Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les tractations persistent sur une intervention en Syrie

En attendant le rapport de l’ONU

Céline Tabou / 10 septembre 2013

Des doutes persistent sur l’utilisation d’armes chimiques par Damas, tous les dirigeants attendent le rapport de l’ONU d’ici la fin de la semaine. En attendant, Barack Obama et François Hollande tentent de convaincre du bien-fondé d’une intervention militaire en Syrie, faisan fi du droit international, ont dénoncé certains observateurs.

Cette semaine, le président américain, Barack Obama, devra convaincre le Congrès du bien-fondé d’une intervention en Syrie. Mais les avis divergent autour de l’utilisation d’armes chimiques le 21 août par les autorités syriennes.

De son côté, François Hollande est contraint d’attendre le vote du Congrès américain et la remise du "rapport des inspecteurs" de l’ONU à la fin de la semaine.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, a quant à lui annoncé à l’“Agence France Presse” que le gouvernement est en train de mobiliser ses alliés russes et iraniens, entre autres, pour faire face à l’intervention militaire des États-Unis et de la France. Le ministre a d’ailleurs affirmé que « le gouvernement syrien ne changera pas de position même s’il y a une Troisième Guerre mondiale. Aucun Syrien ne peut sacrifier l’indépendance de son pays ».

Selon l’agence de presse russe “Ria Novosti”, seuls « 5 des 28 pays membres de l’UE ont officiellement soutenu les plans d’intervention des USA sans le mandat de l’ONU ». L’agence a pointé du doigt le dernier sondage Ipsos, indiquant que 64% des Français s’opposent à l’invasion syrienne et 68% estiment que la participation de l’armée française aux bombardements en Syrie est inadmissible, même si une coalition anti-syrienne était formée sous l’égide américaine.

Utilisation d’armes chimiques : le doute plane

Le Président Bachar Al-Assad a « nié avoir quelque chose à voir dans cette attaque » chimique, a rapporté dimanche le journaliste de “CBS” qui l’a interviewé à Damas. Ce dernier a indiqué qu’il « n’y a pas de preuve que j’ai utilisé des armes chimiques contre mon peuple » . Une déclaration immédiatement réfutée par le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, qui a répondu que « les preuves parlaient d’elles-mêmes ».

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une rencontre avec son homologue syrien Walid Mouallem le 9 septembre, l’attaque à l’arme chimique est une « mise en scène fabriquée ».

Ce dernier a expliqué qu’ « il y a des évaluations professionnelles faites par la membre de la Commission d’enquête de l’ONU Carla del Ponte. Elle possède des informations sur l’utilisation d’armes de substances chimiques et toxiques par des rebelles. En outre, Mère Agnès Marie de la Croix-Rouge a récemment accordé une importante interview sur les événements ayant précédé le 21 août et sur ce qui se passe dans les régions chrétiennes de la Syrie. Il y a, finalement, des faits qui concernent les événements du 21 août et qui prouvent, selon notre point de vue, que c’est une mise en scène fabriquée ».

Pour la plupart des États d’Europe, le rapport des Nations unies est vivement attendu, il s’agit pour les dirigeants européens d’une « étape essentielle, susceptible de confirmer de manière indépendante les accusations d’attaques aux gaz toxiques ».

Malgré les tractations, les doutes et les avis contraires, le Pentagone se préparerait à des frappes plus longues et plus intenses que prévu, c’est-à-dire trois jours, a relaté la presse américaine.

Céline Tabou


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