Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les bombardements de la population par l’OTAN : des « frappes ciblées » sans « dommages collatéraux »

Lexique de la guerre en Libye — 3 —

Témoignages.re / 30 juillet 2011

Après la présentation des "alliés" et de la "communauté internationale", voici comment sont décrites les opérations de destruction de la Libye par les bombardiers de l’OTAN. Eclairage du site Acrimed (www.acrimed.org) sous la signature de Julien Salingue (avec Henri Maler).

« Frappes »

Désigne les bombardements effectués par « les alliés » : en effet, les « alliés » ne bombardent pas, ils « frappent ». Ils « frappent » la Libye, comme d’autres “frappent” à la porte, “frappent” un ballon de football ou se “frappent” dans les mains. On parle pourtant bien de centaines de missiles. Mais chacun avouera que le terme « frappes » n’est pas aussi négativement connoté que le mot « bombardements » :
« Libye. Les frappes militaires devraient baisser d’intensité, selon les USA » (titre glané sur le site internet de “Ouest France”, 22 mars) ; « Libye : frappes françaises en suspens » (titre d’une dépêche AFP, 21 mars) ; « Le pétrole recule légèrement, malgré la poursuite des frappes en Libye  » (site du “Parisien”, 22 mars) ; etc.

Quant à Kadhafi et ses forces armées, ils ne « frappent » pas, ils « pilonnent » :
« Kadhafi pilonne la population civile » (site de France info, 16 mars) ; « Libye : les pro-Kadhafi pilonnent Zenten » (titre d’une dépêche AFP, 19 mars) ; « Les forces pro-Kadhafi […] ont notamment pilonné la ville pétrolière de Ras Lanouf » (“Libération”, 11 mars) ; etc.
Ce Kadhafi ne respecte décidément rien. Il aurait pu se contenter d’opérer, comme les « alliés », des « frappes ». Des « frappes », dont on nous assure qu’elles sont « ciblées ».


« Ciblées »

Dans le langage militaromédiatique, qualifie les « frappes », de préférence à « chirurgicales ». Les « frappes chirurgicales » ont eu leur heure de gloire, chacun comprenant alors que les bombardements étaient effectués avec la précision de chirurgiens qui tentent de sauver des vies, et non d’en prendre. Mais la ficelle était peut-être un peu grosse. Désormais, les frappes sont « ciblées » :
« Paris envisagerait des frappes ciblées en Libye » (titre d’une dépêche Reuters, 19 mars) ; « Les frappes aériennes ciblées contre les troupes du colonel Kadhafi vont-elles suffire à le chasser du pouvoir ? » (question posée par “le Télégramme”, 22 mars) ; variation sur un même thème avec le site TF1 news : « En Libye, les opérations ciblées de la coalition semblent donner de l’air aux insurgés de Benghazi » (22 mars) ; etc.
On l’aura donc compris : les « frappes » sont « ciblées ». Les journalistes qui reprennent complaisamment cette expression se sont-ils demandé ce que seraient des « frappes non-ciblées » ? On shoote au hasard ? On déverse des bombes au petit bonheur la chance ? Que l’on soit dans un chasseur, un hélicoptère de combat, un navire de guerre ou un char d’assaut, avant de tirer, on vise. Une cible. Le problème n’est pas de savoir s’il y a une cible, mais quelle est la cible. Dire d’une « frappe » qu’elle est « ciblée » est un artifice rhétorique qui tente de relativiser le caractère intrinsèquement violent d’un bombardement. Et de parler, en cas d’erreur sur la cible, de « dommages collatéraux ».


« Dommages collatéraux »

Dans le langage militaro-médiatique, désigne (avec « bavures ») les victimes civiles des « frappes », laissant ainsi entendre que si les guerres font des victimes — du moins quand « nos » soldats y prennent part —, c’est toujours par accident. Et que c’est bien « dommage ». Ce triste euphémisme, typiquement militaire, est toujours utilisé par certains journalistes, sans aucune distance critique, et sans guillemet :
« Par ailleurs, il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française. Certains objectifs n’ont pas été visés en raison de risques de dommages collatéraux , a précisé l’état-major français » (site de “France-soir”, 22 mars) ; « Libye : les dommages collatéraux évités » (titre d’une dépêche sur le site d’Europe 1, 22 mars) ; « Il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française » (site de “20 minutes”, 22 mars) ; etc.
Ce n’est pas nouveau : Sur les « frappes », « dommages collatéraux », « bavures » et autres « incidents », voir notamment ici même le lexique de la guerre en Afghanistan (1) et les mots de la guerre contre l’Irak (2).
Quant aux « forces ennemies », elles ne font jamais de « dommages collatéraux », puisqu’il va de soi que, toujours et partout, elles « prennent délibérément pour cible des civils désarmés ». Ce que fait, bien évidemment, l’armée « kadhafiste ».

(À suivre)

(1) http://www.acrimed.org/article684.html
(2) http://www.acrimed.org/article992.html



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Messages






  • la guerre, la guerre et encore la guerre, que ces gens qui ne cherchent qu’à faire la guerre se mettent une seconde dans la peau des pauvres victimes innocentes comme les civils vieux ou jeunes ; franchement quand je pense à ces familles dispersées -les hommes étant à la guerre- les femmes et enfants sans père à la maison bien évidemment livrés à eux-mêmes donc une société handicapée mentale dirai-je si je puis m’exprimer ainsi , à long terme, ; et si l’on mettait leurs enfants, leurs femmes à la place de ceux-là , eh bien là c’est sûr et certain les guerres dans le monde cesseraient immédiatement, je mettrai mes mains à couper, mais non ce n’est pas de leur race ces pauvres gens-là donc ils pratiquent de la même façon qu’Hitler le diable en personne, moi je les méprise au plus haut point ces morts-vivants, ces coeurs de pierre non ils n’ont pas de coeur ces fantômes de minuit, qui dirigent le monde en ayant comme maître le diable car l’argent et l’argent seul les dirige sans compter le sexe, le sexe et l’argent sont les nerfs de la guerre, je l’ai déjà dit et je le répèterai, je m’énerve, à force d’entendre que des pauvres gens vivent un cauchemar permanent jour et nuit car bombardés comme des lapins pris au piège, le monde ne peut rien pour eux, mais moi j’essaie à ma manière de les sauver , je ne les connais pas du tout n’ayant jamais été sur leur sol mais avant tout chaque être humain est venu sur cette terre de dieu pour y vivre heureux et libre, où est donc leur vie, au milieu de ces guerres, des générations sont nées dans ces guerres et hélas cette vie-là , tumultueuse, scandaleuse, soit-il , leur semble peut-être normale, eux qui n’ont jamais connu la paix mais tout de même
    au nom de quel dieu , a t-on le droit d’enlever des vies humaines de cette manière - là ou d’une autre de toutes façons ? je suis révoltée, je ne pourrais jamais vivre en paix sachant que quelque part par ci ou par là, des innocents paient de leur vie ; ces criminels doivent être lourdement sanctionnés, ah ces maudits de la terre qui font tourner le monde dans le mauvais sens, mais la roue finit un jour par tourner, et s’il faut aider qui que ce soit, à le faire tourner enfin dans le bon sens, je suis prête à tout, oui je dis bien je suis prête à tout, dommage je ne suis pas un homme et si je l’étais je me ferai engagée dans l’armée ou quelque chose comme ça afin de faire de mon mieux et non restée devant cet écran entrain d’écrire ; écrire c’est bien mais réagir c’est nettement mieux ; il y a pas photo ; c’est une évidence, alors si vous le voulez ; hommes de bonne volonté, donnons-nous la main afin de venir en aide d’une manière ou d’une autre à ces peuples bafoués au plus profond de leur âme ; quel triste sort, pourvu que ça change vite ; que pouvez-vous faire vous ? posez - vous cette question et y apporter une solution rapide c’est le mieux que l’on puisse faire, n’est-ce pas ?

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