Pays émergents

Controverse autour du nouveau président de l’UA

Céline Tabou / 1er février 2011

Réunis à Adis Abeda, une trentaine de dirigeants africains ont élu le nouveau président de l’Union africaine (UA), Teodoro Obiang Nguema, également président de la République de Guinée équatoriale. A cette occasion, les membres de l’UA ont officiellement réitéré leur soutien à Alassane Ouattara, reconnu président de Côte d’Ivoire par une partie de la communauté internationale, salué l’autodétermination des Sud-soudanais et félicité Alpha Condé pour son élection en Guinée .

A l’instar du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), l’Union africaine est une organisation d’États africains créée en 2002 à Durban, en Afrique du Sud, et dont la Commission est présidée par Jean Ping.

Teodoro Obiang Nguema suscite la polémique

Le président de la République de Guinée équatoriale crée la polémique en Occident, où l’organisation de Défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), l’accuse de totalitarisme et de corruption. « Le règne d’Obiang sur la Guinée équatoriale se caractérise par un bilan désastreux en matière de violation des droits de l’Homme et de corruption qui, de fait, incarnent l’exact opposé de ce que l’UA cherche à promouvoir sur le continent », a indiqué Aloys Habimana de HRW à l’Agence France Presse.

Soutenue par les dirigeants de 53 pays d’Afrique, la position de Teodoro Obiang Nguema est plus symbolique qu’effective. « Je n’attache pas de grande importance à la présidence annuelle de l’UA (...). Pour moi, c’est un peu plus qu’un poste honorifique », juge Désiré Assogbavi, officier de liaison du groupement d’ONG Oxfam auprès de l’UA.

Cependant, certains analystes africains s’inquiètent de l’image que va donner Teodoro Obiang Nguema sur la scène internationale. En effet, ce dernier est connu pour diriger son pays d’une main de fer depuis 1979 lors du coup orchestré contre son père.

L’autodétermination de l’Afrique

Lors de son allocution d’investiture, le Président Obiang a déclaré à l’assistance : « Les concepts de démocratie, des droits de l’Homme, de bonne gouvernance ne sont pas des nouveaux thèmes pour l’Afrique, mais il convient plutôt de les adapter à la culture africaine ».

Pied de nez aux Occidentaux qui désiraient importer leur modèle en Afrique, le nouveau président de l’UA indique clairement ses intentions, parvenir à mettre en place la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’Homme en Afrique, à partir de concepts africains, et non occidentaux.

Lors du Sommet, l’organisation continentale s’est félicitée du déroulement du référendum d’autodétermination au Sud-Soudan et de l’élection à la tête de la Guinée du premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance du pays en 1958, Alpha Condé, a révélé l’AFP.

Céline Tabou



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  • Le coup d’Etat d’Obiang Nguema en 1979 n’était pas dirigé contre son père (qui n’a jamais joué aucun rôle politique en Guinée équatoriale), mais contre Francisco Macias Nguema. Beaucoup d’auteurs leur attribuent un lien de parenté, en les qualifiant de neveu et d’oncle, mais ceci est loin d’être un fait attesté, en tout cas certainement pas selon l’acception occidentale de ces termes...
    Par ailleurs, le traditionnel discours d’Obiang contre l’ingérence étrangère, les supposées prétentions néocolonialistes et racistes des ONG de défense des droits de l’homme, tout cela n’est qu’une posture populiste, encouragée par les agences américaines de communication qui le conseillent, lui permettant de maintenir à distance ses contradicteurs étrangers et de garantir la survie de son régime...

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