Pays émergents

Des tombes sacrées détruites à Tombouctou

Des démolisseurs à l’œuvre dans le Nord du pays

Témoignages.re / 3 juillet 2012

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé dimanche son désarroi et sa consternation concernant la destruction de trois tombes sacrées qui font partie du site du patrimoine mondial de Tombouctou, au Mali. Irina Bokova a appelé les belligérants à cesser les destructions immédiatement.

« Les informations selon lesquelles les mausolées de Sidi Mahmoud, Sidi Moctar et Alpha Moya auraient été détruits sont consternantes », a déclaré la Directrice générale. « Rien ne peut justifier de telles destructions et j’appelle toutes les parties impliquées dans le conflit à mettre un terme à ces actes terribles et irréversibles, à exercer leurs responsabilités et à protéger cet inestimable patrimoine culturel pour les futures générations ».
La Directrice générale a à plusieurs reprises exhorté la communauté internationale à coopérer afin de protéger ces sites qui témoignent de l’âge d’or de Tombouctou au 16e siècle et d’une histoire qui remonte avant même l’Hégire (5e siècle).
Plus tôt dans la journée, la présidente du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, Eleonora Mitrofanova (Fédération de Russie), avait décrit la destruction des trois tombes comme « une nouvelle tragique pour nous et encore plus pour les habitants de Tombouctou, qui ont pris soin de ce monument et l’ont préservé pendant plus de sept décennies ».
Le 28 juin, ce Comité, réuni à Saint-Pétersbourg, a accepté la demande formulée par le Mali d’inscrire Tombouctou et le Tombeau des Askia sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Un patrimoine en péril

Le Comité du Patrimoine mondial a accepté jeudi la demande formulée par le gouvernement du Mali d’inscrire Tombouctou et le Tombeau des Askia sur la Liste du Patrimoine mondial en péril de l’UNESCO et a indiqué que cette décision vise à favoriser la coopération et le soutien en faveur de sites menacés par le conflit armé qui affecte le Nord du Mali.
Dans un communiqué de presse de l’UNESCO, le comité, réuni à Saint-Pétersbourg jusqu’au 6 juillet, a également demandé aux voisins du Mali de mettre tout en œuvre pour prévenir le trafic d’objets culturels en provenance de ces sites.
Le comité a indiqué que le fait que de tels objets, notamment des manuscrits anciens, puissent être pillés et fassent l’objet d’un trafic par des marchands dénués de scrupules est une source d’inquiétude.
Les 21 membres du Comité du Patrimoine mondial ont exhorté l’Union africaine et la communauté internationale à faire tout leur possible pour aider à protéger Tombouctou, inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial en 1988 et le Tombeau des Askia, inscrit en 2004.
La directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a demandé à plusieurs reprises qu’une coopération internationale s’établisse pour protéger les deux sites qui témoignent de l’âge d’or de Tombouctou au 16e siècle et d’une histoire qui remonte avant le 5e siècle de l’Hégire.
Elle a aussi exprimé son inquiétude concernant le Tombeau pyramidal des Askia qui date du 17e siècle.
Mme Bokova a également diligenté une mission au Mali en mai pour explorer les voies et moyens de collaborer avec les autorités sur la préservation des deux sites.
La Liste du Patrimoine mondial en péril est conçue pour informer la communauté internationale des conditions menaçant les caractéristiques mêmes qui ont permis l’inscription d’un bien sur la Liste du Patrimoine mondial et pour encourager des mesures correctives.

La Réunion aussi a ses démolisseurs de la mémoire

Souvenons-nous, quand Didier Robert est arrivé à la tête de la Région, il a lui aussi procédé à un acte de démolition de la mémoire de notre pays. Tout le contenu du site web de la Région Réunion a été effacé. Un tel forfait n’a pu se perpétrer que sous l’autorité du président de Région, directeur de publication de ce site web.

Quand en France a lieu un changement de majorité, le site de l’ancienne mandature est archivé et il est possible de le consulter à partir de la page d’accueil. Ainsi en France, tout ce que Chirac et Sarkozy ont fait à l’Elysée, ou que Jospin, Juppé, Raffarin, de Villepin, et Fillon ont accompli à Matignon sont toujours en ligne. Mais à La Réunion, c’est la démolition de la mémoire.


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