Pays émergents

Côte d’Ivoire : entre médiation et risque d’intervention militaire

Le candidat soutenu par Paris est toujours à l’hôtel

Céline Tabou / 17 janvier 2011

La tension persiste en Côte d’Ivoire, où des centaines de personnes sont mortes suite aux conflits entre les camps du président reconnu par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, et celui proclamé par la communauté internationale, Alassane Ouattara. Ce dernier, soutenu par le gouvernement français, est toujours à l’Hôtel du Golf, à Abidjan.

La confrontation entre les deux parties s’éternise, et le peuple est en prise dans une rébellion armée. Le couvre-feu nocturne est instauré par Laurent Gbagbo dans deux quartiers d’Abidjan après des violences meurtrières. D’un côté, les partisans de Laurent Gbagbo, qui comptent sur la population, l’armée, la gendarmerie et la garde présidentielle pour peser dans la crise, et de l’autre, la communauté internationale qui soutient deux corps expéditionnaires, l’Onuci et la force Licorne, reconnait et soutient Alassane Ouattara.

Intervention militaire de moins en moins crédible

La Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) n’exclut toujours pas une intervention militaire en Côte d’Ivoire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir, mais nombre de diplomates à l’ONU s’interrogent sur la crédibilité de cette menace, a indiqué l’AFP.
Selon un diplomate cité par l’AFP, les pays voisins, comme le Sénégal, le Burkina Fao, mais également le Niger et le Togo, sont prêts à intervenir si Laurent Gbagbo ne quitte pas le pouvoir. « Il y a une certaine mobilisation, car si Gbagbo arrive à se maintenir au pouvoir, cela enverrait un très mauvais message au reste de l’Afrique et ailleurs dans le monde. Mais certains pays de la Cédéao, comme le Ghana, ne sont pas prêts à envoyer des troupes. Il reste donc des points d’interrogation », souligne un diplomate. Toutefois, de nombreux pays comme la Russie sont contre toute intervention armée, qui risquerait d’aggraver la situation.

Le médiateur de l’Union africaine à Abuja

Le Premier ministre kényan et médiateur de l’Union Africaine pour la crise politique en Côte d’Ivoire, Raila Odinga, est arrivé hier à Abuja pour s’entretenir avec le président nigérian, Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), selon la présidence nigériane. Les deux hommes vont discuter « d’une mission destinée à instaurer la paix à la suite des résultats disputés de l’élection présidentielle » du 28 novembre.
Ce dernier a réaffirmé sa volonté de trouver une issue pacifique à la crise, et pense que la solution militaire serait vraiment en dernier recours. Raila Odinga a tenu à rappeler que cette année, 20 pays africains organiseront des élections. La force armée devrait altérer la confiance dans le changement de pouvoir par les urnes.

Céline Tabou


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