Pays émergents

Confirmation du ralentissement de la croissance en Chine

Croissance de 7,5% au deuxième trimestre

Témoignages.re / 16 juillet 2013

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) chinois a ralenti à 7,6% au premier semestre de 2013, le taux le plus modeste enregistré depuis trois ans sur cette période. Cependant, des analystes indiquent que ce ralentissement reste au-dessus du seuil de tolérance et représente le coût de la réforme. Analyse de la situation en Chine selon Xinhua.

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La croissance de la Chine pourrait descendre à 7% sans que des mesures de relance ne soient nécessaires.

Dans un contexte de ralentissement continu pour la deuxième économie mondiale, cette croissance correspond aux prévisions du marché et dépasse l’objectif de 7,5% fixé par le gouvernement pour l’ensemble de l’année.

« Il ne faut pas être trop pessimiste, vu que l’objectif fixé par le gouvernement dans ses deux précédents plans quinquennaux était de 7%. Nous devons nous préparer à traverser une période difficile assez longue, car il s’agit du coût de la réforme », a expliqué Yu Yongding, économiste à l’Académie des Sciences sociales de Chine, think-tank du gouvernement.

En 2012, le PIB chinois avait enregistré une croissance de 7,8%, la plus faible depuis 1999, en raison de l’instabilité des marchés mondiaux et des mesures de resserrement prises par le gouvernement pour endiguer la flambée des prix de l’immobilier et l’inflation.

La croissance du PIB chinois a ralenti à 7,5% au deuxième trimestre, contre 7,7% au premier trimestre, a déclaré lundi le Bureau d’Etat des statistiques (BES).

45% de la croissance liée à la consommation

« L’économie chinoise a maintenu une croissance stable » , a commenté le porte-parole du BES, Sheng Laiyun, lors d’une conférence de presse.

Selon les statistiques du BES, le PIB a totalisé 24.800 milliards de yuans (4.000 milliards de dollars) durant les six premiers mois.

« Les principaux indicateurs de l’économie se trouvent à des niveaux raisonnables, mais l’environnement économique reste complexe », a estimé M. Sheng, ajoutant que le marché doit jouer un meilleur rôle pour stimuler la vigueur intrinsèque de l’économie.

Outre le PIB, plusieurs statistiques économiques ont également été publiées hier.

La production industrielle chinoise a augmenté de 9,3% en glissement annuel au premier semestre, tandis que la croissance des investissements en capital fixe, qui mesure les investissements publics et privés dans les infrastructures, a atteint 20,1%, soit 0,8 point de pourcentage de moins qu’au premier trimestre.

Les ventes au détail, indicateur clé des dépenses des consommateurs, ont augmenté de 12,7% sur un an, en hausse de 0,3 point par rapport au premier trimestre.

La consommation a contribué à 45,2% de la croissance du PIB au premier semestre, les investissements à 53,9%, et les exportations nettes à 0,9%.

Xu Liangzhong, économiste au Centre de surveillance des prix de la Commission nationale pour le développement et la réforme, a indiqué que l’ancien mode de croissance, qui accordait une place trop importante aux investissements et aux exportations, n’était pas viable. Les réformes du système financier et le processus d’urbanisation doivent être poursuivis, a-t-il ajouté.

Quels correctifs ?

Le plus grand risque auquel la Chine est confrontée n’est pas le ralentissement de la croissance, mais une dépendance excessive à l’ancien mode de croissance, estime Zhang Monan, chercheur au Centre d’information de l’Etat.

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a avancé plusieurs suggestions pour résoudre ce problème.

« Les opérations économiques doivent être gérées de manière à assurer que la croissance, l’emploi et les autres indicateurs ne plongent pas au-dessous des limites planchers et que l’inflation ne dépasse pas le seuil plafond. Dans ces circonstances, le pays peut se concentrer sur la restructuration et la réforme », a-t-il indiqué la semaine dernière lors d’une tournée d’inspection dans le Sud de la Chine.

Le discours de Li Keqiang n’a pas défini les limites du gouvernement, mais des économistes estiment que l’économie chinoise peut encore croître d’environ 7% sans mesures de relance du gouvernement.

FMI : « Le ralentissement dans les pays émergents aggrave encore les maux de l’économie mondiale »

Dans son dernier bulletin, le Fonds monétaire international prévoit un ralentissement de la croissance dans les pays émergents, dont la Chine, ce qui aura des répercussions dans les pays développés, dont la France.

La croissance de l’économie mondiale est inférieure aux prévisions, et les risques augmentent en particulier dans les pays émergents, note le FMI dans une mise à jour de son rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale (PEM). Le FMI prévoit maintenant une croissance mondiale de 3,1% en 2013 et de 3,8% en 2014, soit une révision à la baisse de ¼ point de pourcentage chaque année par rapport aux prévisions figurant dans l’édition d’avril 2013 des PEM.

La croissance mondiale n’a progressé que légèrement au premier trimestre de 2013, au lieu de continuer de s’accélérer comme prévu lors de la publication des PEM d’avril 2013. Ces résultats insuffisants s’expliquent par une croissance qui reste inférieure aux prévisions dans les principaux pays émergents, une récession plus profonde dans la zone euro et une expansion plus lente que prévu aux États-Unis. Par contre, la croissance a été plus vigoureuse que prévu au Japon.

(…)

La croissance dans les pays émergents et les pays en développement devrait ralentir à 5% en 2013 et à environ 5½ % en 2014, soit environ ¼ point de pourcentage de moins que prévu dans les PEM d’avril 2013. La détérioration des perspectives s’explique à des degrés divers par des goulets d’étranglement dans les infrastructures et autres contraintes de capacité, un ralentissement de la croissance des exportations, une baisse des cours des produits de base, des craintes sur le plan de la stabilité financière et, dans certains cas, un affaiblissement du soutien de la politique monétaire. En Chine, la croissance atteindra en moyenne 7¾ % en 2013-14, soit ¼ et ½ point de pourcentage de moins en 2013 et 2014, respectivement, que la prévision d’avril 2013.


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