Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les femmes pourront voter dès 2015

Arabie saoudite

Céline Tabou / 27 septembre 2011

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a donné, dimanche 25 septembre, le droit de vote aux femmes aux prochaines élections municipales de 2015. Cette première historique apporte un vent de victoire aux femmes.

Monarchie absolue contrôlée par la famille Saoud, l’Arabie saoudite est dictée par une Constitution, fondée sur le Coran et la Sunna, selon la compréhension des compagnons de Mahomet. Aucune manifestation ou culte d’une autre religion n’est accepté, et ceux qui expriment à ce titre une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort (Source : Wikipédia).

Un royaume ultraconservateur

Cependant, depuis son accession au trône en 2005, le roi Abdallah avait pris des mesures pour améliorer le statut des femmes, notamment en nommant, par exemple, Noura al-Fayez vice-ministre de l’Éducation en 2009. Soumises à de nombreuses restrictions, les Saoudiennes doivent sortir voilées et n’ont pas le droit de conduire une voiture ou de voyager sans l’autorisation d’un tuteur. Cette année, les femmes ne pourront pas participer au second scrutin municipal de l’histoire du pays, qui doit se tenir jeudi 29 septembre.

Toutefois, « à partir du prochain mandat, les femmes auront le droit de se présenter aux Conseils municipaux comme elles jouiront du droit de vote dans le cadre des principes de l’islam », a déclaré le souverain à l’ouverture de la nouvelle session du Majlis al-Choura, à Ryad. « Nous avons également décidé que les femmes pourront participer au Majlis al-Choura en tant que membres, à compter du prochain mandat », a ajouté le roi Abdallah. Ce dernier s’est élevé contre « la marginalisation » des femmes et a prôné « une modernisation équilibrée » de la société saoudienne. Le Majlis al-Choura avait, quant à lui, recommandé d’autoriser les femmes à voter, mais à ne pas se présenter, lors du scrutin prévu en 2015.

Un leg de l’Histoire

En annonçant le droit de vote aux femmes, le roi Abdallah est entré dans l’histoire du pays. Roi réformateur, il tente de moderniser prudemment une société ultraconservatrice en décidant notamment la représentation des femmes au Majlis al-Choura composé de 150 membres désignés par les autorités. Cette assemblée consultative n’a aucun pouvoir législatif et n’exerce aucun contrôle sur l’exécutif, mais reste un organe mis en place par le pouvoir central.

« C’est une décision historique », a déclaré à l’“Agence France Presse” Manal al-Chérif, une jeune militante saoudienne devenue l’icône des mouvements féministes après avoir été détenue pendant dix jours en mai 2011 pour avoir pris le volant de sa voiture et diffusé sur YouTube une vidéo la montrant au volant.

Des militantes des droits de l’Homme réclament depuis plusieurs années le droit de vote pour les femmes dans le royaume dont les lois s’inspirent d’une « version rigoriste » de l’islam.
Souheila Zein al-Abidine, une autre activiste et militante des droits de l’Homme, a indiqué à l’“AFP” que « le roi est un homme de réforme et cette décision était attendue depuis longtemps ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com