Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Palestine admise à la CPI

Journée historique pour le peuple palestinien

Céline Tabou / 9 janvier 2015

Les Palestiniens sont devenus officiellement membres de la Cour pénale internationale (CPI) le 7 janvier. Pour les Palestiniens, « accepter la Palestine à la CPI, c’est changer le rapport de forces en faveur de la justice, de la liberté, de la paix et du droit international ».

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Mahmoud Abbas à la tribune des Nations Unies. La Palestine vient d’adhérer à la Cour pénale internationale pour faire cesser l’impunité des colonialistes israéliens.

Cette demande d’adhésion, déposée le 2 janvier, a vivement été objectée par les États-Unis. Cependant, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a accepté la demande palestinienne. Cette décision va permettre aux Palestiniens de mettre Israël en accusation devant cette instance juridictionnelle compétente pour juger les crimes de guerre.

Décision “historique”

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué lors d’un point presse, que Ban Ki-moon a fait part de sa décision aux pays-membres de la CPI le 6 janvier dans la soirée, après « s’être assuré que les documents reçus étaient en ordre ». Pour les Palestiniens, cette décision est “historique”. Ils pourront par ce biais enquêter dès le 1er avril sur les allégations de crimes commis dans les territoires palestiniens.
« C’est un jour historique pour le peuple palestinien : c’en est fini pour toujours de l’impunité d’Israël », a déclaré le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat, à l’Agence France Presse. Pour ce dernier, « accepter la Palestine à la CPI, c’est changer le rapport de forces en faveur de la justice, de la liberté, de la paix et du droit international ». Il a d’ailleurs appelé « la communauté internationale à mettre fin à l’occupation et à faire en sorte que ceux qui ont commis des crimes contre les Palestiniens soient jugés ».
Quelques semaines plutôt, les autorités palestiniennes avaient soumise le 17 décembre un projet de résolution réclamant la fin, d’ici deux ans, de l’occupation israélienne devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte a été rejeté. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a alors demandé l’adhésion de son pays à la Cour Pénale Internationale.
Désormais membre de la CPI, la Palestine va prochainement présenter le projet de résolution pour la fin de l’occupation israélienne, au Conseil de sécurité de l’ONU. Cette fois-ci, la résolution pourrait être positive, en raison de la nouvelle composition du Conseil pour 2015, plus favorable aux Palestiniens.

Réaction vive des dirigeants israéliens

En réponse à la demande au Conseil de sécurité des autorités palestiniennes, les dirigeants israéliens ont gelé le versement de 106 millions d’euros de taxes collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne. Désormais, pour l’Etat hébreu, il s’agit d’une « déclaration de guerre diplomatique », promettant une riposte encore « plus dure et plus globale ».
Son allié historique, Washington, avait dénoncé la volonté palestinienne, la qualifiant d’« escalade contre-productive » qui « alourdit le climat » avec Israël. Au lendemain de l’annonce des Nations Unies, porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki, a indiqué que « les Etats-Unis ne croient pas que l’Etat palestinien corresponde à un Etat souverain et ne le reconnaissent pas comme tel, et ils ne le considèrent pas éligible pour accéder au Statut de Rome ».
Cette dernière a assuré que la demande d’adhésion de Palestiniens à la Cour Pénale Internationale (CPI) affirmant qu’elle serait un obstacle dans la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien. Les Républicains qui contrôlent le Congrès ont menacé de bloquer 440 millions de dollars d’aide destinés aux Palestiniens.


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