Pays émergents

10 ans après la guerre civile

Angola

Céline Tabou / 6 avril 2012

L’Angola célèbre le 10ème anniversaire de la fin de la guerre civile avec des marches et concerts en hommage à l’actuel Président, José Eduardo Dos Santos. A cette occasion, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) va inaugurer un monument pour la paix à Luena, la capitale de la province de Moxico (Sud-Est).

Indépendant en 1975, le pays a basculé dans la guerre civile, qui a opposé le MPLA, originaire de Luanda et soutenu par Cuba et l’Union soviétique, à une alliance Unita-Front national de libération de l’Angola (FNLA), aidée par les États-Unis et le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. La confrontation des deux blocs aura eu pour effet en Angola de conduire le pays dans le chaos durant dix-sept années.

Les accords de Bicesse sont signés le 1er mai 1991, mettant en place un cessez-le-feu, la démobilisation des groupes armés et leur intégration dans les Forces armées angolaises. Des élections sont organisées les 29 et 30 septembre 1992, remportées par le MPLA, aux élections législatives. José Eduardo Dos Santos possèdera également une majorité relative aux élections présidentielles. Contestant ce résultat, le chef de l’Unita, Jonas Savimbi, reprend les armes. Sa guérilla sera financée grâce à l’exploitation des mines de diamants, jusqu’à son décès dans une fusillade avec les forces gouvernementales angolaises. Le conflit prend alors réellement fin.
La guerre aura fait un demi-million de morts et provoqué le déplacement de quatre millions de personnes dans un pays de près de 18 millions d’habitants. Cette guerre aura laissé des traces considérables dans le pays avec des routes, infrastructures et villes détruites.

Sur le plan économique, le pays est l’un des plus pauvres du continent, bien que producteur de pétrole et abritant des mines de diamants. Les Angolais ne profitent pas de la croissance économique, car le pays est connu pour être un des États les plus corrompus de la planète.

Depuis 2011, quelques jeunes, souvent entraînés par des rappeurs, manifestent contre leurs conditions de vie, mais ils sont systématiquement réprimés par une police, connue pour avoir la main lourde, a révélé l’“Agence France Presse”. Vus comme des fauteurs de trouble pouvant déstabiliser le pays et fomenter une guerre civile, les jeunes ne baissent pas les bras et continuent la contestation.

« Il n’y a pas pour l’instant de mouvement organisé, et il n’y a pas encore assez de prise de conscience », a expliqué Justino Pinto de Andrade, économiste à l’Université catholique, cité par le site “Jeune Afrique”. Toutefois, « tout cela a le mérite de créer un débat sur l’idée de changement de régime politique », a expliqué le journaliste d’investigation Rafael Marques, d’autant plus que José Eduardo Dos Santos est au pouvoir depuis 32 ans.

Céline Tabou


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