon sa volonté et dans le but d’imposer un fait accompli sur le terrain ».

Selon lui, cette politique d’occupation « détruira les chances de réaliser une solution à deux États sur laquelle il y a un consensus international. (…) Cette politique de colonisation menace aussi de saper la structure de l’Autorité nationale palestinienne, et même de mettre fin à son existence », a-t-il ajouté.

Des mois de négociations en vue

Le Quatuor sur le Moyen-Orient (États-Unis, Russie, Nations Unies et Union européenne) a proposé que d’ici un mois, il y ait une réunion préparatoire entre les parties pour convenir d’un ordre du jour et d’une façon de procéder dans la négociation. A cette réunion, il souhaite que les Israéliens et les Palestiniens s’engagent à arriver à un accord d’ici la fin 2012.

Cependant, « nous parlons de semaines, pas de mois », a déclaré le président palestinien samedi aux journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion le ramenant de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. L’Autorité palestinienne a indiqué qu’en cas d’échec au Conseil, elle pourrait user de l’option d’un vote direct à l’Assemblée générale, où une majorité lui est déjà acquise. Cela pourrait lui conférer un statut intermédiaire amélioré d’« État observateur non membre », tandis que sont statut actuel est celui d’« entité observatrice ».

Céline Tabou


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