Moyen-Orient et Afrique du Nord

Un avion malaisien abattu en Ukraine

La crise s’est brutalement élargie à plusieurs continents

Céline Tabou / 19 juillet 2014

Le conflit en Ukraine dépasse désormais ses frontières. Un avion de ligne de la Malaysia Airlines s’est écrasé jeudi 17 juillet avec à son bord plus de 295 personnes. Les débris ont été retrouvés à 80 km de Donetsk, région en proie à des combats entre les forces gouvernementales et les pro-russes.

Le Boeing MH17 de la Malaysian Airlines assurait la liaison entre Amsterdam, aux Pays-Bas, et Kuala Lumpur, en Malaisie. Le dernier décompte de la Malaysia Airlines fait état de plus de 300 personnes décédées, parmi lesquelles : 43 Malaisiens (dont 15 membres d’équipage), 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Français, 4 Allemands, 5 Belges, 3 Philippins, un Canadien..

Un crash : deux accusés

Les autorités ukrainiennes ont accusé les rebelles pro-russes, qualifiés de « terroristes » d’avoir abattu le Boeing 777 de Malaysia Airlines à l’aide d’un missile sol-air SA-11, une arme créée par les russes. Le chef de la sécurité d’Etat ukrainienne (SBU) a par la suite dénoncé deux responsables des services de renseignements militaires russes d’être impliqués dans la destruction de l’avion malaisien. De leurs côtés, les rebelles pro-russes ont assurés être étrangers à cet évènement, car ils n’auraient pas de telles armes en leur possession.
Pour ces derniers, l’avion malaisien a été abattu par un appareil ukrainien. D’après l’agence de presse russe Interfax, des séparatistes se seraient félicités sur les réseaux sociaux, d’avoir abattu un avion militaire après l’annonce du drame. D’après l’AFP, le commandant militaire des rebelles, le Russe Igor Strelkov, a ainsi écrit, une demi-heure avant le dernier contact rapporté avec le vol MJH-17, que ses forces avaient abattu dans le même secteur un Antonov An-26, qui servait au transport des troupes ukrainiennes.
Dès l’annonce du crash, le président ukrainien Petro Poroshenko a lancé une enquête internationale. Ce dernier a indiqué que « c’est le troisième cas tragique ces derniers jours, après les avions An-26 et Su-25 des forces armées ukrainiennes abattus à partir du territoire de la Russie », jugeant ce dernier acte de « terroriste ».
Le lendemain, des séparatistes ont annoncé avoir trouvé une des boîtes noires de l’appareil, qui pourrait ainsi clarifier la situation. Ces derniers ont annoncé qu’ils étaient prêts à accepter une trêve de deux ou trois jours pour permettre aux équipes de secours de travailler sur le site où s’est écrasé l’avion. Le chef du gouvernement séparatiste de la République populaire (autoproclamée) de Donetsk, Alexandre Borodaï, a annoncé que des échanges étaient en cours avec des représentants des autorités nationales pour permettre l’accès des organisations internationales au site.

Réactions en chaîne

Dans la soirée de jeudi, le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé que l’Ukraine « porte la responsabilité de cette terrible tragédie » qui « n’aurait pas eu lieu si la paix régnait dans ce pays, si les opérations militaires n’avaient pas repris dans le sud-est de l’Ukraine », a cité l’agence russe, RIA Novosti. Le lendemain, il a expliqué au Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, que le crash de l’avion montre « la nécessité d’un règlement urgent et pacifique de la crise aiguë en Ukraine ». D’ailleurs, selon le communiqué publié par Moscou, il a assuré qu’une « enquête scrupuleuse et objective sur les circonstances de la catastrophe était nécessaire ».
Pour sa part, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annoncé vendredi la tenue d’une réunion d’urgence à Vienne, afin de tenter de clarifier les circonstances du crash, sachant tout de même que l’avion a été abattu par un missile sol-air, d’après les services de renseignement américains.
La chancelière allemande Angela Merkel a appelé à un cessez-le-feu immédiat en Ukraine, après « la tragédie ». Cette dernière et la France tentent depuis plusieurs mois de trouver une solution diplomatique à ce conflit, mais la situation ne cesse de s’aggraver. Raison pour laquelle, cette dernière a assuré que « nous devons considérer les choses très sérieusement » et arriver « à un cessez-le-feu et une solution politique », en discutant avec le président russe.
De son côté, le président français François Hollande a « appris avec une immense émotion » le crash de l’avion de la Malaysia Airlines, jeudi 17 juillet. « La France demande que tout soit mis en œuvre, pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué cette tragédie », ayant entrainé la mort de 4 Français.

Céline Tabou


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