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Côte d’Ivoire : permettre aux défenseurs des droits de l’homme d’agir

Un expert de l’ONU appelle le Gouvernement à permettre aux défenseurs des droits de l’homme de jouer leur rôle dans le processus de réconciliation et le progrès du pays

Témoignages.re / 9 mars 2014

L’Expert Indépendant sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, Doudou Diène [1], a appelé aujourd’hui les autorités à prendre les mesures nécessaires pour permettre aux organisations de la société civile à jouer leur rôle dans la réconciliation et la consolidation du progrès dans le pays.

GENEVE, Suisse, 7 mars 2014/African Press Organization (APO)

« Une société civile indépendante et mobilisée constitue un facteur fondamental pour la reconstruction d’une démocratie pluraliste et la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire », a noté Monsieur Diène.

L’appel de l’Expert Indépendant vient après que des forces de sécurité, sans mandat légal, eurent interdit un séminaire de remobilisation de la Convention de la Société Civile Ivoirienne qui devait se tenir au Centre de Recherche et d’Action pour la Paix d’Abidjan le 27 février 2014.

« L’interdiction d’une réunion planifiée par Convention de la Société Civile Ivoirienne constitue une régression par rapport aux progrès accomplis depuis la fin de la crise post-électorale », a déclaré l’Expert, tout en rappelant les étapes positives dans l’établissement de l’Etat de droit et des institutions capables de promouvoir et de défendre les droits de l’homme, notamment la création de la Commission nationale des droits de l’homme.

« Dans la dynamique des progrès institutionnels accomplis dans la promotion des droits de l’homme, j’appelle les autorités à prendre des mesures appropriées afin de permettre aux organisations de défense des droits de l’homme en général, et la Convention de la Société Civile Ivoirienne en particulier, de jouer pleinement leur rôle et à contribuer à la consolidation du progrès de la Côte D’Ivoire », a souligné M. Diène.

L’Expert Indépendant a noté la participation active et substantielle de la Convention de la Société Civile Ivoirienne à la récente « Conférence internationale sur la situation des victimes de la crise ivoirienne » organisée par lui en février dernier, et a souligné « l’engagement remarquable de cette organisation à la promotion des droits de l’homme en Côte D’Ivoire ».

Dans un précédent rapport* au Conseil des droits de l’homme, M. Diène avait noté que : « La décision du Parquet d’Abidjan de ne pas donner accès à la Convention de la société civile ivoirienne à ses locaux administratifs, suite à un litige interne, en dépit d’une décision de justice, est de nature à faire douter de la volonté de certaines branches du pouvoir de garantir la liberté d’association ».

« Il est nécessaire que la société civile soit forte, indépendante et dispose de moyens adéquats en vue de jouer son rôle central dans la garantie d’une démocratie pluraliste ; et ce rôle doit faire l’objet d’une reconnaissance politique forte et d’une protection légale appropriée », a réitéré l’Expert.

« La société civile indépendante a un rôle central à jouer dans la lutte contre l’impunité, la promotion d’une justice impartiale et l’organisation d’élections apaisées et équitables en 2015 », a-t-il conclu.

[1Pour accéder au rapport de l’Expert indépendant (24 juin 2013 - A/HRC/23/38), veuillez cliquer sur : http://ap.ohchr.org/documents/dpage_f.aspx?c=45&su=54

Voir en ligne : http://appablog.wordpress.com/2014/...


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