Moyen-Orient et Afrique du Nord

Pour un cessez-le-feu immédiat en Libye et la reprise du dialogue impartial !

Les vrais intérêts de la guerre en Libye : pétrole, intérêts économiques, lutte d’influence en Afrique

Témoignages.re / 30 avril 2011

Jusqu’à maintenant, aucune voix importante ne s’est élevée en France, encore moins à La Réunion, face à la “croisade” qu’entame la coalition américano-franco-britannique en Libye. La France porte une lourde responsabilité dans cette intervention qui s’enlise et a fait basculer ce pays dans le chaos. Une solution existe et est régulièrement proposée par les pays leaders du monde non-occidental des BRICS : la médiation internationale proposée par l’Union africaine et les États sud-américains et leurs leaders respectés, le président sud-africain Jacob Zuma et l’ancien P
président Lula. Mais cette solution est refusée systématiquement par la coalition guerrière qui montre son vrai visage et a révélé ses véritables motivations dans cette guerre : contrôler le pétrole libyen, écarter les non-Occidentaux dans des contrats libyens, contrôler l’espace géopolitique africain. Alors que La Réunion, et plus largement la France subit la plus grave crise de son histoire, alors que la priorité doit être accordée à la lutte contre le chômage, cette guerre est incomprise. En tant que Réunionnais, Français, nous devons dénoncer ces positions guerrières qui vont accroître davantage le déficit public français et ternir l’image de la France dans sa relation avec l’Afrique.

Kadhafi serait-il ce dangereux « chien fou » que Ronald Reagan avait déjà bombardé en 1986 ? Pour avoir été personnellement en Libye en 2002 et l’avoir rencontré en tant que journaliste, non, il ne m’a pas mordu et je n’ai pas vu d’écume dans sa bouche… Nous avons même diné à son invitation sous sa tente lors d’un diner d’État qu’il donnait en l’honneur du président chinois Jiang Zemin où j’assistais en tant qu’envoyé spécial de l’Agence Panafricaine d’Information (PANA). Kadhafi d’ailleurs était fier de nous faire visiter, en tant que rescapé, sa résidence bombardée de Bab el Azizia en 1986, comme preuve, selon lui, de l’acharnement de l’Occident à faire tomber son régime solidaire des peuples en lutte contre la domination occidentale. Cela n’exonère pas sa responsabilité dans l’incapacité de la Jamahiriya à mettre en place des réformes pour plus de démocratie et de justice dans son pays (son fils lui-même l’a reconnu). Cela ne l’exonère pas aussi de certaines violations des Droits de l’Homme liées à la nature de son régime qui ne diffère pas de certains pays avec lesquels l’Occident coopère volontiers : l’Arabie saoudite, le Yémen, la Syrie… Mais force est de constater qu’à la lumière des derniers évènements en Syrie, au Yémen ou au Koweït, il y a manifestement deux poids, deux mesures. Y aurait-il de “bons dictateurs” et de “mauvais dictateurs” ?

Pourquoi également cette diabolisation et cette caricature à outrance dont la presse et les dirigeants occidentaux affublent le colonel libyen après l’avoir reçu à grande pompe en visite officielle à Paris, Rome, Londres… ? Kadhafi aurait-il attrapé un virus entre temps qui l’aurait rendu fou ? C’est une guerre qui cache la forêt des intérêts pétroliers, diplomatiques et financiers qu’attend la coalition américano-franco-britannique.

Est-ce une « révolte populaire, une guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile qui avait été préparée, le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée.

Le 15 février, une manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006 est durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ? Quand on sait que le CNT (Conseil national de transition) reconnu par Paris est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du Nord. C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures des infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre “homme fort” de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex-ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les “démocrates sincères” des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ».

En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça…

En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (journal Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors “retourné” (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit (toutes les apparitions publiques de Kadhafi se faisaient en sa compagnie très reconnaissable en raison de son look de dandy aux cheveux blonds décolorés et ses costumes italiens sur mesure). Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web “Maghreb Confidential”.

Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du Ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.

A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent en visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’Est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit.

Quels sont les véritables objectifs des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne ? A ce stade, plusieurs indices permettent déjà d’écarter définitivement la thèse de la guerre humanitaire ou de la réaction impulsive, émotionnelle face aux événements. On n’engage pas des dépenses militaires importantes, alors que les pays formant la coalition sont en crise financière, si les intérêts n’étaient pas aussi juteux. Si Washington et Paris ont délibérément refusé toute négociation, s’ils ont “travaillé” depuis un bon moment l’opposition libyenne et préparé des scénarios détaillés d’intervention, si les porte-avions se tenaient depuis longtemps prêts à intervenir (comme l’a confirmé l’amiral Gary Roughead, chef de l’US Navy : « Nos forces étaient déjà positionnées contre la Libye », Washington, 23 mars), c’est forcément que cette guerre n’a pas été décidée au dernier moment en réaction à des événements soudains, mais qu’elle avait été planifiée. Parce qu’elle poursuit des objectifs majeurs qui dépassent largement la personne de Kadhafi : contrôler l’ensemble du pétrole libyen, mettre la main sur la manne financière libyenne et les contrats en cours, bloquer et contrôler l’unité africaine.

Objectif n°1 : Contrôler l’ensemble du pétrole

Le pétrole libyen, c’est seulement 1% ou 2% de la production mondiale ? D’accord, mais il est de la meilleure qualité, d’extraction facile et donc très rentable. Et surtout, il est situé tout près de l’Italie, de la France et de l’Allemagne. Importer du pétrole du Moyen-Orient, d’Afrique noire ou d’Amérique latine se ferait à un coût bien supérieur. Il y a donc bel et bien bataille pour l’or noir libyen.

Deux faits permettent d’étayer cette thèse :
1. Kadhafi désirait porter la participation de l’État libyen dans le pétrole de 30% à 51%.
2. Le 2 mars dernier, Kadhafi s’était plaint que la production pétrolière de son pays était au plus bas. Il avait menacé de remplacer les firmes occidentales ayant quitté la Libye par des sociétés chinoises, russes et indiennes. Le 19 mars, la France, les USA et la Grande-Bretagne, pays des compagnies pétrolières installées en Libye, bombardent le pays ? Chaque fois qu’un pays africain commence à se tourner vers la Chine, il lui arrive des problèmes.

Objectifs n°2 : mettre la main sur les juteux contrats libyens

Si la guerre contre la Libye est juste humanitaire, on ne comprend pas pourquoi ceux qui la mènent se disputent entre eux. Pourquoi l’Allemagne et l’Italie ont-elles été si réticentes face à cette guerre ? Simples divergences sur l’efficacité humanitaire ? Non, il s’agit là aussi d’intérêts économiques. Dans une Europe confrontée à la crise, les rivalités sont de plus en plus fortes aussi. Il y a quelques mois encore, on défilait à Tripoli pour embrasser Kadhafi et empocher les gros contrats libyens. Ceux qui les avaient obtenus n’avaient pas intérêt à le renverser. Ceux qui ne les avaient pas obtenus y ont intérêt.
Qui était le premier client du pétrole libyen ? L’Italie. Qui était le deuxième ? L’Allemagne. Continuons avec les investissements et les exportations des puissances européennes… Qui avait obtenu le plus de contrats en Libye ? L’Italie. Numéro deux ? L’Allemagne.
C’est la firme allemande BASF qui était devenue le principal producteur de pétrole en Libye avec un investissement de deux milliards d’euros. C’est la firme allemande DEA, filiale du géant de l’eau RWE, qui a obtenu plus de quarante mille kilomètres carrés de gisements de pétrole et de gaz. C’est la firme allemande Siemens qui a joué le rôle majeur dans les énormes investissements du gigantesque projet “Great Man Made River” : le plus grand projet d’irrigation au monde, un réseau de pipelines pour amener l’eau depuis la nappe aquifère de la Nubie jusqu’au désert du Sahara. Plus de 1.300 puits, souvent à plus de cinq cents mètres de profondeur qui, une fois tous les travaux terminés, fourniront chaque jour 6,5 millions de mètres cubes d’eau à Tripoli, Benghazi, Syrte et d’autres villes. 25 milliards de dollars qui ont attiré quelques convoitises ! De plus, avec ses pétrodollars, la Libye avait aussi engagé un très ambitieux programme pour renouveler ses infrastructures, construire des écoles et des hôpitaux et pour industrialiser le pays.
Par contre, la France et l’Angleterre, qui n’ont pas obtenu les plus beaux morceaux du gâteau, sont à l’offensive pour obtenir le repartage de ce gâteau. Et la guerre en Libye est tout simplement le prolongement de la bataille économique par d’autres moyens.

Objectif n°3 : Empêcher l’unité africaine

L’Afrique est stratégique pour les multinationales, car leur prospérité est basée sur le pillage de ces ressources. Si un prix correct était payé pour l’or, le cuivre, le platine, le coltan, le phosphate, les diamants et les produits agricoles, les multinationales seraient beaucoup moins riches, mais les populations locales pourraient échapper à la pauvreté.

Pour les multinationales des États-Unis et d’Europe, il est donc vital d’empêcher l’Afrique de s’unir et de s’émanciper. Elle doit rester dépendante. Un exemple, bien exposé par un auteur africain, Jean-Paul Pougala… « L’histoire démarre en 1992 lorsque quarante-cinq pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques, même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat.

Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payables une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant quatorze ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire ; le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, la Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement 27 millions, et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, sud-africain, nigérian, angolais, algérien, et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020 le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût dix fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident pas seulement 500 millions de dollars par an, mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique. (…) C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. »  [1]

C’est un aspect des choses que la propagande guerrière ne nous a pas appris au sujet du méchant et dangereux Kadhafi : il finançait le développement de l’Afrique ! Il aidait les Africains à s’émanciper de l’étouffante tutelle des Occidentaux. Y aurait-il encore d’autres non-dits de ce genre ?

Oui. En soutenant le développement du Fonds monétaire africain (FMA), Kadhafi a commis le crime de défier le Fonds monétaire international (FMI). De même que les Latinos ont lancé leur propre Banco Sur pour contrer les chantages arrogants du FMI et décider eux-mêmes quels projets vraiment utiles ils veulent financer, voici que le FMA pourrait commencer à offrir une voie plus indépendante aux Africains. Et qui finance le FMA ? L’Algérie a fourni 16 milliards et la Libye 10 milliards. Soit ensemble 62% de son capital.

Mais, dans la plus grande discrétion médiatique, Obama vient tout simplement de voler trente milliards au peuple libyen. Comment ça s’est passé ? Le 1er mars (bien avant la résolution de l’ONU), il donnait l’ordre au Trésor US de bloquer les dépôts de la Libye aux USA. Puis, le 17 mars, il s’est arrangé pour insérer dans la Résolution 1973 de l’ONU une petite phrase autorisant à geler les avoirs de la banque centrale de Libye, mais aussi de la compagnie nationale libyenne du pétrole. On sait que Kadhafi a amassé un trésor pétrolier qui lui a permis d’investir dans de grandes sociétés européennes, dans de grands projets de développement africain.

Bref, la Libye est un pays assez riche (200 milliards de dollars de réserves) qui a attiré les convoitises d’une puissance hyper-endettée : les États-Unis. Malgré tous ses efforts pour amadouer l’Occident en multipliant les concessions au néolibéralisme, Kadhafi inquiétait toujours les dirigeants des États-Unis. Un câble de l’ambassade US à Tripoli, datant de novembre 2007, déplore cette résistance : « Ceux qui dominent la direction politique et économique de la Libye poursuivent des politiques de plus en plus nationalistes dans le secteur de l’énergie ». Refuser la privatisation tous azimuts, ça mérite donc des bombardements ? La guerre est bel et bien la continuation de l’économie par d’autres moyens.

Nous avons été abondamment abreuvés de propagandes sur les côtés négatifs de Kadhafi. Mais qui nous a signalé ses aspects positifs ? Qui nous a parlé de son aide aux projets de développement africain ? Qui nous a dit que la Libye connaissait, selon les institutions internationales (PNUD), le plus haut « indice de développement humain » de toute l’Afrique, loin devant les bons élèves de l’Ouest comme l’Égypte ou la Tunisie ? Espérance de vie : 74 ans, analphabétisme réduit à 5%, budget de l’éducation à 2,7% du PIB et celui de la Défense à 1,1%.

Cependant, il ne faut pas verser dans l’angélisme à propos de Kadhafi et l’exonérer facilement de manquements aux règles démocratiques. Ce dirigeant de tradition bédouine a dû utiliser les moyens les plus radicaux en défiant la domination de l’Occident. Quoi qu’on en dise, Kadhafi restera toujours le « berger des Syrtes » qui, pendant 40 ans, a su consolider un État arabe anticolonialiste et révolutionnaire, maintenir la stabilité, consolider l’Unité africaine, haï ou aimé, il restera dans l’Histoire. Ce n’est pas par la manière forte que l’on aurait pu réformer le régime pour le bien-être du peuple libyen, la brutalité militaire n’amène à rien si ce n’est l’humiliation et la révolte. Face à la logique guerrière et pour empêcher un bain de sang, une seule solution : la reprise du dialogue (sous la tente !) et un cessez-le-feu immédiat !

Christophe Rocheland,
Membre de la Commission internationale du Parti communiste réunionnais

[1J-P Pougala, “Les mensonges de la guerre contre la Libye”, palestine-solidarite.org, 31 mars



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  • - Bon resume de la situation en libye , cet acte de guerre sera et restera une erreur historique.

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  • Euh excusez-moi du peu, mais pour une fois, je ne peux que montrer mon désaccord profond sur votre analyse. Bien sûr, comme on l’a vu en Côte d’Ivoire, tout n’est pas tout blanc ou tout noir, il y a des Etats qui y trouve un intérêt géostratégique, et n’ont qu’une préoccupation en somme toute limitée à propos de la population prise en otage.
    Mais TOUT DE MÊME ! Il ne faudrait pas présenter le régime de Khadafi comme prompt à la négociation démocratique, et ENCORE moins soucieux de la liberté de sa population ! Il faudrait ARRÊTER de considérer que les souffrances et atrocités que subissent les Libyens ne sont qu’un dommage "collatéral" du "bon travail" qu’a effectué ce dictateur complètement fou... avec la complicité de notre monde "démocratique", je ne conteste pas ce point. Et une "reprise de dialogue (sous la tente)"... voilà une formule proprement malsaine.
    Rien n’excuse la violence contre des innocents. Et tant pis si ça doit servir les intérêts du grand Satan étatsunien. Car dans le registre manipulation géopolitique, la Chine n’est guère mieux. Je préfère appliquer ce vieil adage : Entre maux, choisir le moindre. C’est ce qui risque de nous arriver en 2012.
    A bon entendeur, salut.

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  • Excellente analyse de Christophe Rocheland, qui examine points par points les contresens, faux sens et réductions médiatiques, bref, le "prisme" par lequel on donne à voir le conflit libyen.

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  • Mais alors quoi faire si on suit la logique de David B il faut raser et tuer Kadhafi pour reprendre les choses normalement, c’est faire fi de l’Histoire de la Libye et du rôle joué par le Guide libyen dans la construction et la consolidation de l’Etat libyen. C’était comme si on disait aux Français qu’il fallait oublier l’héritage de De GAULLE , impossible Non ? Alors... arretons de donner des leçons à des pays que l’on ne connait même pas !!!! Très bonne analyse de Rocheland dans Temoignages ! Enfin on parle de la Libye à la Réunion

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    • Ai-je dit UN SEUL INSTANT qu’il fallait "raser et tuer" Kadhafi ? C’est que tu n’as guère compris mon intervention. De plus, je trouve particulièrement malheureuse ta tentative de comparer Khadafi à De Gaulle. Ce dernier était loin d’être parfait, mais il a contribué GRANDEMENT au redressement de la France après-guerre et à l’instauration d’une authentique République. Point de différence CRUCIAL : il ne s’est PAS accroché au pouvoir !!! Et même si certains le qualifient encore aujourd’hui de "monarque de droit populaire", au moins il a été ELU démocratiquement ! Au moins il a été désavoué démocratiquement lors d’un référendum !
      Et en plus tu me parles de l’histoire de la Libye... ça fait combien de temps que Khadafi est au pouvoir ? Plus de 40 ANS !!! Et autant que je sache encore me relire, je ne donne AUCUNE leçon aux Libyens ou quoique ce soit ! J’ai parfaitement lu l’analyse de Mr Rocheland, je peux comprendre son point de vue, mais cela ne signifie en rien que je donne un blanc-seing obligatoirement, et j’exprime tout aussi librement mon désaccord sur la finalité de son analyse. Je le dis et je le répète, l’intervention militaire n’est guère altruiste, avec les arrière-pensées géostratégique... mais vu la situation HUMANITAIRE avant intervention (à moins que les ONG soient également sans scrupules ?!?), c’est la moins pire des solutions. C’est beau l’analyse. Mais il faudrait de temps à autre être moins sec et poussiéreux.

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  • Je te cite :"son régime solidaire des peuples en lutte contre la domination occidentale"
    OK OK

    Mais pourquoi bombarde-t-il son propre peuple ? Et surtout de plus en plus à chaque fois qu’il dit négocier avec son peuple, sa chose, son jouet, qu’il brise, ...
    Et puis m.... ça me donne envie de gerber .

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  • Apprendre le passé, comprendre le présent pour deviner le futur et dans cette optique je vous conseil un reportage qui explique mieux que 10 000 Mots.
    http://www.dailymotion.com/video/x9lsav_le-bon-baiser-de-la-goulette-part-1_news

    C’est en plusieurs partie donc elles sont jointes par ce liens.
    On y voit la Tunisie d’avant où juif et musulman se côtoient sans guerre, puis l’intervention de la France, la guerre, et la division organisé par l’occident ce merveilleux pays démocratique.
    On y voit les intérêts direct du développement économique et les intérêts à diviser un pays en deux.
    Il ont pas inventé la poudre à canon, rien d’étonnant à ne pas croire que des pays capitalistes à 600% de battent pour une cause démocratique !
    Au rwanda 800 000 Mort dans un génocide sans précédent et la France elle a fait quoi ? Ben elle a donné un coup de main !
    Pour preuve ces 10 secondes du 13H00
    http://www.youtube.com/watch?v=WvOpCp-tQB0
    Passez à 3 minutes si vous êtes pas patient :) ...

    J’veux un test ADN je suis pas de cette race humaine ...

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