Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le règlement des conflits à l’ordre du jour du sommet de l’U.A.

Union africaine

Témoignages.re / 26 janvier 2013

Les dirigeants africains ont commencé à arriver ce vendredi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, où ils participeront lundi au sommet de l’Union africaine (UA) qui devrait se pencher sur la reprise des conflits en République centrafricaine (RCA), dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), au Mali, en Somalie, mais aussi au Soudan et au Soudan du Sud.
Le sommet devrait prendre des mesures décisives pour résoudre les conflits, mais aussi pour empêcher ceux susceptibles de se déclencher, dans un contexte de critiques de plus en plus nombreuses de l’inertie des leaders du continent.

"L’Afrique doit penser à la prévention des conflits", selon Jean Bosco Butera, directeur du Programme Afrique à l’Université de la Paix.
"Ils doivent commencer à identifier les zones de conflit potentiel, notamment là où les violations des droits de l’Homme sont un problème", a-t-il ajouté.
Les experts estiment que les élections contestées, les violations des droits de l’Homme et les modifications illégales de la Constitution pour supprimer les limites de mandat pour les dirigeants sortant ont rendu encore plus difficile une conquête pacifique du pouvoir pour les opposants. 
"L’Union africaine est énormément préoccupée par la tendance à recourir à la rébellion armée. Nous condamnons ces méthodes et pensons que l’usage des armes ne doit pas être un moyen pour régler ses revendications. Il y a des espaces où on peut poser ses revendications politiques", a estimé El Ghassi Wane, directeur de la Paix et la Sécurité à la Commission de l’UA.
Parmi les sujets à l’ordre du jour du sommet, figurent le déploiement de la Force internationale neutre (INF) pour régler la crise dans l’Est de la RDC, le renforcement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine et le sort de la Mission de l’UA en Somalie (AMISOM).

Fermeté et impartialité

Les experts insistent sur le fait que le problème de l’Afrique pour régler ces conflits n’est pas seulement le manque de ressources pour envisager des opérations militaires complexes, mais également la nécessité de renforcer les capacités du continent en matière de maintien de la paix.
Ils pensent aussi qu’il est important pour les leaders de se montrer fermes et impartiaux en traitant des conflits qui exigent un leadership et des qualités d’homme d’Etat afin de suivre scrupuleusement la mise en oeuvre des actions convenues, quasiment telles que stipulées par l’organisation continentale.
M. Wane a reconnu que le suivi de la mise en oeuvre des actions convenues connaissait également des difficultés. 
"Nous sommes confrontés à des défis politiques. Ils freinent la mise en application des décisions de l’UA pour parvenir à la synergie coordonnée requise. Mais nous pensons que l’Afrique joue son rôle face aux situations de conflit", a-t-il dit. 
L’UA s’attelle au lancement de sa force militaire en attente, censée prendre en charge les défis politiques et sociaux qui pourraient dégénérer en crise militaire ainsi que les catastrophes naturelles liées au changement climatique.
Ce plan est partie intégrante de l’Architecture de paix et de sécurité en Afrique, qui a vu la création du Conseil de paix et de sécurité composé de 15 membres, qui s’est notamment illustré à l’occasion des conflits et des prises de pouvoir militaire.

Pour le respect du suffrage universel

Pour M. Butera, les informations et la recherche sont essentielles pour faire face aux défis liés à la paix et la sécurité, mais aussi l’application des politiques convenues pour résoudre les conflits.
"Nous avons la Charte africaine et différents accords communs de défense et de sécurité. Le principal défi est comment mieux les appliquer et comment mieux utiliser les ressources disponibles", a-t-il souligné.
Pour sa part, Désiré Assogbavi, responsable d’Oxfam International à Addis-Abeba, estime que les efforts pour prévenir les conflits doivent être subordonnés à la tenue d’élections crédibles et au rôle que les observateurs électoraux joueront face à ces conflits.
"Dans certains cas il n’est pas aisé de condamner un putsch quand des violations des droits de l’Homme sont enregistrées et les élections truquées en faveur de ceux qui sont au pouvoir et que les blocs économiques régionaux les acceptent", a dit M. Assogbavi.


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