Pays émergents

L’Union africaine à la recherche du consensus à 54

19e sommet de la plus importante organisation de notre continent en Ethiopie

Témoignages.re / 17 juillet 2012

Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement participent au 19ème sommet de l’Union africaine, qui s’est ouvert ce dimanche à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, en présence de l’Emir du Koweït, Cheik Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, invité spécial de la rencontre. Ce 19e sommet doit se conclure aujourd’hui.

Le 19e sommet, qui a pour thème central "Promouvoir le commerce intra-africain", enregistre la participation des chefs d’Etat zimbabwéen, Robert Mugabe, soudanais Omar el-Béchir, sud-africain Jacob Zuma, nigérien Mahamadou Issoufou, gambien Yahya Jammeh, sud-soudanais Salva Kir, ivoirien Alassance Ouattara et ougandais Yoweri Museveni.
Sont également présents à ce sommet, le Tchadien Idriss Déby Itno, le Centrafricain François Bozizé, le Congolais Joseph Kabila, la Libérienne Ellen Johson-Sirleaf, le Kenyan Mwai Kibaki, le Mauritanien Mohamed Abdel Aziz, le Rwandais Paul Kagamé, le Gabonais Ali Bongo Ondimba, le Ghanéen John Atta-Mills, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Djiboutien Ismaël Omar Guelleh, le Tanzanien Jikaya Kikwete et le Sierra-léonais Ernest Bai Koroma.
Les présidents sénégalais Macky Sall et égyptien, Mohamed Morsi, ainsi que le Premier ministre du Bostwana, Motsoahae Tom Thabane participent pour la première fois au sommet de l’Union africaine, aux côtés du Secrétaire général adjoint des Nations unies, Jan Eliasson et des délégations de haut rang venues d’Allemagne, de Chine, de Cuba, de Haïti, d’Inde, de Finlande, de Norvège, du Luxembourg, de Turquie, de Russie et de Serbie.
Organisé au siège flambant neuf offert par la Chine à l’Institution panafricaine, le sommet est marqué par l’absence de l’Algérien Abdel Aziz Bouteflika, du Nigérian Godluck Jonathan, du Camerounais Paul Biya, de l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema et du Libyen Mustapha Abdel Jalil.

Retour sur Rio+20

Le Malien Diancounda Traoré, actuellement en convalescence à Paris, n’est pas, non plus, présent à ce sommet qui portera une attention toute particulière au développement des infrastructures en Afrique, afin d’accélérer le commerce intra-africain.
Un autre point à l’ordre du jour est le rapport sur la participation de l’Union africaine à Rio+20, la Conférence des Nations-Unies sur le développement durable. Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, rendra compte en tant que coordinateur de l’Afrique lors de cette conférence.
La crise au Mali, la situation en République démocratique du Congo et les tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud ont fait partie des sujets abordés.
Les travaux, qui devraient se poursuivre à huis clos, seront largement dominés par l’élection du nouveau président de la Commission de l’UA pour les quatre prochaines années.
Quelle direction ?

Déjà candidats lors du 18e sommet, le président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping et l’ancienne ministre sud-africaine des Affaires étrangères, N’Kosazana Dlamini-Zuma, briguent à nouveau le suffrage des 54 Etats membres de l’organisation panafricaine.
Le climat s’est alourdi, à la veille du Sommet, des allégations des médias sud-africains contre M. Ping et sa réponse à travers un communiqué de presse de cinq pages.
Les chefs d’Etat et de gouvernements éliront par ailleurs le vice-président et les huit commissaires de l’organisation panafricaine.
S’exprimant à l’ouverture des travaux, le président en exercice de l’UA, le Béninois Yayi Boni a appelé ses pairs au consensus, assurant que les peuples africains et l’opinion internationale ont le regard tourné vers le sommet qui a pour thème principal "Promouvoir le commerce intra-africain".
A l’issue de ses travaux, le Sommet adoptera des décisions et des recommandations préparées par le Conseil exécutif (ministres des Affaires étrangères) qui s’est tenu du 12 au 14 juillet dans la capitale éthiopienne.


Deux candidats à la présidence de la commission

Toute une demie-journée de tractations, rythmées de rencontres bilatérales et de réunions à huis-clos, n’a pas permis aux chefs d’Etat et de gouvernement présents à Addis-Abeba de trouver un accord sur la désignation du président de la Commission de l’Union africaine.
Selon plusieurs sources, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient, comme en janvier dernier, procéder au vote pour départager le Gabonais Jean Ping et la Sud-africaine NKosazana Dlamini-Zuma, les deux candidats à la présidence de la Commission.
« A l’état actuel des forces en présence, aucun des deux candidats ne peut rassembler les deux tiers des voix requises pour être élu. C’est dire que nous allons, comme en janvier, vers une nouvelle impasse », a déclaré à la PANA une source interne à l’UA.


Ultimatum au Soudan et au Soudan du Sud

L’Union africaine (UA) a fixé un ultimatum au Soudan et au Soudan du Sud, leur intimant l’ordre de conclure, d’ici le 2 août 2012, des accords sur les questions en suspens entre les deux pays.
Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, qui s’est réuni samedi au niveau des chefs d’Etat à Addis-Abeba (Ethiopie), a appelé à la finalisation des accords sur le paiement des redevances sur le transit du pétrole, la délimitation immédiate de la frontière entre le Nord et le Sud et la reprise des pourparlers entre les deux parties.
Les dirigeants africains ont noté, comme des signes de progrès, la baisse significative des agressions militaires entre les deux pays et les mesures prises par les deux pays de communiquer les noms et les identités des équipes de surveillance.
« Les deux parties ont adopté le concept de partenariat stratégique et pris l’engagement de renforcer ce partenariat mutuellement bénéfique », a déclaré le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l’UA, M. Ramtane Lamamra, dans un communiqué publié après une réunion du Conseil qui a regroupé la plupart des 15 pays membres.
Le conseil a appelé à l’achèvement des négociations et à la réouverture immédiate de la frontière Nord-Sud, pour permettre aux communautés frontalières de commencer à négocier les uns avec les autres, dans le cadre d’un plan de rétablissement des échanges après le conflit.
Le Conseil de paix et de sécurité a exhorté les deux pays à prendre des mesures pour éviter tout retour à l’action militaire dans le Nil bleu méridional et au Sud-Kordofan.
Le Soudan du Sud avait saisi les champs pétrolifères dans la région d’Heglig, après avoir accusé le Soudan d’utiliser la région pour lancer des attaques militaires qui avaient entraîné la destruction des principales infrastructures dans la région.
S’agissant de la région contestée d’Abyei, les dirigeants africains, qui ont exprimé leur inquiétude sur le fait que le Soudan tarde à retirer certaines de ses unités de police de la région, ont déclaré que les deux parties doivent convoquer d’urgence une réunion pour finaliser la formation du Conseil exécutif d’Abyei.
Le Premier ministre éthiopien, M. Meles Zenawi, nommé médiateur de la crise, devrait fournir un rapport d’étape avant la date butoir du 2 août 2012.




Pour le rétablissement du pouvoir de l’Etat au Mali

Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, tenu samedi à Addis-Abeba, en Ethiopie, a appelé à la formation d’un nouveau gouvernement dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest d’ici le 31 juillet.
Dans un communiqué publié après la réunion, le conseil a appelé à la finalisation d’un nouveau concept militaire au Mali qui va veiller à la protection de tous les édifices de l’Etat à Bamako et à la restauration du pouvoir de l’Etat dans le pays, tandis qu’une enquête internationale devra être menée au sujet de l’agression subie par le président par intérim, M. Diouncounda Traoré.
Le président de la Commission de l’UA a été prié de travailler avec le président par intérim et le Premier ministre maliens, afin d’engager le processus de formation du gouvernement intérimaire basé sur des entretiens avec d’autres acteurs principaux dans ce pays.
Les dirigeants africains, qui ont assisté à la réunion, ont également affirmé leur "détermination" à imposer des sanctions à l’encontre des groupes terroristes opérant dans la région ouest-africaine, y compris le groupe nigérian, Boko Haram.
En revanche, ils ont indiqué qu’ils pourraient lever les sanctions contre le Mali, si le gouvernement actuel accepte l’idée de la formation d’un nouveau gouvernement civil à la date indiquée du 31 juillet.
Le conseil a déclaré qu’aucune négociation ne sera autorisée avec un groupe armé au sujet de la création d’un Etat indépendant autre que le Mali.


Le numéro 2 de la diplomatie US au sommet de l’Union africaine

Le secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé des Affaires africaines, Johnnie Carson, conduit la délégation américaine au sommet de l’Union africaine (UA).
M. Carson sera accompagné du représentant spécial pour la Somalie, l’ambassadeur James Swan, du conseiller spécial sur le Darfour, l’ambassadeur Dane Smith et du coordonnateur américain pour la lutte contre le SIDA, l’ambassadeur Eric Goosby.


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