Pays émergents

Après avoir été massacrés, ils sont sommés de cesser la grève

Témoignages.re / 21 août 2012

Trois jours après le massacre de 34 employés de la mine de platine de Marikana, dans le Nord de l’Afrique du Sud, l’exploitant Lonmin a sommé les grévistes de retourner au travail hier.

« L’ultimatum donne aux employés une dernière chance de reprendre le travail ou de s’exposer à un possible licenciement », a indiqué Gillian Findlay, un porte-parole de la minière.
Les mineurs, qui touchent environ 500 dollars par mois, réclament que leur salaire soit multiplié par trois. Ils semblent majoritairement prêts à rejeter l’ultimatum de la Direction, en mémoire de leurs camarades tués.
« S’attendre à ce que nous retournions au travail, c’est comme une insulte. Beaucoup de nos amis et collègues sont morts et on s’attendrait qu’on reprenne le travail ? Jamais », s’est écrié Zachariah Mbewu, un gréviste qui a affirmé qu’aucun de ses camarades mineurs ne se présenterait à son poste lundi.
Le président sud-africain, Jacob Zuma, a annoncé vendredi la mise en place prochaine d’une commission d’enquête plus large pour faire la lumière sur ces événements.
La plupart des commentateurs du pays estiment que la responsabilité immédiate du drame est partagée entre la police, mal équipée et mal préparée pour ce type de situations, et les grévistes eux-mêmes, violents, munis d’armes blanches, voire d’armes à feu, selon certains témoignages.
« Il y a une semi-militarisation de la police, qui n’est pas entraînée pour faire face aux manifestations de façon pacifique. Elle préfère avoir recours à la force, tirer sur les gens », a dénoncé l’analyste politique Dirk Kotze, de l’Université d’Afrique du Sud.

Une semaine de deuil national

Le président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a décrété une semaine de deuil national dans le pays, de lundi à dimanche.
« La nation est sous le choc et dans la peine », a indiqué la présidence dans un communiqué.
Les drapeaux seront en berne dans tout le pays pendant une semaine, tout comme ceux des missions sud-africaines à l’étranger.
« Cette semaine, nous devons nous unir contre la violence, quelle qu’elle soit, a déclaré M. Zuma. Nous devons réaffirmer notre foi en la paix, la stabilité et l’ordre, et dans la construction d’une société solidaire, débarrassée du crime et de la violence ».




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Messages






  • Ouvrier à la retraite et militant communiste, je suis écoeuré par la répression sanglante dont sont victimes les mineurs sud-africains. Non content d’exploiter sans vergogne ces travailleurs, les capitalistes de la Lonmin ont fait appel à la police pour écraser dans le sang la grève dans les mines de platine. Celle-ci a massacré sans hésitation quarantaine deux travailleurs. Deux policiers y ont perdu la vie. Comme quoi, la violence n’était pas, contrairement à la campagne menée par Lonmin et reprise complaisamment dans la presse, du côté des travailleurs !
    Les dirigeants de la Lonmin sont les véritables commanditaires de ces assassinats, mais ils ont pu compter sur la complicité active des dirigeants de l’Etat sud-africain, c’est à dire l’ANC.
    En l’occurrence, les dirigeants de l’ANC et ceux de la NUM, dont certains font partie des dirigeants de la Lonmin, montrent qu’ils défendent l’ordre capitaliste, y compris par les pires moyens que ne renieraient pas les tenants de l’apartheid.
    Les travailleurs sud-africains ont encore un compte à régler, cette fois-ci avec la classe capitaliste, quelque soit sa couleur de peau. Pour sauver la leur ils n’ont d’autres choix que de renverser la classe qui les opprime et de prendre eux-mêmes la direction de la société sud-africaine !

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