Nouvelles d’Afrique

Sécheresse : la Corne de l’Afrique menacée par la faim

12 millions de personnes ont besoin d’une aide

Témoignages.re / 21 décembre 2016

Il est essentiel d’apporter une aide agricole aux familles afin de protéger le bétail et de leur fournir un équipement pour semer lors de la saison des pluies.

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Photo IRIN

Au cours des mois à venir, les pays situés dans la Corne de l’Afrique devraient vraisemblablement connaître une hausse des souffrances liées à la faim et voir leurs moyens d’existence diminuer et ce, alors que es familles d’agriculteurs peinent à faire face aux répercussions des sécheresses à répétition qui ont touché la région cette année, a averti hier la FAO. Parallèlement, le nombre croissant de réfugiés en Afrique de l’Est devrait continuer de peser sur une sécurité alimentaire et nutritionnelle déjà fragilisée.

Actuellement, près de 12 millions de personnes en Ethiopie, au Kenya et en Somalie ont besoin d’une aide alimentaire tandis que de nombreuses familles de la région ne bénéficient que d’un accès très limité à l’alimentation et aux revenus, tout en devant faire face à l’augmentation de leurs dettes, à la faiblesse des stocks céréaliers et de semences et à une faible production de lait et de viande. Les conditions commerciales sont particulièrement mauvaises pour les éleveurs car les prix des produits alimentaires augmentent tandis que les prix du bétail sur le marché demeurent bas.

Les agriculteurs de la région ont besoin d’une aide urgente pour se relancer après avoir perdu plusieurs récoltes et afin de garder leur bétail reproducteur en bonne santé et productif, et alors que les pâturages ont rarement été aussi secs. Les perspectives de production pour les trois pays sont plutôt moroses.

Une intervention rapide

« Nous sommes face à un phénomène cyclique dans la Corne de l’Afrique » a déclaré Dominique Burgeon, Directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation à la FAO. « Mais nous savons également, par expérience, qu’un soutien en temps opportun apporté aux familles agricoles, peut considérablement renforcer leur capacité à résister aux effets négatifs de la sécheresse et atténuer le coup porté aux moyens d’existence » a-t-il insisté.

Ainsi, la FAO a déjà débloqué des fonds d’urgence afin de mettre en œuvre des interventions rapides au Kenya, et en Somalie.

Les fonds récoltés serviront à apporter une aide alimentaire, à mettre en œuvre des campagnes de vaccinations d’urgence pour les animaux reproducteurs et ceux en moins bonne santé, permettra de réparer les points d’eaux et d’organiser des campagnes de distribution de semences et d’outils indispensables pour la campagne de semis de la saison printanière. La FAO travaille également en collaboration avec les autorités locales afin de les aider dans leur préparation aux urgences et ce, dans toute la région.

« Surtout dans ces zones où nous savons que les aléas naturels sont fréquents, travailler avec le gouvernement afin de renforcer leur capacité à atténuer les effets négatifs des chocs climatiques est une démarche judicieuse qui peut réduire de manière importante le recours à l’aide humanitaire et alimentaire à l’avenir » a ajouté M. Burgeon.

Le Kenya devrait très probablement connaître une nouvelle période de sécheresse d’ici début 2017 qui aura pour effet d’aggraver l’insécurité alimentaire. Selon les dernières estimations, 1,3 million de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire.

Selon les dernières prévisions, les impacts de l’actuelle sécheresse dans le sud du pays se feront un peu moins ressentir d’ici la mi-2017 mais pour les comtés situés dans le nord, en particulier ceux de Turkana, Marsabit, Wajir et Mandera, la situation va s’empirer.

Dans ces zones, les familles extrêmement dépendantes du bétail et dont les moyens d’existence ont déjà été fragilisés (les dernières pluies abondantes datent de décembre 2015) ne seront finalement que très peu aidées par les pluies tombées d’octobre à décembre, qui annoncent généralement une période de relance mais qui, une fois de plus, n’ont pas été suffisantes cette saison.

Dans les comtés affectés, les conditions commerciales sont devenues de plus en plus défavorables pour les éleveurs car les prix des aliments de base augmentent et que l’arrivée de moutons, chèvres et vaches affaiblis sur les marchés locaux a contribué à faire baisser les prix du bétail.

http://www.fao.org/giews/reports/sp...