Pays émergents

Élections sous haute tension

Sénégal

Témoignages.re / 25 juillet 2011

Entre le camp du président Wade et celui de l’opposition menée par le M23, la situation est tendue. L’un se dit sûr d’être réélu alors que l’autre appelle au respect des règles constitutionnelles. Le scrutin doit se dérouler en février prochain.

Au cours d’un meeting organisé à Dakar par sa formation politique, le Parti démocratique sénégalais (PDS) et ses alliés, regroupés dans l’Alliance Sopi pour toujours (AST), le chef de l’État sénégalais avait d’abord promis de retirer le portefeuille du ministère de l’Intérieur à Ousmane Ngom dont le départ est souvent réclamé par l’opposition.
Suite aux protestations des participants au meeting, Me Abdoulaye Wade s’est ravisé aussitôt, lançant aux militants venus de toutes les régions du pays : « Je vais maintenir Ousmane Ngom, mais je vais lui retirer les élections. Je peux même confier les élections à l’opposition. De toutes les façons, elle sera battue quel que soit le ministre qui gère les élections ».
Le départ d’Ousmane Ngom du ministère de l’Intérieur fait partie des revendications du Mouvement de 23 juin (M23) qui avait également organisé un sit-in samedi matin à Dakar.
Le M23, qui rassemble des partis de l’opposition et des associations de la société civile, a été créé à l’issue des violentes manifestations organisées le 23 juin dernier pour protester contre le vote, par l’Assemblée nationale, du projet de loi sur le ticket président/vice-président introduit par le gouvernement.
Ce mouvement réclame, entre autres, la renonciation par Abdoulaye Wade à sa candidature à la présidentielle de 2012, le limogeage d’Ousmane Ngom et du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy ainsi que la démission du fils du président Wade, Karim Wade, de toutes ses fonctions publiques, le retrait du nouveau découpage administratif et la réinstallation, dans leurs fonctions, des élus remplacés par les délégations spéciales.
Au cours du même meeting du PDS, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, par ailleurs directeur de campagne du candidat Abdoulaye Wade, persiste : « Le peuple du "Sopi" ("changement" en wolof) est plus que jamais déterminé à accompagner son leader (Abdoulaye Wade) jusqu’à sa réélection, au soir du 26 février 2012" ».


Le M23 demande au parti au pouvoir de respecter la Constitution

Le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), Alioune Tine, par ailleurs un des dirigeants du mouvement M23, a invité samedi à Dakar les membres du Parti démocratique sénégalais (PDS- au pouvoir) à convaincre le président Wade de "respecter la constitution".
Il s’exprimait à l’occasion du meeting organisé dans un quartier populaire de la capitale sénégalaise, par le Mouvement du 23 juin (M23), contre la candidature du président Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de février 2012.
« Dans des moments historiques aussi graves qui engagent le destin de la nation, les hommes qui sont les plus proches du président de la République, ce sont eux qui doivent prendre leur courage en main », a martelé le président de la RADDHO qui interpelle le président du Sénat, Pape Diop, le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Seck, pour qu’ils "regardent en face le président de la République et lui disent de respecter la Constitution.
Alioune Tine a cité en exemple le vice-président nigérian qui avait rappelé au président Olusegun Obasanjo qu’il n’avait pas droit à un nouveau mandat, tout comme l’Assemblée nationale nigérienne, majoritairement composée des députés du parti au pouvoir, l’avait signifié au président Mamadou Tandja, sous peine de la dissolution de l’Assemblée.
Il faut rappeler que des milliers de Sénégalais, majoritairement des jeunes, ont répondu à l’appel du M23, pour un meeting contre la candidature du président Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de février prochain.


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