Moyen-Orient et Afrique du Nord

Une porte de sortie pour Nicolas Sarkozy ?

Margie Sudre et plusieurs autres anciens parlementaires en voyage à Tripoli

Manuel Marchal / 12 août 2011

De retour de Libye, Margie Sudre et d’anciens membres du Parlement européen signent une tribune libre qui donne des éléments d’une feuille de route pour une fin de conflit. Est-ce une porte de sortie qui se dessine pour Nicolas Sarkozy ?

Le voyage à Tripoli d’une délégation d’ex-membres du Parlement européen comprenant notamment Margie Sudre, ancienne ministre de la Francophonie et ancienne présidente du groupe UMP au Parlement européen continue de susciter des interrogations.
Comment en effet imaginer que pareille initiative puisse avoir eu lieu sans que personne n’eut été au courant à Paris ?
La publication dans la presse d’hier, notamment "le Journal de l’île", apporte un éclairage sur le sens de cette démarche. Co-signée par Margie Sudre et d’anciens collègues, ce texte rend tout d’abord compte de la situation de la population civile maltraitée par l’OTAN en Libye.
La lettre souligne l’appui populaire dont bénéficie Mouamar Kadhafi, et soutient la thèse du chef de l’État libyen, à savoir celle d’une guerre civile entre différentes tribus. Elle se conclut par la proposition d’une véritable feuille de route :
« Une commission préparatoire au dialogue interlibyen pourrait se tenir à Paris réunissant, sous l’égide de l’ONU et de l’Union Africaine, les représentants de l’OTAN, de l’Union européenne, des autorités de Tripoli et du Conseil national de transition. Dans le même temps seraient institués l’arrêt des bombardements et la sanctuarisation des positions sur le terrain des belligérants et le déploiement de moyens humanitaires. Cette commission serait chargée de définir — sans préalable aucun — les points de négociation interlibyen de la future conférence pour la Paix. Cette conférence pour la paix, parrainée par l’ONU et l’UA, aurait pour objectif le rétablissement de la paix civile, la réconciliation des Libyens, si nécessaire, la rédaction d’une nouvelle Constitution et la mise en place d’institutions démocratiques. Le Premier ministre britannique, David Cameron et le président français, Nicolas Sarkozy s’honoreraient de gagner la paix. Ils en ont l’obligation morale ».
Manifestement, un appel est lancé au chef de l’État, afin qu’il tente de sortir par le haut de l’enlisement dans lequel il a mis la communauté internationale.
Cette démarche de l’ancienne responsable de l’UMP au Parlement européen n’est-elle pas un moyen pour Paris de prendre acte de l’erreur qui a été commise ? N’est-ce pas un moyen de donner une porte de sortie à Nicolas Sarkozy ?

M.M.



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Messages






  • Ce serait la BONNE solution !

    En revanche, force est d’admettre que la Jamahiriya est une forme de démocratie directe adaptée à une structure traditionnelle tribale que nos gouvernants ne comprennent pas.

    Enfin faut-il savoir que, dans le Monde Arabe, il faut un chef DUR ! autrement, c’est la pagaille ! (cf Irak, Tunisie)

    Pouquoi pas Seif El Islam ? Lui, au moins, depuis plusieurs années, est au courant des dossiers.

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