Moyen-Orient et Afrique du Nord

Une « longue campagne » contre Gaza annoncée

Guerre en Palestine

Céline Tabou / 30 juillet 2014

Après 22 jours de combats, la paix n’est plus envisagée aujourd’hui. Dans une intervention télévisée, Benjamin Netanyahu a expliqué que son pays devait se préparer à un conflit durable contre le Hamas.

Le Premier ministre israélien a assuré qu’Israël « doit se préparer à la perspective d’une longue campagne dans la bande de Gaza ». L’opération « Bordure protectrice » a tué plus de 1.113 Palestiniens et en a blessé plus de 6.200 autres. 48 soldats et 3 civils israéliens sont morts, au 21ème jour d’une guerre soutenue par 87% d’Israéliens.

De plus en plus de morts

Un missile israélien a atteint dans la nuit de lundi à mardi la maison d’Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas dans la bande de Gaza, provoquant des dégâts mais aucune victime, d’après le ministère gazaoui de l’Intérieur. Le fils d’Ismaïl Haniyeh a assuré que la demeure était vide lors de l’attaque. En dépit de sa volonté de viser le Hamas, l’armée israélienne touche en grande partie des civiles, notamment des femmes et des enfants.
D’ailleurs, onze personnes ont péri lors d’une frappe dans un camp de réfugiés de Boureidj, dans la ville de Gaza. Le territoire palestinien a subi lundi soir les attaques les plus intenses depuis le déclenchement du conflit le 8 juillet. L’armée israélienne continue à mener plusieurs frappes sur la ville de Gaza, y compris sur les locaux de la télévision et de la radio du Hamas à Gaza.
Dans Gaza, Tsahal a demandé lundi soir à la population civile habitant les alentours de l’agglomération de Gaza (Chajaya, Zeitoun et est de Jabaliya) d’évacuer « immédiatement » les habitations, pour se rendre dans le centre de cette ville palestinienne, selon un communiqué militaire cité par l’Agence France Presse. Malgré cela, plusieurs personnes sont décédées suite à ces frappes.
Une polémique enfle vis-à-vis cet avertissement qui a laissé présager de nouveaux bombardements, alors que sept enfants avaient été tués dans le camp de réfugiés de Chati. Les deux camps s’accusent, cependant, selon des sources médicales palestiniennes, il s’agit de frappes aériennes de l’armée israélienne, qui met, elle, en cause des tirs à la roquette ratés par le camp adverse.

« L’Aïd du sang »

La guerre a d’importantes répercussions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupés. Lundi soir l’esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, où près de 45.000 fidèles priaient pour les morts de Gaza, a été envahie par la police israélienne qui a arrêté une dizaine de Palestiniens.
Des heurts ont éclaté à Jérusalem-Est, à majorité arabe, depuis l’enlèvement et le meurtre le 1er juillet d’un jeune Palestinien brûlé vif par des extrémistes juifs, suite à l’assassinat de trois étudiants israéliens. L’esplanade de Mosquées, appelé le « Noble sanctuaire » par les musulmans et le « Mont du Temple » par les juifs, est un lieu sacré pour les deux religions mais aussi une source de tensions quasi-quotidiennes entre les deux communautés.
En tout cas, la célébration de la fin du ramadan s’annonce sinistre pour les 1,8 million d’habitants de la bande de Gaza. Abir Chamali, interrogé par l’AFP, « c’est l’Aïd du sang », ce dernier a perdu son fils de 16 ans. En dépit de ces deux derniers jours d’une extrême violence, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a annoncé que « nous devons nous préparer à une campagne longue, nous continuerons à agir avec force (...) jusqu’à ce que notre mission soit remplie ».
A New York, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a exhorté : « Au nom de l’humanité, la violence doit s’arrêter ». Ce dernier et la communauté occidentale n’a pas dénoncé la triple offensive (terrestre, aérien, maritime) israélienne dans la bande de Gaza, le secrétaire d’Etat John Kerry a de nouveau répété que toute résolution du conflit « durable et significative, doit mener au désarmement du Hamas ».
Pour Ban Ki-moon, « c’est une question de volonté politique. Les dirigeants, israéliens comme palestiniens, doivent faire preuve d’humanité. Pourquoi ces dirigeants laissent-ils leurs populations se faire tuer par d’autres’ Ce n’est pas responsable. C’est une faute morale ».

De vives réactions

Face à l’ampleur des dégâts humains, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei a qualifié mardi Israël de « chien enragé qui commet un génocide à Gaza », affirmant que « le monde islamique devait armer les Palestiniens », dans un discours diffusé en direct par la télévision d’Etat et cité par les agences de presse. Pour ce dernier, « ce que font les dirigeants du régime sioniste est un génocide et une catastrophe historique ».
Le président américain, Barack Obama, a souhaité « une fatwa (avis religieux, ndlr) pour que la résistance palestinienne soit désarmée, pour qu’ils ne puissent pas répondre à tous ces crimes. Nous disons le contraire : le monde entier, et en particulier le monde islamique, doit armer autant qu’il le peut le peuple Palestiniens ».
D’après l’Agence France Presse, les responsables iraniens ont fourni aux Palestiniens la technologie pour la fabrication de missiles utilisés pour tirer sur les villes israéliennes. Pour l’ayatollah Ali Khamenei, les demandes de désarmement des groupes terroristes et la démilitarisation de Gaza est un moyen pour permettre à Israël d’"attaquer la Palestine et Gaza (...) à n’importe quel moment sans qu’ils puissent défendre ».
« Un peuple encerclé dans un petit territoire, avec des frontières fermées, privé d’eau et d’électricité, cette population fait face à un ennemi armé comme celui du régime sioniste (...). Ce peuple résiste sans faiblir. C’est une leçon pour tous », a insisté ce dernier.

Céline Tabou


Kanalreunion.com