Outre-mer

Un pesticide détruit la pêche martiniquaise

Pollution au chlordécone

Céline Tabou / 26 décembre 2012

Le 21 décembre, le conflit entre les marins-pêcheurs et les autorités préfectorales a conduit à un durcissement de la grève menée par l’intersyndicale des marins-pêcheurs de la Martinique, qui bloque depuis le 20 décembre le port de Fort-de-France.

Les manifestants demandent une aide d’urgence du gouvernement afin de répondre aux difficultés du secteur de la pêche, après la mise en place de nouvelles mesures d’interdiction de pêcher dans certaines zones du littoral.

La contestation a pris lorsque le préfet a décidé d’interdire la pêche dans certaines zones en raison de la contamination des langoustes par le chlordécone. Plusieurs réunions avec les élus de la Région Martinique et le préfet de Région, Laurent Prévost, n’ont pas empêché le blocage du port. Un administrateur délégué par le gouvernement, Jean-Michel Suche, a été envoyé à Fort-de-France pour tenter de régler ce conflit, mais d’autres secteurs d’activités ont décidé de prendre part à la grève des marins-pêcheurs, comme le Syndicat des transporteurs professionnels de marchandises (STPM), le maire du Prêcheur, Marcellin Nadeau.

Sauver la pêche de la pollution

Le terminal de la Pointe des Grives du port de Fort-de-France est toujours bloqué par les marins-pêcheurs. Les barrages filtrants visent particulièrement les bananiers, selon l’Agence France Presse. En effet, ces derniers sont jugés responsables de la situation désastreuse de la filière pêche en Martinique. Un gréviste a expliqué à l’AFP que « la banane nous a tués ».

Les grévistes dénoncent la pollution due au chlordécone utilisé par les bananiers. Celle-ci entraîne une réduction de la zone de pêche à la langouste. Cette interdiction remet en cause la situation des professionnels de la pêche en Martinique qui « est de plus en plus inquiétante ».

La pollution due au chlordécone « représente un réel problème en Martinique. Elle pourrait bien, si des solutions pérennes n’intervenaient pas à temps, faire disparaître la langouste locale de nos assiettes… Et avec elle toute une profession », ont dénoncé les grévistes.

De son côté, Bertrand Cambusy, chef de file du SAPEM (Syndicat des artisans marins-pêcheurs et éleveurs marins), a lancé un appel d’urgence. Ce dernier souhaite « un plan d’aide pour pallier les difficultés dont souffrent les professionnels de la mer ».

Le 21 décembre, les présidents des trois Chambres consulaires (commerce et industrie, agriculture, métiers et artisanat), les présidents du Medef-Martinique, de la CGPME-Martinique et de l’AMPI ont appelé à « sortir de cette impasse, à privilégier le dialogue pour ne pas alourdir une situation économique déjà très difficile et à libérer les accès au terminal (portuaire) de la Pointe des Grives », d’après l’AFP. En dépit des appels des différents présidents des Chambres, l’intersyndicale des marins-pêcheurs de la Martinique est restée sourde aux demandes de lever du blocage du port de Fort-de-France entamé jeudi 20 décembre.

Céline Tabou


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