Moyen-Orient et Afrique du Nord

« Palestine vivra, Palestine vaincra »

Les interventions du rassemblement

Céline Tabou / 4 août 2014

Citoyens, membres d’association, de syndicat et de partis politique ont répondu présent à l’appel du collectif « Nout tout’anamb pour la paix en Palestine », afin de dénoncer les attaques de l’armée israélienne sur des civils et de demander au chef de l’Etat d’intervenir pour faire cesser ce massacre.

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Daniella Maillot, présidente du Collectif Réunionnais Palestine Solidarité.

Durant deux heures, une multitude d’intervenants ont fait part de l’indignation face au « massacre programmé et proclamé » par l’armée israélienne, comme l’a définit Nassimah Dindar, présidente du Conseil Général. La foule réunie a par moment scandé « "Palestine vivra, Palestine vaincra ». Un appel lancé par les Réunionnais ce dimanche 3 août.

La « complicité » des occidentaux

En tant que porte parole du collectif, Dominique Rivière (LDH) a présidé cet évènement et évoqué le « refus de tout amalgame entre la population civile et le gouvernement » israélien, mais aussi sur l’utilisation des mots en « isme » qui « peuvent apparaitre comme une insulte ». Les bases de la rencontre établie, les interventions ont démarré mettant en avant « l’unité nécessaire pour le droit des Palestiniens », comme l’a indiqué Dominique Rivière.
De son côté, Daniella Maillot, présidente du Collectif Réunionnais Palestine Solidarité, a exigé « la paix, mais pas par la force », par « une volonté ». « Un pas vers l’autre » a indiqué cette dernière qui pointe du doigt la responsabilité et la position de l’Etat français dans le conflit.
« La résistance se bat pour sauver son peuple » a-t-elle expliqué, assurant : « on ne parle pas à la place du peuple palestinien » mais « on a le devoir de manifester notre indignation » face à un « gouvernement complice », a expliqué la jeune femme. S’insurgeant contre « les mensonges de l’Etat français », Danielle Maillot a assuré qu’il y a « un problème ici, les Palestiniens appellent le monde depuis 70 ans ».

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Houssen Amode, président de l’Association musulmane de La Réunion.

Et depuis, peu d’Etats ont pris parti pour la Palestine, les récents évènements le prouvent encore une fois. Seuls les pays d’Amérique latine ont dénoncé cette fois-ci « le génocide » organisé par Israël à Gaza. De nombreuses accusations ont été portées contre l’Etat français et les pays occidentaux, jugés pour leur « complicité passive » en laissant « une injustice criante » se perpétrer. Les Nations Unies ont également été pointé du doigt, par René-Louis Pestel, adjoint à la mairie de Saint-Denis, qui a demandé « que font les Nations unies, qui possèdent un Conseil de sécurité », dont les principaux pays ont un droit de veto, pouvant ainsi intervenir en Israël.

« Crime de guerre »

Tous ont dénoncé « le crime de guerre » qui se joue dans la bande de Gaza contre les civils palestiniens. A l’écriture de cet article, la guerre a fait 1.766 morts et 9.320 blessés côté palestinien. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués. Un terrorisme d’Etat orchestré par un Etat qui « reproduit les exterminations contre un peuple », a expliqué Ghislaine Bessière (Rasine Kaf), en référence aux « exterminations subies par les juifs » lors de la 2nde Guerre Mondiale.
Pour certains intervenants, Israël « tue et affaiblit tout un peuple, enfermé dans une vaste prison ». En effet, « sur 340 km², ce qui représente la surface du Port, Saint-Paul et Saint-Denis, et sur cette étroite bande, il y 1,8 million de Palestiniens », a expliqué le sénateur Paul Vergès. « Enfermés » dans la bande de Gaza depuis le blocus de 2006, « les Palestiniens subissent une histoire tragique d’un peuple qui souffre dans sa chaire et son entité », a indiqué Houssen Amode.
Avec « un occupant d’un côté et un occupé de l’autre », l’ensemble des participants ont condamné les massacres de civils à Gaza et ont exigé la fin de l’offensive israélienne, la poursuite d’Israël devant la justice internationale et « des mesures immédiates pour une paix définitive » a évoqué pour sa part l’Evêque de La Réunion, Monseigneur Aubry. « La souffrance des palestiniens devient notre souffrance. On est tous des Palestiniens » a conclu l’Evêque.

Céline Tabou

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Une délégation du PCR était présente, dont plusieurs dirigeants sur cette photo : les secrétaires généraux Maurice Gironcel, Ary Yée Chong Tchi Kan, Ginette Sinapin et Camille Dieudonné, Paul Vergès, Elie Hoarau et Gélita Hoarau.

Face à l’horreur, des solutions


Face à l’émotion suscitée par les images diffusées sur les réseaux sociaux mais également dans les médias, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le massacre mais aussi apporter des solutions. De nombreux intervenants ont souhaité la traduction en justice d’Israël, pour les crimes orchestré dans la bande de Gaza contre des civils. De son côté, Nassimah Dindar a proposé l’envoi des Casques bleus dans la bande de Gaza pour faire cesser « ce génocide froid, prémédité et calculé », comme l’a qualifié l’un des représentants du G21. Les Nations Unies sont « intervenues au Mali, en Syrie », raison pour laquelle « alors nous allons laisser la France ne pas demander une intervention des Casques bleus en Palestine, alors que des enfants sont tués. Il faut que s’arrêt le message », a assuré la présidente du Conseil Général.
De son côté, Paul Vergès a rappelé la venue de François Hollande à La Réunion, dans 15 jours et suggéré « que les organisateurs fassent une déclaration ferme et que tous ceux qui se réclament à La Réunion de traduire la volonté populaire, tous les élus sont soumis à la signature » de cette lettre. « C’est ainsi que nous réaliseront, je l’espère, l’unanimité de ceux qui se disent ’je vais proclamer pour être applaudit mais je ne ferais rien pour gêner le gouvernement français », a expliqué le sénateur, qui « souhaite rendre efficace cette volonté unanime ».

Appel au boycott des produits israéliens



Daniella Maillot, présidente du Collectif Réunionnais Palestine Solidarité, a expliqué que « la campagne du boycott des produits israéliens fonctionne », ainsi les bénéfices ont diminué de près de 35% d’après cette dernière. « Le boycott est une arme citoyenne pacifique par excellence » a-t-elle indiqué. La « Campagne BDS France », (Boycott, Désinvestissement, Sanction) est une « réponse à l’apartheid, à l’occupation et à la colonisation israélienne », note le tract distribué dans la foule.
Ce boycott est le moyen « d’exercer une pression, en premier lieu sur nos propres gouvernement, pour qu’ils appliquent de légitimes sanctions, ainsi que sur l’Etat d’Israël, pour imposer la seule issue pour cette région : l’application du droit international ».
Pour Paul Vergès, il faut « accentuer l’action pour le boycott de tous les produits israéliens, ce sont là des actes qui au delà de notre prise de position à La Réunion vont avoir des répercussions à l’extérieure, c’est ce que nous avons comme but ». Pour conclure, le sénateur a assuré que « chacun doit être prêt devant ses responsabilité devant ce drame » et boycotter les produits israéliens « pour qu’Israël ressente la résistance des Réunionnais ».


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