Pays émergents

Catastrophe humanitaire sans précédent

Corne de l’Afrique

Céline Tabou / 30 juillet 2011

Lors de sa conférence de presse, le PCR a fait part de ses propositions pour que La Réunion puisse prendre sa part dans la lutte contre la famine qui ravage la Corne de l’Afrique.

Julie Pontalba a expliqué qu’une telle situation ne s’était pas produite depuis 1985, alors que « dans cette même région de l’Afrique, en Éthiopie, la grande famine avait fait des millions de victimes dont plus d’un million d’enfants ». En effet, la Somalie vit actuellement une catastrophe : « C’est plus de 12 millions d’êtres humains qui sont menacés de disette et de famine dans ce qu’on appelle la Corne de l’Afrique. Des millions d’enfants sont condamnés ».

La défaillance de la gouvernance mondiale

Les pays riches, dont la France, « ont engagé d’énormes frais en interventions militaires pour ôter des vies, mais ils ne sont pas prêts à s’engager financièrement pour en sauver, c’est la triste logique de la gouvernance mondiale actuelle ». La France est 17ème sur la liste des donateurs, loin derrière l’Espagne, la Suède, et d’autres pays européens jugés en faillite par Bruxelles.
En effet, l’Union européenne, et en première ligne la France, a tout fait pour sauver l’économie capitaliste, avec le cas de la Grèce dernièrement. Ces décisions politiques ont mis en évidence l’importance des aides financières plus qu’humanitaire. Car la France ne promet que 10 millions d’euros sur les 2 milliards demandés par le Bureau de coopération des affaires humanitaires. Aujourd’hui, « il faut traiter l’urgence, mais aussi réfléchir à des solutions durables, à long terme pour prévenir ce genre de catastrophe. Il faut de l’anticipation politique ».
Le Parti communiste réunionnais a rappelé que ce n’était pas la première fois que le « monde est confronté à la famine, de plus celle-là était prévisible ». En effet, les Nations Unies ont rappelé le 21 juillet dernier, lors de l’appel à l’aide financière, que des alertes avaient été lancées en 2006 pour prévenir cette sécheresse meurtrière.

Céline Tabou 


Les réfugiés de la famine

Les dernières nouvelles diffusées par les Nations Unies font état de 740.000 Somaliens ayant déjà fui la zone aride. Au-delà de la catastrophe humanitaire, « le scandale, c’est aussi le cynisme des dirigeants de pays riches qui refusent de se mobiliser à la hauteur de l’urgence et de la gravité de la situation ». En effet, de nombreuses voix s’élèvent contre la position prise par la France, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture a annoncé 10 millions d’euros supplémentaires débloqués pour la Somalie, et 15 milliards pour la Grèce.
Face à la sécheresse, la France a mis en place de nombreux plans de sauvetages pour les agriculteurs (paiement de la paille, indemnités…), mais pour l’Afrique de l’Est, la France peine à soutenir des pays autrefois « amis » et « colonisés ».
Face à cette situation « catastrophique », le Parti communiste réunionnais appelle « à prendre conscience que les catastrophes naturelles se multiplient et que la communauté internationale n’arrive plus à se mobiliser en conséquence. Tout le monde se souvient de Katrina en Louisiane, d’Haïti, et du Japon dernièrement ».


La Réunion, une base d’intervention humanitaire

Face à cette catastrophe humaine sans précédent depuis 60 ans, le PCR a tenu à évoquer « les propositions concrètes faites, il y a plus de 20 ans de cela. Dans les années 1980, Paul Vergès, député européen, avait proposé de faire de La Réunion, une base d’intervention humanitaire pour tous les pays de la zone ». Cette proposition demandée à ce que « lors de la reconstruction du terminal céréalier du Port, celui-ci ne soit dimensionné pour les besoins des Réunionnais mais aussi pour faire face à la pénurie dans notre zone ».
Située au cœur d’une zone de grande catastrophe, La Réunion aurait pu être une « parfaite plate-forme d’aide d’intervention urgente », afin de soutenir les pays touchés par la famine ou encore les catastrophes naturelles. Le PCR demande « pourquoi les autorités françaises refusent à reconsidérer notre positionnement et le rôle que nous pouvons tenir dans cette partie de l’océan Indien » ?


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