Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Syrie toujours en ébullition

Céline Tabou / 31 mars 2011

Devant le Parlement, le président syrien, Bachar Al-Assad, n’est pas revenu sur l’éventuelle levée de l’état d’urgence promise alors que les manifestants continuent de protester contre le régime.

Selon le président, la Syrie traverse « un moment exceptionnel qui apparaît comme un test de notre unité ». Applaudi par ses militants et sympathisants, Bachar Al-Assad a été accueilli par les ovations des députés, qui ont scandé « par notre sang, par notre âme, nous nous sacrifierons pour toi Bachar ». En référence à ses voisins arabes, il a tenu à affirmer que la Syrie n’était pas « une copie des autres pays ».

Aucune promesse, aucun changement

Lors de ce discours, le président a accusé une « minorité », venue de Deera, de tenter de semer le chaos dans le pays. Attendu par le peuple sur l’état d’urgence établi depuis 1963, Bachar Al-Assad n’a pas annoncé de réforme concrète contrairement à ce qui avait été annoncé. Le chef de l’État a toutefois promis de renforcer la lutte contre la corruption. Selon Transparency International, la Syrie est classée au 127ème rang sur les 178 États étudiés par cette ONG.
Après la démission du gouvernement mardi 29 mars, il a affirmé que le chômage serait une « priorité » de la prochaine équipe au pouvoir. « Nous sommes totalement favorables à des réformes. C’est le devoir de l’État. Mais nous ne sommes pas favorables à des dissensions », a-t-il précisé, selon l’Agence France Presse.

Les opposants demandent des réformes

À Deraa, épicentre de la contestation, des milliers de manifestants ont participé mercredi 30 mars aux funérailles de Khalil Zatima, 17 ans, décédé dans la nuit de mardi à mercredi lors des affrontements. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le cimetière en scandant : « Plutôt la mort que la soumission », selon “Le Figaro”. À Lattaquié, des contestataires ont participé à un meeting avec une banderole : “Non à la dissension, oui à la paix et à la liberté”.
Le mouvement de contestation déclenché le 15 mars à l’appel de pages Facebook dont l’une intitulée “Révolution syrienne 2011”, a appelé à des mobilisations, vendredi 1er avril dans tout le pays, afin de rendre hommage aux « martyrs » et surtout appuyer les revendications des opposants au régime, qui demandent la démocratie.

Céline Tabou


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