Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Libye sous le coup des lois islamiques

La charia pour remplacer le Livre vert

Céline Tabou / 26 octobre 2011

En septembre, le Conseil National de Transition a annoncé que la charia sera la base de toute loi dans le pays. Aujourd’hui, le CNT composé des anciens proches de Kadhafi a annoncé la libération du pays et la mise en place d’une nouvelle législation.

Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil avait déclaré en septembre qu’« en tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue ». Loi canonique de l’islam, la charia contient des prescriptions pour la vie quotidienne, la vie religieuse, politique, sociale et privée. Classées en cinq catégories : obligatoire, recommandée indifférente ou licite, blâmable et interdite, la charia pose problème en matière de diversité culturelle et religieuse et d’égalité entre les hommes et les femmes.

Libérée le 23 octobre, la Libye se verra dotée d’une législation basée sur la charia. À l’origine, la charia désigne les codes qui régissent la vie des croyants. « Littéralement, charia signifie la voix du Coran », traduit Malek Chebel, philosophe spécialiste de l’Islam au Parisien. Lorsqu’un gouvernement suit cette loi canonique, cela signifie qu’il adopte les lois qui se trouvent dans le Coran.
Face aux vives réactions, des Occidentaux, Moustapha Abdeljalil a affirmé lundi 24 octobre que les Libyens étaient des "musulmans modérés", cherchant à rassurer la communauté internationale sur l’application de la charia, la loi islamique, en Libye ». Ce dernier a souhaité que la communauté internationale « soit assurée du fait qu’en tant que Libyens, nous sommes musulmans, mais musulmans modérés ». Les règles de l’Islam « ne représentent aucun danger pour quelque parti politique ou faction que ce soit » a-t-il ajouté.

La question d’Al Qaïda est également un sujet sensible pour les Occidentaux, qui ont eu des retours sur la présence de certains membres de cette organisation dans les rangs des rebelles. En effet, depuis plusieurs années, le groupe terroriste, anciennement dirigé par Ben Laden, tente de reprendre la main dans le pays, alors que Mouammar Kadhafi les avait chassés.
Les islamistes d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamiste) et de ses ancêtres ont été très durement réprimés par Kadhafi, puis ont fait la paix avec lui, puis sont montés dans le train de la rébellion pour se venger de la répression ancienne, et « pour montrer l’exemple aux Libyens, afin que ces derniers les rejoignent quand ils auront compris qu’ils se sont fait rouler par les Occidentaux ». Lors de la révolte, des membres d’Al Qaïda auraient pénétré le camp des rebelles pour y imposer la loi islamique. Après la chute de l’ex-leader libyen, Ayman al-Zawahri, l’actuel chef d’Al-Qaïda a appelé le nouveau pouvoir libyen à fonder un état islamique.

Céline Tabou


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