Pays émergents

Côte d’Ivoire : Angybell propose la mise en valeur des fibres de raphia

Valoriser un savoir-faire traditionnel pour sortir de la crise

Témoignages.re / 17 janvier 2011

La crise politique en Côte d’Ivoire a ruiné les producteurs de coton qui avaient des difficultés à faire écouler leurs produits, devenus peu compétitifs sur le marché international, en raison des problèmes liés au transport et à l’accès au port d’Abidjan, a déclaré jeudi soir à Dakar la styliste ivoirienne Ange Amousso alias Angybell, qui intervenait à la conférence sur “Textile et fibres : Quel avenir pour les matières d’Afrique ?” dans le cadre du 3ème Festival mondial des Arts nègres du 10 au 31 décembre.

S’exprimant en présence des créateurs ivoirien Mickaël Kra, du Camerounais Imane Ayissi, des Sénégalaises Oumou Sy, Claire Kane et Aïssa Dione, en plus du Haïtien établi au Canada, Helmer Joseph, et du Nigérien Alphadi, entre autres, Angybell a affirmé que l’Afrique possédait une grande quantité de matériaux, mais qui n’étaient pas connus du public, faute de promotion.
C’est ainsi que la styliste a découvert au raphia d’importantes qualités textiles pouvant être mises en valeur dans le domaine de la mode vestimentaire, en témoigne d’ailleurs le savoir-faire des femmes dans le traitement du raphia dont les fibres servaient uniquement à fabriquer des jupettes et des masques.
« Mais en faisant des recherches, on se rend compte que les pagnes en raphia étaient d’une grande importance dans la société. Par exemple, la jeune mariée issue d’une famille princière devait s’habiller en tissu fait de fibres de raphia qui devra être transmis à quatre générations suivantes ».
« Donc, c’est une tenue royale », conclut la styliste, qui rapporte également que les pagnes de raphia étaient également portés par des femmes âgées de plus de 70 ans.
Aussi, pour traduire dans les faits les discours des leaders africains, a-t-elle décidé de travailler avec les femmes, les tisserands, les couturiers et les teinturières, entre autres, dans le but de leur trouver des marchés.
« Ensuite, il faut convaincre les Ministères de l’Agriculture et de l’Industrie à investir dans la production du raphia, afin qu’on ne soit pas à court de matière première », a fait remarquer Angybell, avant d’ajouter, à l’égard de ses confrères stylistes, qu’il « nous faut avoir une vision dans tout ce que nous faisons, en proposant la mise sur pied d’un comité scientifique qui permettra de mettre en œuvre les résultats de nos discussions ».


Le président sénégalais Abdoualye Wade s’est déclaré satisfait du troisième Festival mondial des Arts nègres que le Sénégal vient d’abriter pendant trois semaines, souhaitant notamment qu’il puisse servir de viatique à l’Afrique et à sa diaspora, et inspirer les jeunes.
Le chef de l’État sénégalais a accordé dans son message à la nation, à l’occasion du Nouvel An, une large place à ce festival dont l’opportunité de l’organisation était très critiquée par nombre de ses compatriotes, estimant qu’il y avait d’autres urgences, comme la fourniture correcte du pays en électricité, par exemple.
Le Président Wade est resté sourd à ces critiques, préférant plutôt insister sur les retombées qui, selon lui, sont positives sur l’économie du pays.
Pour lui, le festival a permis aux 6.000 participants venus de 70 pays à travers le monde de méditer sur l’avenir de l’Afrique et de sa diaspora, et a contribué à enclencher une dynamique irréversible de l’histoire de l’Afrique.
Mieux, outre l’inventaire des apports du continent à la culture mondiale, la manifestation a eu, selon lui, des retombées financières, soit une dizaine de milliards de FCFA, sous forme de contrats pour les artistes, les sociétés publiques et privées, et les ouvriers.
Parmi les aspects positifs de la manifestation, il a également cité la réalisation du village du festival d’une capacité de 1.600 lits qui va rester un bien du Sénégal.
Aussi, le Président Wade a-t-il exprimé sa gratitude au Comité d’organisation, co-dirigé par sa fille Sindjély Wade, aux festivaliers, aux populations sénégalaises et à tous ses homologues africains et de la diaspora qui ont contribué à la réussite de l’évènement.
On rappelle que le premier Festival mondial des Arts nègres s’était tenu au Sénégal en 1966 et le second au Nigeria en 1977.


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