Pays émergents

L’ambassadeur de France expulsé de Côte d’Ivoire

Témoignages.re / 25 janvier 2011

Le président ivoirien sortant a mis fin à l’accréditation de Jean-Marc Simon, ambassadeur de France de Côte d’Ivoire qui n’est plus reconnu comme tel par le gouvernement de Laurent Gbagbo. Considéré comme « un sans-emploi, un citoyen français, ordinaire, qui n’est plus pour nous un interlocuteur », Jean-Marc Simon devra rentrer rapidement en France, avant de ne se faire expulser.

Le porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello, a expliqué qu’ils avaient « reçu une note verbale du ministère (français) des Affaires étrangères signalant qu’ils avaient accrédité Ali Coulibaly comme ambassadeur de Côte d’Ivoire en France ». Ali Coulibaly a été nommé par Alassane Ouattara, l’autre président sortant, reconnu par la communauté internationale, à l’issue du second tour de l’élection le 28 novembre et déclaré vainqueur de la présidentielle par la commission électorale.

Tensions entre Paris et le camp de Laurent Gbagbo

La décision de retrait a été prise en réponse à « une note verbale du ministère (français) des Affaires étrangères signalant qu’ils avaient accrédité Ali Coulibaly comme ambassadeur de Côte d’Ivoire en France », a déclaré Ahoua Don Mello. En effet, le gouvernement français a légitimé la nomination d’Alassane Ouattara, qui a nommé Ali Coulibaly, comme ambassadeur de Côte d’Ivoire en France. « Comme le reste de la communauté internationale, la France reconnaît sans réserve M. Ouattara comme président », et « la légitimité des déclarations faites par son gouvernement ou au nom de son gouvernement », a indiqué le Quai d’Orsay dans son communiqué.

Confiant le ministère des Affaires étrangères a expliqué que « les positions et déclarations prétendument faites au nom de la Côte d’Ivoire par ceux qui ne tirent pas les conséquences des résultats des élections présidentielles sont jugées illégales et illégitimes par la France ». Pour le ministère, cette révocation est « nulle, non avenue et dépourvue de tout effet juridique ». La France sait que son poulain sera mis au pouvoir, et que les vieux rouages de la Françafrique l’y aideront, avec un soutien sans conteste de l’ONU et de l’Union européenne, qui garde un œil sur la situation politique.

Ali Coulibaly dénoncé son prédécesseur, Pierre Kipré, qui a « fait de la résistance. Mais cela ne m’étonne pas, c’est à l’image de Laurent Gbagbo ». Le nouvel ambassadeur du président Alassane Ouattara, qui est arrivé dans la capitale française le 18 janvier, a fait savoir qu’il a déjà présenté ses lettres de créance aux autorités françaises. Profitant de sa nouvelle position, Ali Coulibaly a dénoncé « les assassinats, les meurtres, les violations quotidiennes des droits de l’homme orchestrés par Laurent Gbagbo. 260 morts, et le décompte macabre n’est pas terminé. C’est très grave. Le projet de Laurent Gbagbo est d’assassiner le maximum de gens ». Soutenu par Paris, Bruxelles et l’ONU, le nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire en France a appelé la communauté internationale à « rétablir l’État de droit et la démocratie en Côte d’Ivoire ».


Kanalreunion.com