Pays émergents

L’armée algérienne met fin à la prise d’otage

Au bout de plusieurs jours d’assaut

Témoignages.re / 21 janvier 2013

Les derniers militants retranchés au niveau du site gazier de Tiguentourine à In Amenas (Illizi, sud-est de l’Algérie) se faisaient exploser au cours de l’assaut final samedi de l’armée algérienne, avec sept otages, dont deux Belges, deux Américains, deux Britanniques et un Japonais, a rapporté dimanche la télévision locale Ennahar citant la sécurité sources. 5 assaillants avaient auparavant été faits prisonniers, près de 800 otages ont été libérés, dont une centaine d’étrangers. Les services de sécurité algériens ont ouvert une enquête sur la façon dont les militants ont pénétré au complexe du gaz, selon la même source.

Le ministre algérien de la Communication Mohamed Said a déclaré que le bilan annoncé la veille par le ministère de l’Intérieur à l’issue de l’assaut final de l’armée n’est pas définitif et est susceptible d’augmenter.

Samedi, le ministère algérien de l’Intérieur a annoncé que l’assaut engagé depuis jeudi par les forces spéciales de l’Armée nationale populaire (ANP) pour libérer les otages détenus par un groupe terroriste au niveau du site gazier s’est soldé par la libération de 685 travailleurs algériens et 107 étrangers, le décès de 23 personnes, et la neutralisation de 32 terroristes.

Interrogé sur la décision des autorités algériennes, le ministre de la Communication a indiqué que "devant le refus de ces groupes terroristes d’obtempérer et devant leur intention affichée de fuir en emmenant les otages, il n’y avait pas d’autres moyens que de passer à l’action". "Les terroristes étaient décidés soit à réussir leur opération comme ils l’avaient planifiée, soit à faire exploser tout le complexe gazier et exécuter tous les otages", a-t-il ajouté. 

Dès la fin de l’assaut, une opération de déminage a été lancée pour neutraliser les explosifs. L’usine ne pourra donc pas fonctionner immédiatement.

Hier, dix Japonais étaient toujours portés manquants plusieurs heures après la fin de la prise d’otages. Et des témoins cités par l’AFP assurent que neuf auraient été tués. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a déclaré samedi matin que la prise d’otages était un acte "ignoble" que le Japon "ne pardonnera jamais". François Hollande a exprimé "l’entière solidarité de la France à l’égard du Japon" lors d’un entretien téléphonique dimanche avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Le Royaume-Uni déplore la perte de cinq ressortissants, et la Norvège est sans nouvelle de cinq des siens également.

Au moins un Français est également décédé.

Une conséquence de l’effondrement de la Libye

Le mode opératoire pour lequel l’Algérie a opté pour mettre fin à la prise d’otages du site gazier de Tiguentourine (In Amenas) a envoyé un "signal clair" aux terroristes que leur nouvelle tactique "ne réussira pas", a souligné dimanche la revue américaine Foreign Policy. 

L’opération menée par l’Armée algérienne a été "non seulement une réponse à une crise particulière, mais un signal pour l’avenir", souligne cette prestigieuse revue dépendant du groupe Washington Post.

"Si cette attaque terroriste a été conçue comme un changement dans le jeu des terroristes et destinée à annoncer de futures attaques, l’Algérie a envoyé un signal clair que cette nouvelle tactique ne réussira pas", analyse-t-elle.

À ce propos, elle souligne que face à certaines critiques quant à la gestion de cette crise, "l’Algérie devrait rétorquer à ses détracteurs que la crise était le résultat direct de l’ingérence étrangère en Afrique du Nord et au Sahel".

L’Algérie, rappelle le magazine, avait averti en 2011, que "l’intervention de l’OTAN en Libye conduirait à l’effondrement de l’État libyen et que le flux d’armes tombées entre les mains des terroristes pourrait déstabiliser le région".

En outre, poursuit la revue, Alger "a également averti que toute approche militaire face à l’instabilité dans le nord du Mali présente le risque d’une escalade du conflit et augmente la probabilité d’attaques terroristes islamistes en Algérie". Par conséquent, souligne la même source, la communauté internationale "est indirectement responsable de ce qui s’est passé (dans le site gazier de Tiguentourine) et elle est mal placée pour dicter à l’Algérie comment elle aurait dû agir".

(Source El Watwan)
Une chute de 13%

L’arrêt de la production, mercredi, du site de Tigantourine avait déjà eu un premier effet au niveau du volume de gaz naturel exporté vers l’Italie par le gazoduc Enrico Mattei (qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie), selon la société italienne de transport du gaz naturel (Snam). Elle avait annoncé que le flux de gaz naturel avait baissé jeudi de 13%. Toutefois, la situation est redevenue normale dans la nuit de jeudi avec des importations qui s’élevaient à un niveau de 75 millions de mètres cubes par jour. Ce retour à la normale a pu être obtenu grâce à l’augmentation de la production à partir d’autres gisements. 


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