Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Libye, vers un État islamiste

Céline Tabou / 14 septembre 2011

Dans un discours à Tripoli, ex-bastion du colonel Kadhafi, le chef des Autorités de transition, le CNT, Moustapha Abdeljalil, a affirmé que l’islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye, mais a rejeté toute « idéologie extrémiste ».

Le président du Conseil national de transition a défini, devant des milliers de Libyens réunis sur la Place des Martyrs, le cadre religieux de la Libye post-Kadhafi. « L’islam sera la principale source de la législation », a-t-il annoncé. « Nous n’accepterons aucune idéologie extrémiste de droite ou de gauche. Nous sommes un peuple musulman, à l’islam modéré, et nous allons continuer sur cette voie. (...) Vous serez avec nous contre toute personne qui chercherait à voler notre révolution », a-t-il ajouté.

Un nouvel État, une nouvelle Constitution

Première visite dans la capitale libyenne depuis le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, le 17 février dernier, le chef du CNT a qualifié la libération de Tripoli « de miracle qui s’est produit avec un minimum de pertes ». À l’heure actuelle, le CNT a établi un calendrier prévoyant la rédaction d’une nouvelle Constitution et la tenue d’élections dans un délai de 20 mois à partir du moment où la Libye sera déclarée « libérée », a indiqué “Reuters”.

La place de la femme dans la nouvelle République islamique libyenne risque de faire débat durant quelques années. D’autant plus que les Nations Unies ont pressé le gouvernement de transition à placer davantage de femmes à des postes clés et à donner plus de poids à l’égalité entre les sexes dans la future Constitution du pays, ont indiqué des responsables de l’ONU et des diplomates, cités par l’Agence France Presse. En effet, pour le moment, il n’y a qu’une femme sur les 13 membres du Conseil national de transition.

Pas tout à fait libre

La Libye n’est pas totalement libre pour l’instant. Des combats entre rebelles et pro-Kadhafi persistent dans plusieurs régions du Sud du pays, notamment dans les trois villes importantes de Bani Walid, Syrte et Sabha. De plus, Mouammar Kadhafi n’a toujours pas été trouvé et persiste à envoyer des messages tentant de déstabiliser le gouvernement de transition. L’ex-dirigeant a de nouveau appelé les Libyens à ne pas céder à la « colonisation » de leur pays. « Il n’y a rien d’autre à faire que de nous battre jusqu’à la victoire », a-t-il déclaré dans un message relayé par la télévision syrienne Arraï.

De son côté, le CNT estime que tant que Kadhafi sera en fuite, celui-ci sera toujours capable de motiver ses partisans et de les pousser vers une guerre de guérilla dont l’attaque contre la raffinerie près de Ras Lanouf pourrait être une première.

 Céline Tabou  



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  • C’est le résultat de Sarkozy en voulant réglant un compte personnel avec Kadahfi et son fils, qui l’avaient traité de fou et de clown, et s’accaparer les richesses libyennes dans une nouvelle croisade coloniale. On n’a jamais vu un Etat reconnaître et soutenir un coup d’Etat avec une telle facilité. Et en envoyant l’OTAN, la plus grande machine de guerre de tous les temps, écraser une "armée" quasi inexistante. En fait, l’OTAN a fait plus de victimes civils qu’autre chose. Faut pas se faire d’illusions, les Libyens ne l’oublieront pas : ils se rappelleront que l’OTAN a tué directement ou indirectement des africains et des libyens innocents (femmes, enfants, vieillards, civils), fait beaucoup de veuves et d ’orphelins. Fallait plutôt les laisser régler leurs problèmes entre eux et jouer les bons offices.

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