Moyen-Orient et Afrique du Nord

Oeil pour oeil entre Israéliens et Palestiniens

Céline Tabou / 3 juillet 2014

Le 14 juin, les corps de trois jeunes israéliens sont retrouvés en Cisjordanie occupée, suscitant une vive émotion, mais aussi des actes de représailles contre les Palestiniens, considérés proches du Hamas. Un jeune homme palestinien a été assassiné, ce 2 juillet.

Ces incidents surviennent quelques semaines après l’annonce du président Mahmoud Abbas d’une coalition avec le Hamas, en vue de créer un gouvernement de consensus. Une alliance dénoncée par les autorités israéliennes qui avaient assuré de représailles contre le Hamas.

Emotion après le meurtre de trois jeunes

Le 12 juin, trois jeunes Israéliens ont disparus en Cisjordanie occupée, pour être retrouvés morts lundi 14 juin, entrainant une vive émotion dans la communauté. Le vice-ministre israélien de la Défense, Danny Danon, a accusé le Hamas de les avoir assassinés. Ce dernier avait promit « d’éradiquer » le mouvement islamiste palestinien.
Dans un communiqué de presse, Danny Danon a évoqué son « immense tristesse à la nouvelle des meurtres de Naftali Frankel, Gilad Shaer et Eyal Yifrah par des terroristes du Hamas », assurant que « les Israéliens ont la volonté et la détermination nécessaires pour endurer les épreuves d’une longue opération visant à éradiquer le Hamas ».
Les « recherches intensives » ont eu lieu dans une zone située au nord-ouest de la ville palestinienne d’Hébron, au nord de la colonie de Telem, dans le sud de la Cisjordanie, selon un communiqué de l’armée israélienne, retransmis par l’Agence France Presse.
Cette dernière a évoqué « un large contingent de forces israéliennes était déployé dans la soirée dans la région de la localité palestinienne de Haloul, au nord d’Hébron ». Epicentre des recherches, où l’armée israélienne a tué cinq Palestiniens et près de 400 Palestiniens ont été arrêtés.

Le Hamas à « éradiquer »

Le gouvernement israélien a dévoilé, quelques jours après la découverte des corps, les identités des deux principaux suspects du rapt qui seraient affiliés au mouvement islamiste Hamas. Un porte-parole du Hamas à Gaza, territoire sous contrôle sécuritaire du mouvement islamiste, a rejeté les accusations.
De son côté, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu a exigé à plusieurs reprises du président palestinien Mahmoud Abbas « qu’il mette fin à l’accord avec le Hamas, une organisation terroriste qui enlève des jeunes et appelle à la destruction de l’Etat d’Israël ».
En effet, le 23 avril, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Mahmoud Abbas, a signé un accord de réconciliation avec le Hamas, permettant la création le 2 juin d’un gouvernement de consensus. Cette alliance, rejetée en bloc par Benjamin Netanyahu, a de nouveau été mise sur la table, après la mort des trois jeunes israéliens.
Un moyen pour le gouvernement israélien de faire pression sur Mahmoud Abbas, afin qu’il mette fin à cette alliance. Tel Aviv a déjà accusé le Hamas d’être responsable du rapt, n’a de cesse de fustiger cette alliance.
Cependant, le président palestinien a condamné l’enlèvement, qui pour lui n’a pas été revendiqué. Mahmoud Abbas a accusé, le 18 juin, les ravisseurs de vouloir « détruire les Palestiniens ».

Les incidents s’enchainent

L’enlèvement et le meurtre de l’adolescent palestinien était en représailles au meurtre de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie. Mahmoud Abbas a rejeté la responsabilité de l’attaque sur Israël. Il a condamné le Premier ministre, Benjamin Netanyahu. Mohammad Abou Khdeir, âgé de 16 ans, a été kidnappé dans le quartier de Chouafat, à Jérusalem-Est occupé et annexé, et son corps a été découvert plusieurs heures plus tard, « portant des marques de violences ».
Au même moment, l’armée israélienne a continué à traquer les personnes qui ont assassiné les trois jeunes, précisant l’arrestation de 42 Palestiniens dans la nuit de mardi à mercredi. En parallèle, l’armée a démoli la maison d’un membre du Hamas, accusé d’implication dans le meurtre d’un policier israélien en Cisjordanie le 14 avril, selon l’AFP.
Face à l’enchainement des violences, plusieurs médias tirent la sonnette d’alarme contre un cycle d’actes de vengeance en Israël et dans les Territoires palestiniens. D’autant plus que de violents affrontement ont éclaté à Chouafat entre jeunes Palestiniens lançant des pierres et des cocktails Molotov et des policiers israéliens tirant des balles en caoutchouc.
Mahmoud Abbas a sommé Benjamin Netanyahu de « condamner l’enlèvement et le meurtre » et pressé Israël de « prendre des mesures concrètes pour arrêter les attaques de colons et le chaos qui résulte de ces agressions ». Un appel entendu, car le Premier ministre israélien a condamné « ce crime abominable » et donné l’ordre au ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, de participer à le recherche des auteurs de ce crime. Le Premier ministre a, de plus, appelé à « ne pas se faire justice soi-même », assurant qu’"Israël était un Etat de droit ».

Céline Tabou


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