Moyen-Orient et Afrique du Nord

Vers une trêve longue durée ?

Guerre à Gaza

Céline Tabou / 14 août 2014

Les négociateurs israéliens et palestiniens ont repris leurs discussions, mardi 12 août, pour tenter de surmonter des années d’hostilité et trouver une paix durable en pleine trêve respectée depuis lundi 11 août dans la bande de Gaza.

Réunis au Caire, les négociateurs ne sont pas parvenus à s’entendre, alors que la trêve de 72h s’écoule rapidement et devait prendre fin hier soir. Les discussions impliquent des émissaires israéliens et palestiniens du Hamas, mais aussi du Jihad islamique et du Fatah. Les autorités égyptiennes font la navette entre les deux pièces où travaillent les délégations israéliennes et palestiniennes, car Israël refuse de traiter directement avec le Hamas.
D’après les informations laissées filtrés auprès des médias, l’objectif de ces négociations est d’instaurer une trêve prolongée. Il s’agit également pour les deux parties, de ne pas perdre la face, après plus d’un mois de guerre. Le dernier bilan fait état de 1.938 Palestiniens tués, dont une majorité de civils, et 67 morts, dont 64 militaires, côté Israéliens.

Des négociations tendues

Les négociations portent sur plusieurs exigences dites « contradictoires » par les médias, telles que la sécurité pour les Israéliens, la levée du blocus de la bande de Gaza pour les Palestiniens et la possibilité de disposer d’un port de mer. La partie palestinienne aurait accepté, selon certains médias, que les opérations de reconstruction à Gaza soient dirigées par le gouvernement d’union, créé en juin par le Hamas et le Fatah, mouvement du président Mahmoud Abbas basé en Cisjordanie.
Cependant, « les négociations sont difficiles et épuisantes » a indiqué Azzam al-Ahmed, membre de la délégation palestinienne. Ce dernier a regretté que « la délégation israélienne qui négocie avec nous est dominée par le sentiment que nous sommes divisés. (...) Nous défendons les intérêts et l’avenir du peuple palestinien ».
Pour leur part, les Israéliens auraient accepté de soulager « notablement » le blocus de Gaza en portant à 5.000 le nombre de permis délivrés mensuellement aux Gazaouis pour se rendre en Israël ou en Cisjordanie, a révélé l’Agence France Presse. La presse israélienne a également indiqué qu’Israël aurait autorisé une hausse du trafic de marchandises au point de passage de Kerem Shalom et une extension des zones de pêche.
De plus, Israël serait prêt à libérer quelques dizaines de prisonniers palestiniens en échange des corps de deux soldats tués pendant la guerre. Pour l’heure, rien n’a été confirmé par les autorités concernées. Et l’Etat hébreu a limité l’accès à Gaza, craignant un réarmement du Hamas.

Le cessez-le-feu respecté

La trêve de 72 heures expire mercredi soir, bien que pour l’instant, le cessez-le-feu est respecté par les deux camps dans la bande de Gaza. Toutefois, des coups de semonce ont été tirés mardi 12 août par la marine israélienne à l’attention d’un petit bateau à moteur. Ces coups rappellent la réalité du blocus dénoncé les autorités palestiniennes. Celui-ci a été imposé strictement depuis 2007 par Israël et asphyxie l’économie de la Bande Gaza ; où vivent près d’1,8 million de personnes.
Soutenu par une bonne partie de l’opinion israélienne et pressé par les faucons de son gouvernement qui réclament d’en finir militairement avec le Hamas, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exigé, par l’intermédiaire de ses délégués, la démilitarisation de Gaza. Une exigence refusée par la délégation palestinienne, qui a opposé une fin de non-recevoir à cette démilitarisation, et l’a rappelé au Caire, selon une source palestinienne, citée par l’AFP.
L’Egypte, intermédiaire entre israéliens et palestiniens, souhaite organiser une conférence de donateurs pour la reconstruction de la bande de Gaza, a indiqué mardi un responsable palestinien. Selon les données de l’ONU, plus de 11.000 maisons ont été détruites, soit deux fois plus que lors de l’opération « Plomb durci » de 2007-2008.

Céline Tabou


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