Pays émergents

Amnesty International accuse l’armée d’Alassane Ouattara de massacrer des opposants

Poursuite de la guerre civile en Côte d’Ivoire

Témoignages.re / 28 mai 2011

L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme, Amnesty International (AI), a déclaré mercredi que les forces armées républicaines traquent les militants du président prisonnier, Laurent Gbagbo.

« Les droits humains continuent d’être bafoués face à des militants réels ou supposés de M. Gbagbo, aussi bien à Abidjan que dans l’Ouest du pays », a déclaré dans un communiqué Gaetan Mootoo, chercheur d’AI pour l’Afrique de l’Ouest.
« Le mutisme d’Alassane Ouattara face à ces actes pourrait être perçu comme un feu vert », a-t-il ajouté. Rappelons que le 21 mai dernier, le candidat soutenu par les anciennes puissances coloniales a été investi en leur présence chef d’un État en pleine guerre civile. Alassane Ouattara s’était engagé à poursuivre les auteurs de massacres, même à l’intérieur de son propre camp.
Amnesty International a aussi pointé du doigt les combattants du Président Gbagbo pour avoir commis des atrocités et des crimes contre l’humanité au cours des six mois qu’a duré la crise post-électorale.
Amnesty International affirme que « tout est parti pour une série de massacres systématiques et ciblés commis par les Forces républicaines de M. Ouattara ». « Elles ont investi la cour et ont chassé les femmes. Ensuite elles ont demandé aux hommes de se mettre en rangs et leur ont demandé de décliner leur identité et de montrer leurs cartes d’identité avant de les exécuter », a déclaré une femme citée par Amnesty International.
Amnesty International a également condamné la force des Nations Unies stationnée près de Duekoue, l’accusant de n’avoir rien fait pour empêcher les massacres.

Des journalistes disparaissent

Pour sa part, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a demandé au gouvernement ivoirien l’ouverture d’une enquête sérieuse sur des allégations de harcèlement de journalistes, y compris le meurtre d’un journaliste par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), l’armée du candidat soutenu par la “communauté internationale”, indique un communiqué de l’organisation.
Selon le communiqué du CPJ, en dépit d’une lettre adressée à Alassane Ouattara, le 9 mai, en vue de consolider la liberté de la presse et de tenir pour responsables tous les auteurs d’abus contre la presse, « les abus contre les journalistes se poursuivent sans relâche ».
Au cours du week-end dernier, le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ) a signalé la découverte du corps criblé de balles du rédacteur en chef adjoint de Radio Yopougon, Lago Sylvain Gagneto.
Le corps sans vie de ce dernier, qui était âgé de 42 ans, a été identifié la semaine dernière parmi des dizaines de corps enterrés dans des charniers à Yopougon, le plus grand quartier d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne.
« Le moment et les circonstances de l’assassinat de M. Gagneto ne sont pas clairs. Un membre de sa famille a déclaré avoir été témoin de son assassinat et affirmé à des journalistes locaux qu’il a été abattu par des éléments des FRCI, l’armée au service d’Alassane Ouatarra, lorsqu’il fuyait Yopougon avec sa famille. Certains estiment que ce journaliste a été tué tout simplement pour sa profession et plus particulièrement parce que son organe de presse était sous l’autorité du maire de Yopougon, un élu du Front populaire ivoirien (FPI) du président déchu Laurent Gbagbo », précise le communiqué.

Les promesses restent à tenir

« Le Président Ouattara avait promis de demander des comptes à toutes les personnes sous son autorité qui seraient responsables d’abus. Il doit donc agir immédiatement pour discipliner ses forces et faire respecter la règle de droit », a déclaré le coordonnateur du plaidoyer pour l’Afrique du CPJ, Mohamed Kéïta, cité dans le communiqué.
Par ailleurs, le CIPJ a documenté de nombreuses allégations de harcèlement, de menaces et d’intimidation de journalistes par des éléments des FRCI en patrouille qui prétendent être à la recherche d’armes dans les quartiers d’Abidjan.
« Cette semaine, deux rédacteurs en chef, Ferdinand Bailly du site web d’information Infocotedivoire.net et Florida Basile Bahi du journal “Sport Mag”, sont entrés dans la clandestinité après avoir été dénoncés comme étant des journalistes pro-Gbagbo par des jeunes dans les rues », souligne le CIPJ.


Le parti de Laurent Gbagbo demande à réfléchir avant d’entrer dans un gouvernement d’union en Côte d’Ivoire

Le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien Président Laurent Gbagbo a indiqué mercredi, à l’issue de la réunion de son Comité central, que les conditions n’étaient pas encore remplies pour son entrée au gouvernement que le président soutenu par les anciennes puissances coloniales, Alassane Ouattara, va mettre en place.

Le président par intérim du FPI, Mamadou Koulibaly, a posé comme préalable le traitement de la question de ses membres arrêtés et de la Commission électorale indépendante (CEI), notamment.
Ce parti a donc décidé de poursuivre les discussions sur ses préoccupations avec les nouvelles autorités, sa priorité étant d’avoir une idée claire de la conduite de la nation par les nouvelles autorités.
A ce propos, le Comité central du FPI a décidé de mettre en place dix commissions de travail qui livreront leurs conclusions dans une semaine et qui planchera sur l’accord politique de Ouagadougou, l’Etat de droit, la situation des détenus et des exilés, le statut de la CEI dans sa forme actuelle, le découpage électoral, la sécurité et la liberté de la presse.
On rappelle qu’après son investiture devant les représentants de la “communauté internationale”, le 21 mai à Yamoussoukro, Alassane Ouattara a promis former un gouvernement d’union.


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