Moyen-Orient et Afrique du Nord

Un mois après le mouvement de protestation

Tunisie

Céline Tabou / 17 février 2011

Le pays est en pleine reconstruction, et le gouvernement a décidé d’établir l’état d’urgence afin d’éviter « tout ce qui peut nuire à la sécurité du pays, et assurer la sécurité des citoyens et la protection des biens », notamment les contre-révolutionnaires pointés du doigt par le Premier ministre tunisien.

La révolution tunisienne aurait fait plus de 230 morts et 500 blessés, certains expliquent que la révolution n’aura rien apporté de plus au pays, et aux jeunes au chômage. Celle-ci a conduit des milliers de Tunisiens à partir pour l’Europe. « Je voulais partir pour trouver un emploi. A cause des troubles, la situation est difficile, des sociétés ont fermé et j’ai voulu tenter ma chance en Europe », a raconté Abdelhamid Betaib, âgé de 18 ans et diplômé en mécanique, à “L’Express”.

L’emploi reste la préoccupation majeure

De son côté, Foued Mebazaa, président de la République par intérim, a annoncé le 9 février l’ouverture « prochainement » de « négociations sociales à l’échelle nationale », mais toujours pas de plan massif de création d’emplois (près de 80.000 emplois doivent être créés). Face à cette situation, le gouvernement de transition, dirigé par Mohammed Ghannouchi, tente de renforcer sa crédibilité et autorité. D’autant plus que le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes, a démissionné, après que des fonctionnaires aient demandé son départ suite aux déclarations tenues à Paris : « J’aime écouter Michèle Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes ».

Cette démission arrive au moment où l’Italie doit faire face à un exode massif de Tunisiens à la recherche d’un emploi en Europe. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé qu’un accord avec le gouvernement tunisien avait été signé mardi 15 février, afin de faire face à l’immigration clandestine en provenance de Tunisie. Rome et Tunis se sont résolus à une « coopération pragmatique et opérationnelle » pour régler le problème migratoire qui oppose les deux pays.

Céline Tabou


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