Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Palestine demande son adhésion à la CPI

Pour que les responsables des massacres de Gaza répondent de leurs actes devant la justice

Céline Tabou / 5 janvier 2015

Après le rejet du Conseil de sécurité de l’ONU, le 30 décembre 2014, de la motion palestinienne exigeant la fin de la colonisation et la création d’un Etat palestinien, les autorités palestiniennes ont demandé à adhérer à la Cour Pénale Internationale.

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Les bombardements de la population civile de Gaza ont tué plus de 1.000 personnes. L’adhésion de la Palestine à la CPI a pour but de juger les criminels israéliens qui pensent rester dans impunité.

L’Autorité palestinienne a présenté le 2 janvier 2015 aux Nations unies une lettre officielle de demande d’adhésion de la Palestine à la CPI (Cour pénale internationale), lui permettant de faire juger des dirigeants israéliens pour crimes de guerre à Gaza ou dans les territoires occupés.

Poursuivre des dirigeants israéliens

La demande d’adhésion à la Cour pénale internationale est entre les mains du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui doit avertir les Etats-membres de la CPI de cette demande au cours des soixante prochains jours. Avant de présenter cette lettre, l’Autorité palestinienne a rapidement ratifié le statut de Rome, régissant les règles de la Cour Pénale Internationale.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a également signé, le 31 décembre, 20 conventions portant notamment sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, les armes à sous-munitions, la protection des personnes et d’autres domaines pouvant être utilisés contre des responsables israéliens.
En adhérant à la CPI, les Palestiniens pourront engager des actions légales contre des dirigeants israéliens pour leur conduite lors des guerres, comme celle de juillet/août à Gaza, où les frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait plus de 1.364 victimes palestiniennes et plus de 7.300 blessés. L’Autorité palestinienne pourra également porter plainte contre la colonisation, comme à Jérusalem-Est, où la construction de 1.000 logements a été annoncée en novembre 2014 par Israël.
En novembre 2012, la Palestine a été élevée au statut d’Etat observateur non membre de l’Organisation des Nations unies, ce qui devrait lui permettre d’adhérer à la CPI. Une situation inacceptable pour les Israéliens et les Américains.

Colère des Israéliens

Le 1er janvier, le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou a demandé à la CPI de rejeter cette « demande hypocrite faite par l’Autorité palestinienne, qui n’est pas un Etat, mais une entité liée à une organisation terroriste, le Hamas, auteur de crimes de guerre ».
De son côté, le département d’Etat américain a dénoncé une escalade « totalement contre-productive » qui « ne fait rien pour les aspirations du peuple palestinien », mais « alourdit sérieusement le climat » avec les Israéliens.
Benyamin Netanyahu est revenu sur la demande palestinienne lors du Conseil des ministres de ce dimanche 4 janvier. Ce dernier a assuré que « nous ne permettrons pas que les soldats et les officiers de Tsahal soient traînés devant le tribunal de La Haye ».
Le chef du gouvernement israélien a lancé de nouvelles menaces : « L’Autorité palestinienne a décidé de se confronter à l’Etat d’Israël et nous ne resterons pas les bras croisés », ajoutant que « ceux qui doivent être poursuivis sont les dirigeants de l’Autorité palestinienne qui ont fait une alliance avec les criminels de guerre du Hamas ».


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