Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les insurgés tentent de conquérir le pays

Guerre civile en Libye

Céline Tabou / 7 mars 2011

20 jours après le début de la révolte populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi, l’opposition est parvenue à contrôler l’ouest du pays, et tente aujourd’hui de conquérir l’est. Face à elle, les forces de sécurité du colonel lancent une offensive tuant une dizaine de personnes.

À Benghazi, fief du nouveau gouvernement libyen mis en place par l’opposition, le colonel Lamine Abdelwahab, membre du Conseil militaire formé par les insurgés, a fait état d’une prise de contact avec la tribu Gaddafda, dont est originaire Mouammar Kadhafi, à Syrte.

Des affrontements dans tout le pays

À l’est de Syrte, des heurts entre insurgés et pro-Kadhafi ont éclaté, faisant quatorze blessés, amenés à l’hôpital, a précisé un journaliste de l’Agence France Presse. Les forces du colonel Kadhafi ont également mené une contre-offensive contre les opposants au régime, en les bombardant lors de leur progression le long de la côte méditerranéenne vers Syrte a indiqué l’AFP.
En parallèle, de nombreuses confrontations ont eu lieu dans le pays, notamment à Ras Lanouf et Misrata. En effet, un second raid aérien a été lancé par les forces alliées de Kadhafi sur la ville pétrolière stratégique de Ras Lanouf, dans l’Est, dimanche 6 mars. Tandis qu’à Misrata, à 150 kilomètres à l’est de Tripoli, les soldats de Kadhafi ont mené une violente offensive à l’arme contre les insurgés qui tentent de reprendre la ville aux forces du colonel.
Les opposants sur le terrain ont affirmé qu’ils ne cessaient d’avancer vers l’ouest, et ont annoncé qu’ils s’étaient emparés de Bin Djaouad, Nofilia et Ras Lanouf vendredi 4 mars. Dans la capitale libyenne, Tripoli, le reporter de l’AFP, Antoine Lambroschini a décrit des scènes de tirs de joie dans le centre-ville, des voitures klaxonnaient, et des drapeaux étaient accrochés aux rebords des fenêtres. Un soldat lui a alors expliqué « nous tirons en l’air parce que nous avons vaincu Al-Qaida ».

Guerre de l’information

Dans la guerre de communication entre l’opposition et Mouammar Kadhafi, ce dernier est apparu à la télévision pour expliquer qu’il était le seul à pouvoir lutter contre Al Qaida, désigné responsable du soulèvement dans le pays. Le colonel Kadhafi s’est également déclaré favorable à l’envoi d’une commission d’enquête « des Nations unies ou de l’Union africaine » pour évaluer la situation. Il a également brandi les spectres de l’immigration massive en Europe et d’Al-Qaïda. De son côté, l’opposition a annoncé la création du Conseil national libyen.
Le Conseil national a été mis en place par les représentants de l’insurrection en Libye s’est déclaré samedi « le seul représentant de la Libye », à l’issue de sa première réunion à Benghazi, a annoncé son président, l’ex-ministre de la Justice Moustapha Abdeljalil. Le communiqué de presse lu par ce dernier lors d’une conférence de presse a indiqué que le Conseil considérait toutes les délégations diplomatiques à l’étranger ralliées à la révolte comme ses « représentants légitimes ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com